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Catégorie : Mediter

Méditation pour le 4ème dimanche de Pâques.26 avril 2026- Ekenley

QUATRIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Ac 2, 14a.36-41                        Ps 22 (23)                        1 P 2, 20b-25                           Jn 10, 1-10

 

Un seul troupeau, à la suite d’un seul Pasteur !

Le quatrième dimanche de Pâque est aussi appelé « Dimanche du Bon Pasteur », c’est aussi la journée mondiale de prière pour les vocations. Les textes soumis à notre méditation renvoient à l’image du Christ Berger de l’humanité qui la conduit sur les sentiers de la vie. Si le Christ se présente comme le « Bon Pasteur », c’est par opposition à ceux qui entrent dans l’enclos des brebis pour piller et tromper plutôt que de prendre soin et sauver. Et nous, nous sommes invités à marcher derrière Celui qui entre par la porte, Celui qui est la porte, Celui qui vient pour nous donner la vie, le Christ ressuscité.

 

Nous avons déjà entendu cette réflexion autour de nous de la part d’un non-croyant : « Je suis le seul maître et gardien de ma vie, donc je n’ai pas besoin d’un quelconque Dieu pour me dire quoi en faire, encore moins d’un pasteur (prêtre). » Cela ressemble un peu aux révoltes courantes de certains adolescents qui, à un certain âge, pense n’avoir plus besoin de l’avis des parents. Mais à bien regarder, sommes-nous vraiment le seul maître de notre vie ? Selon le dessein de Dieu, nous avons été créés libres, mais cette liberté, étant limitée, ne donne pas accès à tout. Déjà, il n’est pas si facile de dominer notre propre corps ou notre propre esprit. Que dire parfois face à nos sentiments ou nos passions ? Que diront certaines personnes qui font face à certaines addictions ou qui ont du mal à prendre le dessus sur un traumatisme du passé ? Cela pourrait nous amener à dire que, quoique libres, nous subissons tous, sous une forme ou une autre, l’influence de notre histoire, de notre culture, des courants idéologiques, de notre entourage ou simplement des « influenceurs » à l’heure où les réseaux sociaux pèsent fort. A la fin, le but n’est pas de chercher à tout contrôler ou à tout dominer, mais c’est de se laisser guider par Celui qui est capable de tout dominer, le Christ Bon Pasteur.

 

Certes, nous pouvons marcher seuls, mais jusqu’où pouvons-nous aller ? Loin du Seigneur, nous pouvons avoir beaucoup de biens, mais ne nous manquerait-il pas quelque chose ? Dieu seul peut combler le vide de notre cœur : « Le Seigneur est mon Berger, rien ne saurait me manquer. » Dieu seul est la source de la vie véritable où le Christ ressuscité nous conduit, car il est lui-même le chemin et la porte qui y donne accès. Le Christ Bon Pasteur ne cherche pas à nous dominer, mais à prendre soin de nous, nous guider, nous rassurer, nous faire revivre et nous faire habiter la maison du Seigneur pour la durée de nos jours (cf. Ps 22). Par amour, il a donné sa vie pour que chacune de ses brebis ait la vie. Et chaque jour, il nous appelle à nous rassembler et à nous unir dans l’amour pour former un seul troupeau autour d’un seul Pasteur.

 

« Je suis votre protection et votre défense, petite Compagnie, vous dit le Père éternel, je vous ai gravé [e] dans mon cœur et écrit[e] en mes mains, pour vous chérir et vous défendre, parce que vous avez mis votre confiance en moi et non dans les hommes, en ma providence et non en l’argent. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Aux Associés de la Compagnie de Marie (ACM), 3)

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 3ème dimanche de Pâques-19 avril 2026-Ekenley

TROISIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

 

Ac 2, 14.22b-33                         Ps 15 (16)                          1 P 1, 17-21                           Lc 24, 13-35

 

Saurons-nous le reconnaître ?

L’épisode des disciples d’Emmaüs que nous lisons dans l’évangile de ce troisième dimanche de Pâques est un texte qui atteste la résurrection du Christ d’une manière importante. Le Christ ressuscité, en se manifestant à ces deux disciples qui ne sont pas nommés par saint Luc, révèle qu’il vient à la rencontre de ceux et celles qui font face à des déceptions dans leur vie, qui ont perdu leur motivation, qui sont désespérés. Cette rencontre nous ouvre les yeux et nous donne des raisons de croire et d’espérer.

