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Catégorie : Mediter

Méditation pour le 25 ème dimanche ordinaire A – 20 septembre 2026

VINGT-CINQUIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Is 55, 6-9                         Ps 144(145)                        Ph 1, 20c-24.27a                       Mt 20, 1-16

 

Une justice aux saveurs de miséricorde

La liturgie de ce Dimanche nous propose de méditer la parabole des ouvriers de la onzième heure. À travers cette parabole, Jésus nous invite à découvrir le royaume de Dieu comme un mystère qui dépasse largement nos logiques de calcul, de mérite et de comparaison. Dieu ne pense pas et n’agit pas selon nos critères : sa grâce n’est pas tributaire de nos mérites mais de la surabondance de son amour. C’est là que la parole du prophète Isaïe trouve toute sa profondeur : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, oracle du Seigneur. »

 

La fine pointe de cette parabole se retrouve dans cette affirmation, à la fois simple et paradoxale, de Jésus : « Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers. » Cette parole, construite selon une structure en chiasme, met en relief l’opposition entre la logique du Royaume de Dieu et nos logiques humaines. Ce n’est donc pas un hasard si cette affirmation apparaît au début de la parabole, en Mt 19,30, et revient à la fin, en Mt 20,16. Cette inclusion forme comme un cadre qui nous donne une véritable clé de lecture de toute la parabole.

Cette parole prend encore plus de sens lorsqu’on la replace dans le contexte de la question de Pierre: « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre récompense ? » (Mt 19,27). Pierre parle au nom des disciples. Ils ont tout quitté, ils ont suivi Jésus depuis le début. Dans leur logique, ils sont donc naturellement les  premiers. Et si l’on est premiers, ne devrait-on pas avoir droit à davantage ? Ne devrait-on pas être reconnus, récompensés, privilégiés ? C’est précisément cette logique que Jésus vient déplacer. Cette logique des premiers arrivants influence encore la manière dont nous prenons des décisions dans nos communautés. Les plus anciens, ceux qui ont longtemps servi ou ceux qui exercent une certaine autorité sont parfois spontanément considérés comme des ayant droit. Comme si l’ancienneté, les responsabilités assumées ou les services rendus donnaient davantage de droits sur la communauté et sur les autres. Nous sommes tous des ouvriers qui avons reçu, avant toute chose, une grâce que nous n’avons pas méritée.

Cette parabole nous adresse trois mises en garde. La première est contre toute logique de calcul et de comparaison. Dieu est le Tout-autre : sa manière de penser et d’agir dépasse nos calculs. Il est bon et sa bonté peut parfois nous déconcerter, comme elle a déconcerté le frère aîné dans la parabole de l’enfant prodigue (cf. Lc 15). La deuxième est contre une conception de la justice qui ne laisse aucune place à la générosité. Nous devons nous rappeler toujours que la logique du Royaume de Dieu, ne s’arrête pas à ce qui vous revient de droit, elle franchit les limites de nos pensées pour atteindre cette dimension infinie de l’amour qui se donne sans compter. Enfin, la parabole nous met en garde contre la jalousie. La frustration des premiers ouvriers commence lorsqu’ils détournent leur regard de ce qu’ils ont reçu pour regarder ce que les autres ont reçu. Tant qu’ils regardaient leur propre denier, ils avaient de quoi rendre grâce; c’est en comparant leur part à celle des autres qu’ils deviennent mécontents. Voilà une tentation spirituelle très subtile : nous pouvons accepter que Dieu soit bon avec nous, mais avoir du mal à accepter qu’il soit tout aussi bon avec quelqu’un qui, à nos yeux, le mérite moins.

Le Royaume de Dieu commence lorsque nous cessons de mesurer, de revendiquer et de comparer, pour simplement accueillir la bonté de Dieu et nous en réjouir, pour nous-mêmes comme pour les autres.

