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Catégorie : Mediter

Méditation pour le 19ème dimanche du T.O.- 9 août 2026

DIX-NEUVIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

1 R 19, 9a.11-13a                    Ps 84 (85)                    Rm 9, 1-5                  Mt 14, 22-33

 

« Confiance ! C’est moi ; n’ayez plus peur ! »

L’Évangile d’aujourd’hui suit celui du dimanche dernier. Jésus, après avoir nourri la foule dans le désert ne l’y a pas gardée : « aussitôt nous dit Saint Matthieu il obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive. Quant à lui, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier ».

Comment était la traversée ? Le contexte de la traversée sur l’autre rive était difficile pour les disciples : « le soir, le vent était contraire, la barque était à une bonne distance de la terre et battue par les vagues ».Ce sont tant de situations qui peuvent nous rappeler les traversées difficiles de nos vies : une décision, un échec, un passage, un deuil, une épreuve, une dépression, une séparation…

Mais où était Jésus ? « Le soir venu, il était là, seul. Il était en prière ». Ce n’est que vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. L’adage dit : « Il fait toujours le plus noir juste avant l’aube ». Alors que Jésus venait vers eux à l’heure où s’approchait leur délivrance, le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme ! » Pris de peur, ils se mirent à crier. Ils ne l’ont pas reconnu. Dans les traversées de notre vie, même si Jésus vient vers nous, nous ne savons pas toujours le reconnaître. Souvent, Jésus vient vers nous par le biais d’un frère, d’une sœur, d’un inconnu, mais nous avons du mal à le reconnaître à cause de nos peurs et de nos agitations.  Quelle est la réaction de Jésus ? Il s’est fait reconnaître : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »

L’expérience de Pierre permet aux disciples de confirmer l’affirmation de Jésus : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! ». Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Tel fut le cas. Pris de peur, Pierre s’enfonça et cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Le doute de Pierre ressemble à ces tensions ou du moins ces questions intérieures qui détournent nos regards de Jésus et qui nous enfoncent dans nos abîmes. Et ce n’est qu’en criant vers lui que nous pouvons nous en sortir. Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Pierre seul a fait l’expérience de marcher sur la mer, de douter, de s’enfoncer et d’être sauvé par Jésus, mais ce sont tous les disciples qui se prosternèrent devant Jésus et témoignent qu’il est vraiment le Fils de Dieu. Que l’Esprit Saint nous aide à reconnaître que Jésus est « au-dessus de tout, et Dieu béni pour les siècles ».  Ainsi avec le psalmiste, pourrions-nous chanter : « Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut ».

 

  1. Serge Orry OCGENOR, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 18ème dimanche du temps ordinaire- 2 août 2026

DIX-HUITIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Is 55, 1-3                         Ps 144 (145)                       Rm 8, 35.37-39                        Mt 14, 13-21

La discipline est médecine

Le texte de l’Évangile de ce dimanche (la multiplication) est très connu de ceux et celles qui fréquentent régulièrement l’Église, et même ceux qui ne sont pas trop pratiquants. Ce texte est à la fois riche en enseignement sur l’humanité de Jésus (vrai Homme) et sur la divinité de Jésus (vrai Dieu). Pourtant, nous allons mettre l’accent sur le simple fait que Jésus, avant la multiplication et la distribution des pains et des poissons, a demandé à la foule de s’asseoir. N’est-ce pas un appel à la discipline ? Sachant que la discipline constitue un outil de base et doit être totale pour nous faire parvenir à une solution globale satisfaisante de nos problèmes.

Par cet ordre, Jésus, nous enseigne que même dans l’ordre de la grâce, il faut de la discipline. En effet, la gratuité de la grâce exprimée dans la première lecture : « …venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer », n’exclut pas la participation humaine. Autrement dit, n’exclut pas la discipline. Si bien que, pour la multiplication, il a fallu trouver dans la foule cinq pains et deux poissons, l’aridité de l’endroit. D’où le sens de cette vérité théologique : « la grâce ne supprime pas la nature ; elle l’élève » (St Thomas d’Aquin). Si nous regardons  tous les miracles dans l’Écriture, il a toujours fallu quelque chose, ne serait-ce que la foi du demandeur.