 

Emportés par le désespoir et aveuglés par leur grande tristesse, les disciples d’Emmaüs n’ont pas pu reconnaître le Christ du premier regard, cependant ils étaient attentifs à cet ‘‘Inconnu’’. Comment le reconnaîtront-ils ? D’abord, le Christ ressuscité « leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait » ; ensuite, à la fraction du pain, leurs yeux s’ouvrirent, ils le reconnurent. Soulignons en passant que pour reconnaître, il faut d’abord connaître. Donc, ces deux amis ont reconnu le Ressuscité grâce à la Parole de Dieu et le geste du pain ; d’où les deux grandes parties de la messe : la liturgie de la parole et la liturgie eucharistique. Chaque jour, principalement à la messe, l’Église favorise et encourage cette rencontre avec le Christ pour reconnaître qu’il est réellement vivant et présent dans notre vie.

 

L’expérience de la rencontre avec le Ressuscité va bouleverser positivement la vie de ces deux amis. L’ayant reconnu, ils sont déterminés à le faire connaître aux autres. Le texte nous dit qu’ils sont repartis le soir même, ignorant la nuit et la peur. Ils sont passés « d’un cœur lent à croire » à « un cœur brûlant » de la bonne nouvelle de la résurrection. Après avoir fait l’expérience d’une rencontre authentique avec le Christ, nos regards ne peuvent plus être les mêmes, notre compréhension des réalités de ce monde devient différente. Comme les apôtres, portés par le feu de l’évangile, nous ne nous sentons plus seuls, puisqu’il marche avec nous ; nous ne risquons plus de nous égarer, puisqu’il est lui-même le chemin ; nous n’avons plus peur de la nuit, puisqu’il est notre lumière ; nous ne craignons plus la mort, puisqu’il est la résurrection et la vie.

 

Comme les disciples d’Emmaüs, nous rencontrons sur nos routes humaines des situations qui nous accablent et qui nous attristent. Aujourd’hui, le Christ se fait proche de nous en disant : « Pourquoi êtes-vous attristés ? Pourquoi perdez-vous espoir ? N’avez-vous pas écouté ma Parole ? Vous n’êtes pas seuls, je suis avec vous tous les jours, je marche avec vous. »  Le Christ ressuscité est là, présent. Saurons-nous le reconnaître dans notre vie ?

 

 

« La Sagesse ne donne pas seulement à l’homme ses lumières pour connaître la vérité, mais encore une capacité merveilleuse pour la faire connaître aux autres. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 95)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 2ème dimanche de Pâques-12 avril 2026-Ekenley

DEUXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Ac 2, 42-47                         Ps 117 (118)                                1 P 1, 3-9                             Jn 20, 19-31

 

La paix soit avec vous !

Le deuxième dimanche de Pâques, dimanche de la divine miséricorde, nous situe dans la prolongation de la manifestation de la résurrection du Christ. Le Christ ressuscité continue à se montrer à ses amis, les apôtres, comme pour les rassurer après le scandale de sa Passion. C’est fini le temps de la peur, c’est passé le temps des questionnements et des doutes, le Christ annonce son règne d’amour en reprenant à chaque fois cette salutation : « la paix soit avec vous ».

 

Après, l’évènement de la croix, les disciples avaient peur des juifs. S’ils s’en sont pris à la Tête, peut-être en voudraient-ils aux autres membres du corps, pensaient-ils. Le Christ ressuscité va intervenir pour chasser leur peur et dissiper leur doute : « Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux ». C’est comme pour dire que le Christ n’est pas un étranger, il ne vient pas du dehors, il est cet ami intérieur qui est toujours avec nous. En apparaissant, il  prie pour que la paix soit répandue dans le cœur des apôtres et il répand sur eux l’Esprit-Saint en les envoyant en mission. Le Christ le sait bien, l’évangile est une œuvre d’amour et de paix, seul un cœur apaisé peut l’annoncer et le vivre, à l’exemple des premières communautés chrétiennes qui s’unissaient et avaient tout en commun.