 

  1. Jackson Fabius, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 24ème dimanche du temps ordinaire – 13-09-2026

VINGT-QUATRIÈME DIMANCHE A

Si 27, 30 – 28, 7                    Ps 102(103)                         Rm 14, 7-9                        Mt 18, 21-35

Après avoir parlé de la correction fraternelle, Jésus nous conduit aujourd’hui sur le chemin du pardon. Sa parole nous invite ainsi à réfléchir sur un autre aspect essentiel de la vie communautaire : le pardon, qui est au cœur de la communion et de la cohésion au sein de la communauté ecclésiale. Dimanche dernier, Jésus nous parlait de la correction fraternelle, qui cherche à restaurer une relation blessée. Aujourd’hui, il nous conduit plus loin : il nous invite à ne pas laisser nos blessures, nos déceptions et nos ressentiments devenir des obstacles durables à la communion. Car une communauté ne peut véritablement vivre dans l’unité si elle ne sait pas aussi se pardonner.

Dans le langage biblique, le verbe pardonner (aphiēmi), évoque l’idée d’une libération: le fait de remettre une dette, de relâcher quelqu’un. C’est donc refuser de garder l’autre prisonnier de sa faute et, en même temps, refuser de rester nous-mêmes prisonniers de notre ressentiment. Mais la question qui se pose alors concerne la limite. Il est profondément humain de se demander jusqu’où nous pouvons aller dans la tolérance et dans le pardon. Lorsque les offenses se répètent, nous pouvons avoir le sentiment qu’à force de pardonner, nous risquons de tout laisser passer. On peut même craindre que l’autre interprète notre pardon comme une faiblesse et se dise qu’il peut continuer à nous blesser ou à nous offenser sans jamais avoir à en assumer les conséquences. À partir de quand faut-il dire : ça suffit? C’est dans cette logique très humaine que s’inscrit la question de Pierre : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? »

Le mot frère qui fait directement le lien avec la passage du dimanche dernier, revêt ici d’une importance capitale. Nous avons souvent tendance à oublier que nous formons une famille où Jésus est l’aîné d’une multitude de frères (cf. Rm 8,29). Lorsque le pardon disparaît de nos relations, le frère risque de devenir, à nos yeux, un adversaire personnel, voire un ennemi qu’il faudrait combattre ou abattre. Il est important de se rappeler que le véritable ennemi n’est jamais le frère lui-même, mais le mal qui peut s’installer dans le cœur de l’un comme de l’autre et qui finit par détériorer la relation fraternelle. Et voilà des frères qui deviennent des loups, les uns pour les autres. En effet, lorsque chacun se laisse enfermer dans la colère, le ressentiment et le désir de vengeance, la relation fraternelle se transforme en rapport de force. Les paroles blessantes se multiplient, les railleries apparaissent, les blessures sont entretenues, la vengeance nourrit la vengeance, et la colère finit par prendre toute la place. C’est dans cette perspective que le livre de Ben Sira nous invite à renoncer à la colère et à la rancune en nous rappelant que nous-mêmes avons besoin du pardon de Dieu.

Jésus, nous invite à dépasser toute logique de calcul. Il nous révèle que le pardon ne peut pas être enfermé dans un nombre: il ne s’agit pas de compter les fois où nous pardonnons, mais de nous laisser transformer par le pardon que nous-mêmes avons reçu de Dieu. D’où la pointe de la parabole du serviteur impitoyable: celui qui a été largement pardonné par Dieu ne peut refuser à son frère un pardon infiniment moindre. Jésus nous propose précisément de sortir de cette logique du « loup contre le loup » pour retrouver celle du frère envers son frère. Le pardon est une condition essentielle pour préserver et reconstruire la communion fraternelle.