Très souvent dans notre vie, ce qui nous manque c’est la discipline. Dieu veut toujours se donner à nous et se donne à nous. Mais, parfois nous refusons de faire l’effort qui nous revient.  Toujours est-il qu’aucun sacrifice, ne peut nous valoir la grâce. Voilà pourquoi saint Paul dans la deuxième lecture nous partage sa certitude : « ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, … rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ».

            « La discipline est médecine. Qu’un chacun frappe sur son dos jusqu’aux os, … c’est le remède a tous maux ».

Saint Louis Marie Grignion de Montfort, Cantique 161, 1.

 

  1. Marc-Kenry JASMIN, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 17ème dimanche du temps ordinaire – 26 juillet 2026

DIX-SEPTIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

1 R 3, 5.7-12                     Ps 118 (119)                         Rm 8, 28-30                      Mt 13, 44-52

 

Tout ou rien !

La Parole de Dieu continue à nous enseigner sur la réalité du Royaume. Cette récurrence, non seulement tend à nous faire découvrir la dimension dynamique de ce dernier, mais aussi l’importance que celui-là doit avoir dans notre vie chrétienne. « Chercher d’abord le Royaume de Dieu et sa justice le reste vous sera donné », nous dit Jésus dans l’Écriture. Ainsi le Royaume des cieux, répond à une logique de « tout ou rien ». D’où le sens fondamental de ces trois paraboles dans l’Évangile proposé par la liturgie : « le Royaume des cieux qui est comparable à un trésor caché dans un champ, l’ayant découvert, cet homme vend tout ce qu’il possède et il achète ce champ ; comparable à un négociant qui recherche des perles fines, l’ayant trouvé, il vend tout ce qu’il possède et il achète la perle; comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons ».

 

A nous aujourd’hui, le Seigneur nous demande :” comprenons-nous tout cela.” Oubliant souvent que quand les hommes aiment Dieu lui-même fait tout contribuer à leur bien, nous recherchons tout autre chose sauf l’essentiel.

 

L’expérience de Salomon dans la première lecture vient nous interpeller en ce sens. Alors l’exercice spirituel que chacun devrait faire est simple: si le Seigneur se tiendrait devant soi, la demande serait quoi? La demande de Salomon se formulait autour de ce qu’il devait faire pour Dieu. Comme s’il demandait les moyens d’y répondre à son appel. C’est dans un tel sillage que sa sagesse est connue. Dans nos prières faisons-nous montre d’une telle humilité ? Demandons-nous des Grâces pour qu’advienne ce Royaume de paix, de justice et d’amour ? Ou demandons-nous plutôt des Grâces pour nos petits besoins personnels, ponctuels ? L’essentiel c’est Dieu. Si nous avons Dieu, nous avons tout.

 

« Savoir Jésus-Christ la Sagesse incarnée, c’est assez savoir ; savoir tout et ne pas le savoir, c’est ne rien savoir ».

Saint Louis Marie Grignion de Montfort – ASE 11

 

  1. Marc-Kenry JASMIN, smm

Méditation pour le 16ème dimanche du temps ordinaire – 19 juillet 2026

SEIZIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Sg 12, 13.16-19                           Ps 85 (86)                         Rm 8, 26-27                        Mt 13, 24-43

 

La force est calme

La force est calme, on ne cesse de le dire et redire. Mais la liturgie de ce 16e dimanche du temps ordinaire A, à travers la première lecture nous dévoile que celle-ci est par excellence une vertu divine comme toutes les autres vertus d’ailleurs : « toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance ». Quelle délicatesse! Quelle douceur dans l’exercice de la force!

 

On se rend bien compte que dans le monde d’aujourd’hui, ceux qui détiennent un peu de force en font souvent un tout autre usage. La force, quelle que soit sa forme ne doit jamais être utilisée pour détruire. Nous le savons très bien «la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique ». Tel est l’exemple qui nous est donné dans l’évangile.

