DOUZIÈME DIMANCHE ORDINAIRE
Jr 20, 10-13 Ps 68 (69) Rm 5, 12-15 Mt 10, 26-33
Soyons sans crainte devant les hommes !
En ce douzième dimanche du temps ordinaire de l’année A. Nous sommes en face d’une réflexion essentielle dans notre démarche de vie chrétienne : les épreuves et les persécutions rencontrées sur la route à cause de notre foi. Évidemment, nous aimerions que notre vie soit un long fleuve tranquille, mais en réalité nous constatons que parfois, sans pouvoir toujours l’expliquer, nous sommes contraints de faire face à des situations difficiles et même à des personnes qui s’opposent à nous à cause de nos convictions. Que faire ?
Dans un monde où beaucoup sont prêts à tout pour la richesse, le pouvoir et le plaisir, annoncer la justice et l’égalité sociale devient une menace. Avant le Christ, le prophète Jérémie a fait l’expérience d’un acharnement contre sa personne pour avoir dénoncé le mal de son temps. Malgré tout cela, il ne s’est pas tu, il a fait confiance à son Dieu, il a remis sa cause à son Seigneur qui délivre le malheureux de la main des méchants. Aujourd’hui, beaucoup sont persécutés pour la justice, pour avoir pris la défense des plus faibles, pour avoir observé la charité du Seigneur ou simplement pour avoir refusé de prendre part à la folie de notre monde. Jésus le savait et le sait, il est lui-même passé par là. C’est pourquoi il nous demande de ne pas céder à la tentation de la peur des hommes ; ils peuvent nous faire souffrir, mais ils n’ont aucun pouvoir sur notre vie qui est bien cachée dans le cœur de Dieu : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme. »
Comme l’ont affirmé plusieurs penseurs, dont Norbert Zongo, « le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais, c’est le silence des gens bien ». Que ce soit par le désir de suivre la foule ou le refus d’être mal vus par elle, parfois nous acceptons un peu de trop : trop de silence devant des situations où nous devrions élever la voix ; trop de vacarmes devant des situations où nous devrions nous taire. Nous n’osons plus oser. Notre peur favorise le désordre, notre indifférence amplifie le chaos. Faut-il plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu ? Il n’y a qu’une façon de plaire à Dieu, c’est de vivre selon nos convictions profondes de quête de justice, de paix et d’amour.
Aujourd’hui, le Seigneur nous demande de prendre des risques pour la vérité, l’amour et le bien ; il nous invite à laisser de côté le respect humain en vue de travailler pour le respect de l’humain et de sa dignité. Si la vérité se tait, comment pourra-t-elle vaincre le mensonge ? Si le bien se tait, comment pourra-t-il vaincre le mal ? Si l’amour se tait, comment pourra-t-il vaincre la haine ? Si la vie se tait, comment pourra-t-elle vaincre la mort ? Que le Seigneur nous donne la force de surmonter nos peurs et nos hésitations pour pouvoir annoncer sa paix et sa vérité, non seulement par nos paroles, mais aussi par nos actes, par notre manière de vivre dans ce monde.
« Si on ne hasarde quelque chose pour Dieu, on ne fait rien de grand pour lui. »
Saint Louis-Marie de Montfort, Lettre(L), 27 (A la Bse Marie-Louise de Jésus).
Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm
Feu de la Sagesse