 

Thomas, étant absent le jour de la résurrection, avait encore le cœur troublé, il avait du mal à croire que le Christ est vraiment ressuscité. Il voulait ‘‘voir’’ et ‘‘toucher’’. Le Christ ressuscité va se laisser approcher par Thomas, non pas pour le convaincre, mais pour le rassurer : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jn 14, 1). Et Thomas, après avoir mis sa main dans les plaies du Christ, l’a reconnu et a fait un acte de foi remarquable : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Jean a vu le tombeau vide et il a cru (cf Jn 20, 20) ; Thomas a vu le Christ ressuscité, il l’a touché et il a cru. Et nous aujourd’hui, qu’est-ce qui nous permet de croire? Jésus nous répond ainsi : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

 

A vous qui doutez de la résurrection du Christ, qui avez du mal à accueillir le mystère du salut réalisé en Jésus-Christ, qui avez peur d’exprimer votre foi ou d’annoncer l’évangile : Que la paix du Seigneur soit avec vous. En ce deuxième dimanche de Pâques, Jésus nous invite à faire le passage de l’incrédulité à la foi, de la peur à la paix. N’ayons pas peur, faisons confiance à sa divine miséricorde !

 

« La croix est bonne, parce qu’elle est une source abondante de toute sorte de douceurs et de consolations, et qu’elle produit la joie, la paix et la grâce dans l’âme. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 176)

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le dimanche de Pâques-5 avril 2026-Ekenley

DIMANCHE DE PÂQUES : DE LA MORT À LA VIE

Ac 10, 34a.37-43 Ps 117 (118)
Col 3, 1-4 Jn 20, 1-9

« Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! », tel est le refrain du psaume de la liturgie du dimanche de Pâques ! Oui, nous ne pouvons pas ne pas exulter de joie dans le Seigneur, notre Dieu, qui a ressuscité Jésus d’entre les morts après s’être livré sur la croix. Celui qui a été crucifié, puis enseveli le vendredi saint est ressuscité ! Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui est vivant ? Regardez, le tombeau est vide, il n’est plus ici, il est passé de la mort à la vie.

Condamnée à mourir à cause du péché, l’humanité allait vers sa perte. Comme des branches détachées du tronc de l’arbre, nous étions en train de dessécher, plus de sève, plus de vie. L’obéissance du Christ a terrassé la désobéissance première, sa mort a vaincu la mort. Désormais, la multitude est libérée du pouvoir de ‘‘l’Accusateur’’. Grâce à la mort de Celui qui n’a pas connu le péché, la multitude est sauvée ; par sa résurrection, l’humanité rentre dans la vie de Dieu. Caïphe l’avait dit, mais sans trop comprendre : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas » (Jn 11, 50). Il a
fallu attendre le jour de Pâques pour que cette prophétie soit élucidée.

La résurrection du Christ n’est pas un simple évènement du passé, elle a révolutionné le cours de notre histoire. Avec le tombeau ouvert s’ouvre aussi l’avenir de l’humanité. L’accès au Paradis (jardin d’Eden) qui a été fermé après le péché originel (cf. Gn 3, 24) est désormais rouvert et les délices de l’éternité sont accessibles à ceux et celles qui acceptent de faire le passage avec le Christ. La fête de Pâques devient le rappel du passage du Christ de la mort à la vie, mais aussi cette fête est un appel vers ce passage : des ténèbres à la lumière, du mensonge à la vérité, de la violence à la paix, de l’indifférence à l’amour. En un mot, dans le Christ ressuscité, nous sommes appelés à devenir des créatures nouvelles, c’est là notre vocation baptismale.

Il est bon de rappeler que nous sommes en face d’un mystère, le mystère pascal. Pour nous en approcher, nous avons besoin de la foi. Aux apôtres, il a été donné de voir les manifestations de la résurrection du Christ, puis ils ont cru en ce qu’ils ont vu : « Il vit, et il crut. » Mais à nous qui vivons ce mystère aujourd’hui, c’est par notre foi que nous verrons les signes du Christ ressuscité dans notre vie. N’oublions pas les paroles de Jésus à Marthe : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ». Si nous demeurons dans son amour, nous sommes déjà avec lui. Si nous croyons en Jésus-Christ ressuscité, nous avons déjà fait le passage avec lui de la mort à la vie.