 

Voulant continuer à expliquer la réalité du royaume, Saint Matthieu le compare à cet homme qui sème du bon grain dans son champ et l’ennemi, alors que les gens dormaient, vient semer de l’ivraie. Il est on ne peut plus clair dans ce passage de l’Écriture, que la réalité du mal n’est pas créée par Dieu. Selon les saints Augustin et Thomas, le mal est plutôt un manque, une privation de ce qui devrait être bon. Ainsi, Dieu qui vient au secours de notre faiblesse avec la force de son esprit, ne veut pas notre perte, il veut que nous soyons sauvés.

 

Ce dimanche encore, nous sommes invités à ne pas nous laisser prendre dans ce piège de nous mettre dans une catégorie. Nous sommes à la fois blé et l’ivraie. Heureusement, notre Dieu est un Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. La force de Dieu, est sa longue patience, nous laissant du coup le temps de nous convertir.

 

« La douce patience

sans aigreur et sans fiel,

est cette violence

dont on ravit le ciel ».

Saint Louis-Marie de Montfort, cantique (C) 9, 21.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. Marc-Kenry JASMIN, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 15ème dimanche du temps ordinaire-12 juillet 2026

QUINZIÈME DIMANCHE ORDINAIRE ANNÉE A

 

Is 55, 10-11                             Ps 64 (65)                           Rm 8, 18-23                            Mt 13, 1-23

 

« Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer ». Rien que ce verset dans l’Évangile de ce dimanche, fait résonner dans notre cœur ce qui suit : « Après avoir à bien des reprises et bien des manières, parlé par les prophètes ; il a plu à Dieu dans sa bonté et sa sagesse de se révéler en personne et de faire connaître aux hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, le mystère de sa volonté. » (Cf. Dei Verbum, 1-4) Cette auto-communication de Dieu, c’est sa Parole qu’on retrouve dans l’Écriture et la Tradition.

 

En effet, « cette Parole qui sort de la bouche du Seigneur, est comme la pluie et la neige qui descendent des cieux, et n’y retournent sans avoir fait ce qui lui plaît ; sans avoir accompli sa mission » (Cf. Is 55, 10-11). Par conséquent, comme une graine, la Parole de Dieu, a besoin d’une bonne terre d’accueil pour porter du fruit.

 

D’où la grande question pour nous qui avons cette chance d’écouter la Parole : sommes-nous une bonne terre ? Qui est-ce que ou encore, qu’est-ce que nous écoutons ? Jésus, lui-même déclare : « les paroles que je vous ai dites sont esprit et elle sont vie » (Jn 6,63).

 

Il revient donc à chacun de faire de notre cœur une terre capable de rendement. Cependant une vue d’ensemble de la parabole du semeur, nous évitera de nous mettre dans telle ou telle catégorie de terre. Si nous sommes attentifs à nous-même, nous verrions, tout comme la création gémit ; nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons » (Cf. Rm 18-23). Alors, nous comprenons que toutes les catégories de sol se conjuguent en nous. Efforçons-nous donc, d’écouter la Parole de Dieu et de la mettre en pratique. Nous pourrons ainsi porter du fruit, a raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.

 

 

« Quand Marie a jeté ses racines dans une âme, elle y produit des merveilles de grâce qu’elle

seule peut produire… »

Saint Louis Marie Grignion de Montfort, VD 35

 

 

 

 

  1. Marc-Kenry JASMIN, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 14ème dimanche du Temps ordinaire – 5 juillet 2026-

QUATORZIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Za 9, 9-10                            Ps 144 (145)                          Rm 8, 9.11-13                        Mt 11, 25-30

 

Mon joug est facile à porter !

Le texte de l’Évangile de ce dimanche est assez paradoxal. Jésus, d’une part, invite tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau à venir à lui et il leur procurera le repos ; d’autre part, il leur demande de prendre sur eux son joug, car son joug est facile à porter et son fardeau léger.

 

Or, nous traînons tous derrière nous, des fardeaux lourds ou légers. Chacun, dépendamment de son expérience, a un poids qui pèse sur sa conscience, ne serait-ce que le poids du péché. Sauf dans le cas où la conscience est endurcie. La grande question maintenant, par rapport à la double invitation plutôt contradictoire de Jésus : est-ce un échange de fardeau ? Comme quoi notre fardeau serait plus lourd et celui que le Seigneur nous charge serait plus léger ?