  1. Jackson Fabius, smm

Feu de la Sagesse

méditation pour le 23e dimanche ordinaire A- 6 septembre 2026

VINGT-TROISIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Ez 33, 7-9                       Ps 94(95)                       Rm 13, 8-10                Mt 18, 15-20

 

La liturgie de ce dimanche nous introduit au cœur du quatrième grand discours de Jésus dans l’Évangile de Matthieu. Il s’agit d’un discours sur la vie de l’Église: un véritable enseignement sur la manière dont nous, membres de la communauté chrétienne, sommes appelés à vivre nos relations les uns avec les autres. En vertu de la dette de l’amour mutuel qui nous lie les uns aux autres, nous avons la responsabilité de nous aider à marcher dans la vérité et à demeurer dans la communion.

Ce n’est pas un hasard si, juste avant ce passage, Matthieu rapporte la parabole de la brebis perdue. Jésus y affirme clairement que le Père ne veut pas qu’un seul de ses petits se perde. La correction fraternelle dont il est question aujourd’hui doit donc être comprise dans cette perspective: veiller à ce qu’aucun de nos frères ne se perde. Comme ce berger, laissant les quatre-vingt-dix-neuf autres pour s’en aller à la recherche de celle qui est perdue, il y va de ma responsabilité de chercher à rejoindre mon frère et le ramener à la communion. Et, surtout sans le condamner!

L’image du guetteur dans la première lecture est particulièrement parlante. Imaginez une ville placée sous haute surveillance parce qu’un danger la menace: l’ennemi est repéré et une attaque semble imminente. Perché sur les remparts, le guetteur a une mission bien précise : voir le danger et avertir le peuple. S’il ne le fait pas, il devra rendre compte du sang de ceux qui auront péri parce qu’ils n’ont pas été avertis. Où sont-ils les prophètes (guetteurs) de notre temps? Faut-il bien se demander combien il en reste dans nos communautés quant on vient à constater l’indifférence des uns et des autres. Quand ce n’est pas le silence indifférent, c’est parfois la condamnation agressive. Ces deux attitudes peuvent être profondément destructrices pour nos communautés: certains meurent à petit feu dans leur solitude, tandis que d’autres s’éloignent peu à peu, jusqu’à ne plus revenir.

L’amour fraternel s’oppose à toute forme d’indifférence. La fraternité exige que l’on ait le courage de s’approcher de son frère, l’écouter et l’accompagner. Nous avons donc cette dette les uns à l’égard des autres: la dette de l’amour mutuel. En effet, la correction fraternelle dont parle Jésus est une pédagogie qui relève de cette exigence de l’amour qui cherche à gagner son frère. Cette exigence de l’amour ne dépend pas de la qualité de celui que nous avons devant nous. Comme l’écrit saint Louis-Marie de Montfort : “qu’il soit saint ou coupable. Qu’il soit petit ou roi. Qu’il soit pour ou contre moi, il n’en est pas moins aimable quand je le vois par la foi. Il faut bien que j’aime. J’aime mon prochain…. “ (Ct 148).

Lorsque, comme Montfort, je vois l’autre comme un frère aimé de Dieu, je ne peux plus rester indifférent à son égard. Mais alors, quand apprendrons-nous à nous reprendre sans nous condamner mutuellement? À nous dire la vérité sans chercher à humilier l’autre? À être en désaccord sans cesser de nous aimer ni de nous reconnaître aimés?

C’est en apprenant cela que nous parviendrons à affronter nos conflits dans la vérité et la charité, et à transformer nos blessures en chemins de pardon, de réconciliation et de communion. Alors, nos communautés deviendront véritablement des lieux où le Christ se rend visible, selon sa promesse : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.

 

  1. Jackson FABIUS, smm

Feu de la SAGESSE

Méditation pour le 22ème dimanche ordinaire A – 30 août 2026

VINGT-DEUXIÈME DIMANCHE ORDINAIRE  A

Jr 20, 7-9                        Ps 62 (63)                          Rm 12, 1-2                   Mt 16, 21-27

 

Se charger de sa croix à la suite du Christ

En ce 22ème dimanche, Jésus annonce sa passion à ses disciples : « qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter ». Annonce incompréhensible pour Pierre, le prenant à part, il se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas ». Pierre n’a pas compris que la passion annoncée par Jésus est au cœur de sa mission. En l’accomplissant, c’est la volonté même de Dieu qui s’accomplit dans l’histoire et pour le salut de toute l’humanité. Se retournant, Jésus va s’adresser à Pierre sévèrement : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » La pensée de Pierre va à l’encontre de la volonté de Dieu : le salut de l’humanité en Jésus-Christ. Jésus, il n’a d’autre volonté que celle du Père : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 4,34).