Il a fermé les enfers, tirés nos pères des fers,
Ouvert la gloire éternelle, fait la paix universelle.
Enfin, Jésus est vainqueur pour le salut du pécheur.
Chantons tous Alléluia ! Et puis Ave Maria !
(Saint Louis Marie de Montfort, cantique 84, 3)

P. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm – Feu de la Sagesse

Dimanche des Rameaux- 29 mars 2026-Ekenley

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION

Mt 21, 1-11            Is 50, 4-7                   Ps 21 (22)                 Ph 2, 6-11              Mt 26, 14 – 27, 66

 

Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Le dimanche des Rameaux et de la Passion ouvre ce que nous appelons la Semaine Sainte ou la Grande Semaine. Dans la liturgie de ce dimanche, nous trouvons un contraste assez saisissant. Dans un premier temps, la foule accueille triomphalement Jésus à Jérusalem en criant : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! ». Dans un second temps, cette même foule va crier quelque temps après : « Qu’il soit crucifié ! ». Tout en sachant ce qui l’attend, Jésus avance vers sa passion avec détermination, voulant accomplir l’œuvre de la Rédemption pour laquelle il a été envoyé par le Père. La foule lui a tourné le dos, ses ennemis se moquent de lui, beaucoup de ses amis l’ont abandonné, sa force s’épuise progressivement sous le poids de la croix, chaque pas devient plus lourd, pourtant Jésus continue et il ira jusqu’au bout.

 

Sur la croix, au bout de ses souffrances, Jésus lance un cri à son Père : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui signifie : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Ce cri a fait réagir ceux qui étaient présents auprès de sa croix pensant qu’il faisait appel au prophète Élie. Ce cri peut nous faire réagir encore aujourd’hui même en comprenant le sens des mots. Le Père aurait-il abandonné son Fils bien-aimé ? Par ce cri, Jésus reprend le psaume 21 (22) pour s’adresser à son Père. Ce psaume décrit parfaitement la situation dans laquelle se trouvait Jésus : « raillé par les gens, rejeté par le peuple », « Ils me percent les mains et les pieds ; je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. » Le supplice est atroce, mais il l’embrasse avec amour pour l’humanité ; car il le sait bien, il faut que l’Unique soit défiguré pour que la multitude soit transfigurée, il faut que l’Unique soit humilié pour que la multitude soit glorifiée, il faut que l’Unique meure pour que la multitude soit sauvée.  Dans l’obéissance, il a pris le chemin par où lui seul devait passer, car lui seul pouvait sauver le genre humain par le sacrifice de son sang.

 

Avant de mourir, Jésus remet tout entre les mains de son Père : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » (Lc 23, 46).  Cela nous fait découvrir que le Christ n’a pas été abandonné, mais il s’est plutôt abandonné au dessein d’amour de son Père. Aujourd’hui, devant les épreuves et les souffrances du monde, Dieu nous aurait-il abandonné ? Pourtant, c’est pour nous que le Christ a souffert, ce sont nos fardeaux qu’il portait, c’est pour notre bonheur qu’il a enduré la peine. En effet, avant de nous plaindre en supposant que Dieu nous a abandonnés, nous ferions mieux de nous questionner : « N’avons-nous pas abandonné l’amour du Seigneur ? Sommes-nous prêts à nous abandonner à sa volonté ? ». Devant le sacrifice d’amour du Christ, chacun (e) est invité (e) à faire cette prière avec saint Charles de Foucauld : «  Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira…». Car nous ne pouvons être sauvés qu’en Dieu.

 

Providence, je me jette en votre sein amoureux.

Si le monde me rejette, j’en suis d’autant plus heureux ;

Plus je vois qu’on m’abandonne et plus j’espère de bien,

Et quand je n’aurai personne, vous serez tout mon soutien.

(Saint Louis-Marie de Montfort, cantique 28, 36)

 

 

 

Père Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

5e Dimanche de Carême A-22 mars 2026-Ekenley

5e DIMANCHE DE CARÊME A

Ez 37, 12-14                         Ps 129 (130)                     Rm 8, 8-11                                    Jn 11, 1-45

Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu !

Le cinquième dimanche de carême de l’année A nous donne de méditer sur le superbe récit de la résurrection de Lazare, l’ami de Jésus. Ce signe a suscité l’émerveillement de ceux qui ‘‘ont vu’’ et a conduit beaucoup à la foi. Qu’est-ce que cette page d’évangile peut bien vouloir nous dire aujourd’hui ? Trois mots résument notre méditation de ce dimanche : amour, sacrifice et foi.