 

Dans un premier temps, nous comprenons que le Seigneur est celui qui nous soulage, qui veut nous

débarrasser de tous nos encombrements. Tel « ce roi qui fera disparaître d’Ephraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l’arc de guerre, et proclamera la paix aux nations » (Cf. Za 9, 10). A travers son pardon et sa miséricorde accordés, notamment dans le sacrement de la réconciliation, il nous allège. Cependant, même si nous trouverons du repos auprès de lui, il veut tout de même nous responsabiliser, pour nous faire comprendre que la vie chrétienne (le Royaume des cieux) n’est pas une fuite du réel.

 

D’où cette invitation dans un second temps : « mon joug est facile à porter ». Ainsi, par cette responsabilité, non seulement il veut nous dire que la sainteté est possible. Mais aussi, que les exigences de l’Évangile n’alourdissent pas notre plein épanouissement spirituel et humain, comme certains pourraient le penser. Au contraire, si « nous sommes sous l’emprise de l’esprit de Dieu qui habite en nous », nous serions capables de voir que ces exigences qui nous sont révélées, sont un chemin d’une vie plus simple, plus belle et plus légère.

 

« La dévotion à Marie est un chemin aisé, court, parfait et assuré pour arriver à l’union avec Notre-Seigneur, où consiste la perfection du chrétien. »

Saint Louis Marie de Montfort, VD 152.

 

 

 

 

 

  1. Marc-Kenry JASMIN, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 13ème dimanche du temps ordinaire -28 juin 2026-Ekenley

TREIZIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

2R 4, 8-11.14-16a                       Ps 88 (89)                       Rm 6, 3-4.8-11                       Mt 10, 37-42

 

Ouvrez à Jésus-Christ !

 

En ce treizième dimanche du temps ordinaire de l’année A, nous méditons sur le sens du mot « accueil » selon ce que Jésus nous a dit dans l’Évangile : « Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. » Pourquoi est-ce important pour un chrétien ? Nous croyons en un Dieu qui ne reste pas loin de nous, qui se fait proche, qui « vient » chaque jour à notre rencontre, qui « habite parmi nous » et qui « est » toujours avec nous. Maintenant, savons-nous accueillir sa présence ?

 

Dans la première lecture, cette femme qui n’est pas nommée ouvre sa maison pour accueillir le prophète Élisée, l’homme de Dieu. Elle ne l’a pas accueilli pour ce qu’il pouvait apporter, d’ailleurs cette femme était riche selon le texte et n’a rien voulu demander à Élisée alors qu’elle avait d’autres besoins ; mais elle l’a accueilli pour ce qu’il est, « homme de Dieu ». Elle portait en elle une grande souffrance (celle de ne pas avoir un fils), mais cela ne l’a pas empêchée d’ouvrir son toit pour accueillir. Nous comprenons ici que la plus grande richesse de cette femme n’était pas ses biens, mais la largesse de son cœur. Au lieu de se lamenter sur ce qu’elle n’a pas, elle partage avec générosité ce qu’elle a reçu ; au lieu de récriminer contre Dieu parce qu’elle n’a pas de fils, elle accueille sa volonté avec joie, comme pour prendre sa croix ; au lieu d’insister à demander, elle insiste à donner. C’est en ouvrant son cœur pour donner qu’elle va tout recevoir de Dieu. Accueillir Dieu, c’est s’ouvrir à sa présence et à sa volonté, non pas pour ce qu’il est capable de nous donner, mais pour ce qu’il est.

 

Aujourd’hui, qui est l’homme de Dieu à accueillir ? Quand Jésus nous demande d’accueillir ses prophètes, ceux qui parlent ou qui agissent en son nom, il nous demande de l’accueillir Lui-même. Les prophètes du Seigneur ne sont pas forcément les ministres ordonnés ou consacrés de l’Église, ce ne sont pas forcément des personnalités connues ou de grande notoriété. Les « hommes (femmes) de Dieu » aujourd’hui peuvent être aussi les gens simples, les pauvres ou toute personne en situation qui croisent nos chemins ou qui frappent à notre porte ; par ce qu’ils vivent, ils sont capables de nous parler au nom Dieu et refléter son visage dans ce monde. Aimer le Seigneur plus que sa mère, son père, ses frères et sœurs, c’est aller au-delà du cercle restreint des proches afin de voir en chaque être humain un prochain, un signe de Dieu, un « homme (femme) de Dieu ». L’aimer plus que tout, c’est aussi marcher avec Lui, même quand le chemin parait difficile, même s’il faut porter une croix.