Après cette réprimande, Jésus nous donne la condition fondamentale pour être son disciple : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. » Cela explique que non seulement, Jésus lui-même doit passer par ce chemin ; mais les disciples également vont emprunter le même chemin : « Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur » (Mt 10,24-25).  En effet Jésus, en premier, a vécu l’expérience de la croix ; Pierre aussi a vécu la même expérience. Jésus a accepté de perdre sa vie ; Pierre aussi a fait de même, il a renoncé à lui-même pour prendre sa croix à la suite du Christ.

Les questions de Jésus devraient faire écho en nous : « Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? » L’exhortation de saint Paul est une lumière pour nous éclairer dans notre méditation. Il nous exhorte, en réponse, à présenter à Jésus notre corps – notre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour nous, la juste manière de lui rendre un culte. Il nous invite aussi à ne pas prendre pour modèle le monde présent, mais nous transformer en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. De même que Jésus a fait la volonté de son Père en prenant sa croix, nous aussi, prenons notre croix à sa suite pour plaire à Dieu.

« La Sagesse éternelle, en attendant le grand jour de son triomphe dans son dernier jugement, veut que la croix soit le signal, le caractère et l’arme de tous ses élus. »

Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 173.

 

  1. Serge Orry OCGENOR, smm

Méditation pour le 21e DIMANCHE ORDINAIRE 2026- 23 08 2026

VINGT-ET-UNIÈME DIMANCHE ORDINAIRE  A

Is 22, 19-23                Ps. 137 (138)                      Rm 11, 33-36                  Mt 16, 13-20

 

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Cet évangile du 21ème dimanche nous dévoile l’identité de Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! ». Jésus questionne ses disciples en deux temps. D’abord : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Jésus voulait savoir ce que pensaient les gens de lui. Dans la réalité quotidienne, ce comportement est aussi le nôtre. Nous posons souvent cette question : Qu’est-ce que disent les gens de nous ? « Les gens » désignent des sujets indéfinis et indéterminés qui peuvent donner des réponses vagues et imprécises puisqu’elles viennent souvent des « On dit » ou des « ouï-dire ». C’est le cas des réponses des disciples à Jésus : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». Ensuite, il s’adresse directement aux disciples : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »  Puisqu’il les a appelés, les a enseignés, ils devraient être en mesure de connaître « qui il est » grâce à leur proximité et leur expérience avec lui. Ils ont été toujours avec lui dans la mission. Ils ont été en contact direct avec lui, tel n’est pas le cas des « gens ».

 

S’adressant à tous, un seul, Simon-Pierre a pris la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». La reconnaissance de l’identité de Jésus est un motif de bonheur véritable parce qu’il n’y a que le Père qui pourrait révéler son identité à Simon. Jésus continue en disant : « Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11,27). Cela veut dire que c’est par la grâce de la révélation divine que nous pouvons connaître la vraie identité de Jésus : le Fils de Dieu.