 

Devant la maladie de leur frère Lazare, Marie et Marthe envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » Ce message, un peu original dans sa formulation, s’appuie davantage sur l’amour que Jésus porte pour Lazare que sur les autres traits de son identité. Et cet amour va se manifester non pas seulement en parole, mais aussi et surtout dans le vécu, puisque Jésus va se laisser toucher par la mort de son ami au point de verser des larmes : « Voyez comme il l’aimait ! », s’exclamèrent les témoins. Aujourd’hui encore, Jésus vient à la rencontre de ‘‘ceux et celles qu’il aime’’ ; il pleure devant la misère du monde ; il pleure devant les milliers de cadavres des guerres, de la faim, et d’autres formes de violence ; il pleure avec ces nombreux veufs, veuves, orphelins… il continue à pleurer d’amour.

 

Jésus, ayant appris la mort de Lazare, décide de retourner en Judée, là où les Juifs cherchaient à le tuer quelque temps avant. Qu’est-ce qu’on ne fait pas par amour ? Jésus savait bien ce qui l’attendait, mais cela ne l’a pas empêché d’aller sauver ‘‘celui qu’il aime’’. D’ailleurs, c’est pour accomplir la prophétie d’Ézékiel qu’il est venu dans le monde : ouvrir les tombeaux, redonner la vie aux morts, ramener le peuple aimé à la gloire de Dieu. Il a réussi à entraîner ses disciples dans cette folie d’amour : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui !». Par amour, Jésus se donne en sacrifice pour que nous puissions vivre.

 

Les deux sœurs vont, chacune son tour, faire preuve d’une grande confiance en Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Elles croyaient en Jésus, elles espéraient être sauvées ‘‘au dernier jour’’, mais elles ne comprenaient pas encore que le salut était déjà là : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra », dit Jésus. Marthe avait encore du mal à réaliser que quelque chose est encore possible ; après quatre jours, tout est fini, se disait-elle. C’est alors que Jésus va lui dire : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ».

 

Rien n’est perdu pour Dieu ! Rien n’est fini pour Dieu ! Il est capable de redonner vie à nos situations de ‘‘mort’’. Si la vie en Jésus-Christ est donnée par amour, elle doit être accueillie par la foi. Entrons dans cette démarche de foi ; croyons et nous verrons la gloire de Dieu.

 

 

                        « Seigneur, en tout, je veux vous croire. Mais augmentez toujours ma foi,

                           Afin que je voie en la gloire plus clairement ce que je crois. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, cantique 6, 58)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 4ème dimanche du Carême-15 mars 2026-Ekenley

4e DIMANCHE DE CARÊME A

1 S 16, 1b.6-7.10-13a                  Ps 22 (23)                          Ep 5, 8-14                                Jn 9, 1-41

 

Ouvre nos yeux, Seigneur !

            Le quatrième dimanche de carême de l’année A nous met en face de la rencontre de Jésus avec l’aveugle de naissance dans l’évangile de saint Jean, une rencontre qui dit beaucoup sur la mission de Jésus : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir… » Ce signe accompli par Jésus, ouvrir les yeux de l’aveugle, a suscité toute une controverse au milieu des contemporains de Jésus et permet à chacun de se poser quelques questions dans le vécu de la foi aujourd’hui : Ma vie est-elle suffisamment éclairée ? Ne suis-je pas, moi aussi, aveugle ? Suis-je prêt(e) à accueillir le Christ-Lumière dans ma vie ?

 

Le texte de l’évangile commence ainsi : « En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. » Si, dans d’autres récits de guérison, ce sont les personnes en difficultés qui viennent auprès de Jésus pour lui demander faveur, ici c’est d’abord Jésus qui ‘‘vient’’ sur le chemin de l’aveugle, qui le ‘‘voit’’ en premier et qui ‘‘intervient’’ pour ouvrir ses yeux sans aucune demande. Avant toute supplication, notre Seigneur voit nos trébuchements et nos égarements, il sait de quoi nous avons besoin. De ce fait Jésus, Lumière du monde, vient dans le monde pour éclairer nos routes obscures et ouvrir nos yeux vers le salut, comme un berger conduit son troupeau vers les eaux tranquilles.