 

Notre Seigneur continue à visiter son peuple, il veut demeurer en chacun de nous. Ouvrons-lui notre cœur. En ouvrant notre cœur à Jésus-Christ, nous trouverons plus que nous n’oserions demander, plus que nous n’oserions espérer.

 

« Charmé de la flamme divine dont je vois votre Cœur si plein,

C’en est fait, j’ouvre ma poitrine, Divin Cœur, entrez dans mon sein. »

Saint Louis-Marie de Montfort , Cantique (Ct) 47, 29.

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 12ème dimanche du temps ordinaire-21-06-2026-Ekenley

DOUZIÈME DIMANCHE ORDINAIRE

Jr 20, 10-13                              Ps 68 (69)                              Rm 5, 12-15                       Mt 10, 26-33

 

Soyons sans crainte devant les hommes !

 

En ce douzième dimanche du temps ordinaire de l’année A. Nous sommes en face d’une réflexion essentielle dans notre démarche de vie chrétienne : les épreuves et les persécutions rencontrées sur la route à cause de notre foi. Évidemment, nous aimerions que notre vie soit un long fleuve tranquille, mais en réalité nous constatons que parfois, sans pouvoir toujours l’expliquer, nous sommes contraints de faire face à des situations difficiles et même à des personnes qui s’opposent à nous à cause de nos convictions. Que faire ?

 

Dans un monde où beaucoup sont prêts à tout pour la richesse, le pouvoir et le plaisir, annoncer la justice et l’égalité sociale devient une menace. Avant le Christ, le prophète Jérémie a fait l’expérience d’un acharnement contre sa personne pour avoir dénoncé le mal de son temps. Malgré tout cela, il ne s’est pas tu, il a fait confiance à son Dieu, il a remis sa cause à son Seigneur qui délivre le malheureux de la main des méchants. Aujourd’hui, beaucoup sont persécutés pour la justice, pour avoir pris la défense des plus faibles, pour avoir observé la charité du Seigneur ou simplement pour avoir refusé de prendre part à la folie de notre monde. Jésus le savait et le sait, il est lui-même passé par là. C’est pourquoi il nous demande de ne pas céder à la tentation de la peur des hommes ; ils peuvent nous faire souffrir, mais ils n’ont aucun pouvoir sur notre vie qui est bien cachée dans le cœur de Dieu : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme. »

 

Comme l’ont affirmé plusieurs penseurs, dont Norbert Zongo, « le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais, c’est le silence des gens bien ». Que ce soit par le désir de suivre la foule ou le refus d’être mal vus par elle, parfois nous acceptons un peu de trop : trop de silence devant des situations où nous devrions élever la voix ; trop de vacarmes devant des situations où nous devrions nous taire. Nous n’osons plus oser. Notre peur favorise le désordre, notre indifférence amplifie le chaos. Faut-il plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu ? Il n’y a qu’une façon de plaire à Dieu, c’est de vivre selon nos convictions profondes de quête de justice, de paix et d’amour.

 

Aujourd’hui, le Seigneur nous demande de prendre des risques pour la vérité, l’amour et le bien ; il nous invite à laisser de côté le respect humain en vue de travailler pour le respect de l’humain et de sa dignité. Si la vérité se tait, comment pourra-t-elle vaincre le mensonge ? Si le bien se tait, comment pourra-t-il vaincre le mal ? Si l’amour se tait, comment pourra-t-il vaincre la haine ? Si la vie se tait, comment pourra-t-elle vaincre la mort ? Que le Seigneur nous donne la force de surmonter nos peurs et nos hésitations pour pouvoir annoncer sa paix et sa vérité, non seulement par nos paroles, mais aussi par nos actes, par notre manière de vivre dans ce monde.