 

Quelles sont les conséquences de cette révélation pour Simon-Pierre ? Pierre est devenu la pierre de l’Église : « Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle ».  De plus, il a reçu le pouvoir des clés : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Il y a toujours ce besoin de grandir dans la foi pour passer d’une expérience superficielle basée sur les « on dit » à une expérience plus profonde avec Dieu. Chaque personne a besoin de faire sa propre expérience personnelle avec Dieu pour que sa foi soit enracinée et qu’elle puisse devenir à son tour une pierre vivante de la construction du corps du Christ. Ainsi, à l’instar de Simon-Pierre, par la révélation divine, que nous soyons capables de répondre à Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

 

  1. Serge Orry OCGENOR, smm

Méditation pour le 20ème dimanche du T.O.-16 août 2026

VINGTIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Is 56, 1.6-7                  Ps 66 (67)                 Rm 11, 13-15.29-32                  Mt 15, 21-28

 

« Seigneur, viens à mon secours ! »

La mission de Jésus a débuté d’abord au milieu de son peuple ; mais elle n’est pas limitée en Israël, car il est venu annoncer la bonne nouvelle à tous les peuples : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (Is 9,1). Jésus en se retirant dans la région de Tyr et de Sidon va au-delà des frontières du peuple d’Israël. Sa présence sur ces territoires a permis à cette Cananéenne de le rencontrer et de lui adresser sa prière : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon ».

Quelle est la réponse de Jésus ? « Il ne lui répondit pas un mot » écrit saint Matthieu. Jésus l’ignore-t-elle ? Voudrait-il de préférence éprouver sa foi ? Mais persévérante, elle persistait dans sa demande jusqu’à pousser les disciples à s’approcher de Jésus pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »

Pour une fois, et à une pauvre dame suppliant pour la libération de sa fille tourmentée, les réponses de Jésus n’ont pas été agréables à entendre : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Loin de la repousser, elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Encore au pieds de Jésus sa foi fut mis à l’épreuve : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ». Ce ne sont pas les mots les plus tendres que pourrait prononcer Jésus à son égard. Mais, sa réponse va confirmer la profondeur de sa foi: « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». En répondant ainsi, elle affirme qu’elle ne crie pas auprès de Jésus parce qu’elle a entendu uniquement que Jésus avait fait des miracles, mais parce que Jésus est son « maître » et elle croit en lui. Voyant la grandeur de sa foi, Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

De même qu’on vérifie l’or par le feu, les épreuves sont le creuset pour vérifier la qualité de notre foi. La foi de cette cananéenne a été passée au creuset. Nous avons en elle l’exemple d’une foi profonde, humble et persévérante ; elle qui n’est pas d’Israël : « Grande est ta foi ». N’est-il pas dit : « Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom…  Je les conduirai à ma montagne sainte, je les comblerai de joie dans ma maison de prière… » Ne nous voyons pas l’accomplissement de cette parole de l’Écriture dans la foi de cette cananéenne ? Chantons avec le psalmiste :

« Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,

Que ton visage s’illumine pour nous ;

Et ton chemin sera connu sur la terre,

Ton salut, parmi toutes les nations. »

 

  1. Serge Orry OCGENOR, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 19ème dimanche du T.O.- 9 août 2026

DIX-NEUVIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

1 R 19, 9a.11-13a                    Ps 84 (85)                    Rm 9, 1-5                  Mt 14, 22-33

 

« Confiance ! C’est moi ; n’ayez plus peur ! »

L’Évangile d’aujourd’hui suit celui du dimanche dernier. Jésus, après avoir nourri la foule dans le désert ne l’y a pas gardée : « aussitôt nous dit Saint Matthieu il obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive. Quant à lui, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier ».

Comment était la traversée ? Le contexte de la traversée sur l’autre rive était difficile pour les disciples : « le soir, le vent était contraire, la barque était à une bonne distance de la terre et battue par les vagues ».Ce sont tant de situations qui peuvent nous rappeler les traversées difficiles de nos vies : une décision, un échec, un passage, un deuil, une épreuve, une dépression, une séparation…

Mais où était Jésus ? « Le soir venu, il était là, seul. Il était en prière ». Ce n’est que vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. L’adage dit : « Il fait toujours le plus noir juste avant l’aube ». Alors que Jésus venait vers eux à l’heure où s’approchait leur délivrance, le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme ! » Pris de peur, ils se mirent à crier. Ils ne l’ont pas reconnu. Dans les traversées de notre vie, même si Jésus vient vers nous, nous ne savons pas toujours le reconnaître. Souvent, Jésus vient vers nous par le biais d’un frère, d’une sœur, d’un inconnu, mais nous avons du mal à le reconnaître à cause de nos peurs et de nos agitations.  Quelle est la réaction de Jésus ? Il s’est fait reconnaître : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »

L’expérience de Pierre permet aux disciples de confirmer l’affirmation de Jésus : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! ». Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Tel fut le cas. Pris de peur, Pierre s’enfonça et cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Le doute de Pierre ressemble à ces tensions ou du moins ces questions intérieures qui détournent nos regards de Jésus et qui nous enfoncent dans nos abîmes. Et ce n’est qu’en criant vers lui que nous pouvons nous en sortir. Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Pierre seul a fait l’expérience de marcher sur la mer, de douter, de s’enfoncer et d’être sauvé par Jésus, mais ce sont tous les disciples qui se prosternèrent devant Jésus et témoignent qu’il est vraiment le Fils de Dieu. Que l’Esprit Saint nous aide à reconnaître que Jésus est « au-dessus de tout, et Dieu béni pour les siècles ».  Ainsi avec le psalmiste, pourrions-nous chanter : « Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut ».

 

  1. Serge Orry OCGENOR, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 18ème dimanche du temps ordinaire- 2 août 2026

DIX-HUITIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Is 55, 1-3                         Ps 144 (145)                       Rm 8, 35.37-39                        Mt 14, 13-21

La discipline est médecine

Le texte de l’Évangile de ce dimanche (la multiplication) est très connu de ceux et celles qui fréquentent régulièrement l’Église, et même ceux qui ne sont pas trop pratiquants. Ce texte est à la fois riche en enseignement sur l’humanité de Jésus (vrai Homme) et sur la divinité de Jésus (vrai Dieu). Pourtant, nous allons mettre l’accent sur le simple fait que Jésus, avant la multiplication et la distribution des pains et des poissons, a demandé à la foule de s’asseoir. N’est-ce pas un appel à la discipline ? Sachant que la discipline constitue un outil de base et doit être totale pour nous faire parvenir à une solution globale satisfaisante de nos problèmes.

Par cet ordre, Jésus, nous enseigne que même dans l’ordre de la grâce, il faut de la discipline. En effet, la gratuité de la grâce exprimée dans la première lecture : « …venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer », n’exclut pas la participation humaine. Autrement dit, n’exclut pas la discipline. Si bien que, pour la multiplication, il a fallu trouver dans la foule cinq pains et deux poissons, l’aridité de l’endroit. D’où le sens de cette vérité théologique : « la grâce ne supprime pas la nature ; elle l’élève » (St Thomas d’Aquin). Si nous regardons  tous les miracles dans l’Écriture, il a toujours fallu quelque chose, ne serait-ce que la foi du demandeur.

Très souvent dans notre vie, ce qui nous manque c’est la discipline. Dieu veut toujours se donner à nous et se donne à nous. Mais, parfois nous refusons de faire l’effort qui nous revient.  Toujours est-il qu’aucun sacrifice, ne peut nous valoir la grâce. Voilà pourquoi saint Paul dans la deuxième lecture nous partage sa certitude : « ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, … rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ».

            « La discipline est médecine. Qu’un chacun frappe sur son dos jusqu’aux os, … c’est le remède a tous maux ».

Saint Louis Marie Grignion de Montfort, Cantique 161, 1.

 

  1. Marc-Kenry JASMIN, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 17ème dimanche du temps ordinaire – 26 juillet 2026

DIX-SEPTIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

1 R 3, 5.7-12                     Ps 118 (119)                         Rm 8, 28-30                      Mt 13, 44-52

 

Tout ou rien !