 

Chaque être humain, chaque chrétien, pourrait s’identifier à l’aveugle de l’évangile. Comme lui, dès la naissance, nous sommes marqués par le péché (originel) qui voile nos yeux, nous empêchant de voir clair. Malheur à qui croirait  ne pas avoir  besoin de voir plus clair ! Samuel a fait l’expérience de cette cécité dans le choix du roi d’Israël. Il s’est fié dans un premier temps à ses yeux physiques, à l’apparence en voyant Éliab grand et fort : « Sûrement, c’est lui le messie. » Le Seigneur lui donne une réponse magnifique : « Les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Combien de fois nous sommes-nous trompés en nous fiant à nos sens ? Combien de fois pensons-nous tout comprendre, tout contrôler à cause de notre intelligence, de nos connaissances, de nos expériences ?  Combien de fois passons-nous à côté de l’essentiel en ne restant que sur le superficiel ? Il n’y a pas plus aveugle que celui qui prétend tout voir, car il ferme ainsi l’accès à l’ouverture de ses yeux.

 

Nous sommes invités à reconnaître les zones ténébreuses de nos vies et à nous ouvrir pour accueillir le Christ-Lumière. Ne cherchons pas dehors, comme nous le rappelle Antoine de Saint-Exupéry, « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Parfois pour mieux voir, il faut simplement fermer les yeux et ouvrir le cœur. Ouvre les yeux de notre foi, Seigneur, et que vous voyions ta lumière.

 

 

« Ô mes yeux, fermez-vous à tout l’être visible,

Laissez-le pour les fous, voyez l’Être invisible…

Jésus est mon amour, et la nuit et le jour. »

Saint Louis-Marie de Montfort, Cantique 54, 8.

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 3ème dimanche de carême- 8 mars 2026-Ekenley

3e DIMANCHE DE CARÊME A

Ex 17, 3-7                           Ps 94 (95)                                 Rm 5, 1-2.5-8                            Jn 4, 5-42

 

Seigneur, donne-nous de ton eau !

            Le troisième dimanche de carême de l’année A nous permet de méditer sur la rencontre de Jésus avec la ‘‘femme samaritaine’’ de l’évangile de saint Jean. D’une part, cette rencontre est surprenante puisqu’à cette époque un juif n’était pas censé fréquenter un samaritain ; d’autre part, elle est merveilleuse puisque c’est la rencontre de deux cœurs  assoiffés à la recherche d’être désaltérés.

 

Dans l’évangile, Jésus est le premier à exprimer sa soif à la samaritaine : « Donnez-moi à boire. » Surprise par la demande de Jésus, cette dernière manifeste un peu de réticence : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » C’est un peu le même questionnement que nous faisons par rapport à Jésus en regardant son abaissement pour venir à  notre rencontre. Comment un Dieu si parfait peut-il nous aimer malgré nos imperfections? Nous qui sommes si petits devant sa grandeur, aurait-il besoin de nous ? Nous qui sommes si pauvres devant sa richesse, attendrait-il quelque chose de nous ? Et pourtant, aujourd’hui encore, Jésus frappe à la porte de notre cœur en criant : « J’ai soif. » Comme pour Zachée, il a soif de  demeurer chez nous ; il a soif d’être aimé ; il a soif que nous ayons soif de lui ; il a soif de paix dans ce monde bouleversé ; comme il l’a crié sur la croix, il a soif de nous sauver.

 

« Si tu savais le don de Dieu », répliqua Jésus à la Samaritaine. Cette réaction de Jésus va ouvrir les yeux de cette femme, lui faisant prendre conscience de sa grande soif : «Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif… » Elle s’est rendu compte qu’elle avait besoin d’irriguer non seulement son corps, mais surtout son âme altérée et desséchée. Seule l’eau vive promise par Jésus est capable de combler notre soif profonde de vérité et d’éternité. De son cœur transpercé sur la croix, Jésus fera jaillir cette source d’eau vive éternelle pour le salut de tous (cf. Jn 19, 34).

 

Que nous soyons conscients ou pas, nous avons tous cette soif du Seigneur, notre monde a soif de son amour et de sa paix. Asséchés par la haine et l’orgueil, nos cœurs ont besoin de puiser à la source d’amour du cœur de Jésus. Tournons vers le Seigneur et disons-lui avec le psaume 41 : «Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu. » Seigneur, donne-nous de ton eau aujourd’hui , et qu’elle nous fasse vivre dans l’éternité.

 

                        As-tu grand soif ? Viens-t’en donc boire dans la fontaine du Sauveur

                        Une liqueur toute de gloire, toute de flamme et de ferveur

                        Ouvre ton cœur, âme très pure, ou plutôt entre dans le mien

                        abandonne la créature et possède en mon Cœur tout bien.