La Parole de Dieu continue à nous enseigner sur la réalité du Royaume. Cette récurrence, non seulement tend à nous faire découvrir la dimension dynamique de ce dernier, mais aussi l’importance que celui-là doit avoir dans notre vie chrétienne. « Chercher d’abord le Royaume de Dieu et sa justice le reste vous sera donné », nous dit Jésus dans l’Écriture. Ainsi le Royaume des cieux, répond à une logique de « tout ou rien ». D’où le sens fondamental de ces trois paraboles dans l’Évangile proposé par la liturgie : « le Royaume des cieux qui est comparable à un trésor caché dans un champ, l’ayant découvert, cet homme vend tout ce qu’il possède et il achète ce champ ; comparable à un négociant qui recherche des perles fines, l’ayant trouvé, il vend tout ce qu’il possède et il achète la perle; comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons ».

 

A nous aujourd’hui, le Seigneur nous demande :” comprenons-nous tout cela.” Oubliant souvent que quand les hommes aiment Dieu lui-même fait tout contribuer à leur bien, nous recherchons tout autre chose sauf l’essentiel.

 

L’expérience de Salomon dans la première lecture vient nous interpeller en ce sens. Alors l’exercice spirituel que chacun devrait faire est simple: si le Seigneur se tiendrait devant soi, la demande serait quoi? La demande de Salomon se formulait autour de ce qu’il devait faire pour Dieu. Comme s’il demandait les moyens d’y répondre à son appel. C’est dans un tel sillage que sa sagesse est connue. Dans nos prières faisons-nous montre d’une telle humilité ? Demandons-nous des Grâces pour qu’advienne ce Royaume de paix, de justice et d’amour ? Ou demandons-nous plutôt des Grâces pour nos petits besoins personnels, ponctuels ? L’essentiel c’est Dieu. Si nous avons Dieu, nous avons tout.

 

« Savoir Jésus-Christ la Sagesse incarnée, c’est assez savoir ; savoir tout et ne pas le savoir, c’est ne rien savoir ».

Saint Louis Marie Grignion de Montfort – ASE 11

 

  1. Marc-Kenry JASMIN, smm

Méditation pour le 16ème dimanche du temps ordinaire – 19 juillet 2026

SEIZIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Sg 12, 13.16-19                           Ps 85 (86)                         Rm 8, 26-27                        Mt 13, 24-43

 

La force est calme

La force est calme, on ne cesse de le dire et redire. Mais la liturgie de ce 16e dimanche du temps ordinaire A, à travers la première lecture nous dévoile que celle-ci est par excellence une vertu divine comme toutes les autres vertus d’ailleurs : « toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance ». Quelle délicatesse! Quelle douceur dans l’exercice de la force!

 

On se rend bien compte que dans le monde d’aujourd’hui, ceux qui détiennent un peu de force en font souvent un tout autre usage. La force, quelle que soit sa forme ne doit jamais être utilisée pour détruire. Nous le savons très bien «la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique ». Tel est l’exemple qui nous est donné dans l’évangile.

 

Voulant continuer à expliquer la réalité du royaume, Saint Matthieu le compare à cet homme qui sème du bon grain dans son champ et l’ennemi, alors que les gens dormaient, vient semer de l’ivraie. Il est on ne peut plus clair dans ce passage de l’Écriture, que la réalité du mal n’est pas créée par Dieu. Selon les saints Augustin et Thomas, le mal est plutôt un manque, une privation de ce qui devrait être bon. Ainsi, Dieu qui vient au secours de notre faiblesse avec la force de son esprit, ne veut pas notre perte, il veut que nous soyons sauvés.

 

Ce dimanche encore, nous sommes invités à ne pas nous laisser prendre dans ce piège de nous mettre dans une catégorie. Nous sommes à la fois blé et l’ivraie. Heureusement, notre Dieu est un Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. La force de Dieu, est sa longue patience, nous laissant du coup le temps de nous convertir.

 

« La douce patience

sans aigreur et sans fiel,

est cette violence

dont on ravit le ciel ».

Saint Louis-Marie de Montfort, cantique (C) 9, 21.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. Marc-Kenry JASMIN, smm

Feu de la Sagesse