(Saint Louis-Marie de Montfort, Cantique 42, 24.32)

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 2ème dimanche du carême-1 mars 2026- Ekenley

DEUXIÈME DIMANCHE DE CARÊME A

Gn 12, 1-4a                           Ps 32 (33)                             2 Tm 1, 8b-10                             Mt 17, 1-9

 

Appelés à resplendir comme le Christ !

Le deuxième dimanche de carême nous conduit sur la montagne avec Jésus où, à travers sa Transfiguration, il va révéler la splendeur de son Père et où le Père va se manifester dans la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! ». L’entretien de Jésus avec Moïse et Élie dans l’épisode de la Transfiguration est une révélation très significative pour nous aujourd’hui. Avec tout ce que la Bible nous a enseigné sur Jésus, il n’y aurait rien de surprenant dans cette scène, lui qui est « splendeur du sein de Dieu », « Lumière née de la Lumière » ; cependant la participation de Moïse et d’Élie nous fait découvrir que Dieu appelle tous ses serviteurs à sa clarté.

 

La vocation d’Abraham, décrite dans la première lecture, présente un Dieu qui entre dans l’histoire de l’humanité en vue de nous faire participer à sa propre vie. Par le « Quitte ton pays » que le Seigneur a édicté, Abraham est lancé dans un vaste mouvement de libération et de salut, et nous (ses descendants dans la foi) avec lui. Étant bien installé dans son pays, nous pouvons imaginer que ce n’était pas évident pour Abraham de tout quitter. Et pourtant, c’est exactement ce que Dieu continue à nous demander aujourd’hui : « Quittez vos zones de confort, quittez vos anciennes manières, quittez les activités des ténèbres et marchez sur le chemin que je vous indique ». Consciente de ce mouvement constant, l’église se définit comme un peuple en quête et en marche. Contrairement à Abraham qui marchait vers l’inconnu, nous sommes guidés par le visage rayonnant d’un Dieu qui nous aime et nous marchons vers la Lumière éternelle.

 

Sur la montagne, Jésus fut transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, « son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière ». La Transfiguration de Jésus annonce déjà la gloire à laquelle il veut nous faire participer tous : « Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. » Cette grâce qui était jusque-là cachée est devenue visible en Jésus-Christ, il l’a manifestée aux yeux du monde en faisant resplendir la vie du Père. C’est cette œuvre merveilleuse que nous célébrons chaque jour dans l’eucharistie et nous le chantons dans la première préface des dimanches du temps ordinaire : « Nous étions esclaves de la mort et du péché, et nous sommes appelés à partager la gloire du Christ ; nous pouvons annoncer au monde les merveilles que Dieu (tu) as accomplies, lui (toi) qui nous appelle des ténèbres à son (ton) admirable lumière. »

 

Il est vrai que ce que nous sommes appelés à être n’a pas encore été manifesté pleinement (cf 1 Jn 3, 2), mais nous pouvons déjà entrer dans le mouvement du salut en cherchant à nous revêtir du Christ (cf Rm 13, 14). Laissons-nous transfigurer par le Christ et que son amour resplendisse sur nos visages.

 

« Ce très aimable Sauveur (Jésus-Christ) a un visage si doux et si débonnaire qu’il charmait les yeux et les cœurs de ceux qui le voyaient. »

(Saint Louis Marie de Montfort, Amour de la Sagesse éternelle (ASE), 121)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditer, Agir, groupe Laudato Si’ Eglise Verte, Mars 2026

MÉDITER avec les paroles du Pape François ➢ AGIR
Laudato Si ‘ 91 : Le sentiment d’union intime avec les autres êtres de la nature ne peut pas être réel si en même temps il n’y a pas dans le cœur de la tendresse, de la compassion et de la préoccupation pour les autres êtres humains. …Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société

 

En ce temps de carême, nous sommes invités à nous retirer pour prier « notre Père qui est présent dans le secret ». Si je choisissais, chaque semaine de ce mois de mars, des intentions de prière très concrètes : une première sur une fragilité que je perçois dans la nature qui m’entoure. Une seconde, pour une personne que je connais et que je sais en manque de tendresse. Une troisième en lien avec un fait d’actualité évoquant une faiblesse de notre société.  Après ma prière de demande, je peux louer le Seigneur pour les merveilles que je perçois dans la nature, dans la vie de mes proches et dans notre monde.