 

 

« Si on ne hasarde quelque chose pour Dieu, on ne fait rien de grand pour lui. »

Saint Louis-Marie de Montfort, Lettre(L), 27 (A la Bse Marie-Louise de Jésus).

 

 

 

 

Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 11ème dimanche du temps ordinaire – 14 juin 2026 – Ekenley

ONZIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Ex 19, 2-6a                            Ps 99 (100)                             Rm 5, 6-11                       Mt 9, 36 – 10, 8

 

Appelés à devenir un royaume de prêtres !

Après un long périple partant du carême, passant par les grandes fêtes pascales, nous reprenons le cours du temps ordinaire de l’année A. En cet onzième dimanche, nous méditons sur la vocation des douze apôtres dans l’évangile de Matthieu ; Jésus les choisit, les appelle et leur confie une mission, celle d’annoncer que le royaume est tout proche. C’est une occasion favorable pour chacun de penser à sa propre vocation en tant que baptisé(e).

 

L’appel des apôtres est précédé par un triste constat de la part de Jésus : «Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. » Aujourd’hui, ne sommes-nous pas amenés à faire le même constat dans notre société ? Ne sommes-nous pas désemparés par les guerres et les violences sur nos frères et sœurs (même les enfants ne sont pas épargnés) ? Ne sommes-nous pas abattus par les soucis, les inquiétudes,  les incertitudes du présent et de l’avenir ? Notre société semble s’égarer de plus en plus, elle a du mal à trouver le chemin de la justice véritable et de la paix ; donc il y a besoin, je dirais jusqu’à dire qu’il y a urgence de faire quelque chose.

 

Suite à ce constat, Jésus appelle les douze pour aller là où il devrait aller et annoncer ce qu’il est lui-même venu annoncer dans le monde, un royaume nouveau. Dans l’Évangile de saint Matthieu, la première prédication de Jésus s’articule ainsi : « Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche (Mt 3) ». C’est exactement la même chose qu’il demande aux douze d’annoncer au peuple d’Israël. C’est aussi ce qu’il demande à chacun de nous aujourd’hui. D’abord, il nous appelle à devenir « un royaume de prêtres, une nation sainte » ; ensuite, il nous envoie annoncer ce royaume au monde. Étant des ouvriers à la vigne du Seigneur, nous sommes appelés à devenir : son cœur en nous laissant toucher par la souffrance du monde, sa voix en annonçant son amour et sa vérité, ses mains en prenant soin de nos frères et sœurs.  Jésus nous demande d’accomplir pour les autres ce qu’il a accompli par avance pour nous. Il nous a sauvés alors que nous étions pécheurs, maintenant il nous envoie auprès des autres pour les ramener au salut. Il nous a guéris alors que nous étions malades, maintenant il nous envoie prendre soin des autres. Il nous a éclairés par son Esprit de vérité alors que nous marchions dans les ténèbres, maintenant il nous envoie pour être lumière au milieu des nations. Qu’attendons-nous pour agir ? Nous avons reçu gratuitement, ne devons-nous donner gratuitement ?

 

Le monde a tant besoin d’amour, de lumière, de justice, de paix… en un mot, le monde a besoin du Christ. Écoutons l’appel du Seigneur, levons-nous, formons ensemble ce peuple de prêtres qui apporte le salut du Christ au monde entier.

 

« Ce fut par la douceur de ses paroles qu’il attira comme avec un appât ses apôtres à sa suite ; qu’il guérit les malades les plus incurables et qu’il consola les plus affligées. »

Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse (ASE), 122.

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

 

Méditation sur la Solennité du Saint Sacrement- 7 juin 2026-Ekenley

SOLENNITÉ DU SAINT SACREMENT/ A

Dt 8, 2-3.14b-16a                      Ps 147 (147 B)                        1 Co 10, 16-17                    Jn 6, 51-58

 

Un seul corps dans le Christ !

Ce dimanche, nous célébrons la solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ (dans certains pays ou certaines régions, cette fête a été célébrée jeudi dernier). Cette fête est d’une importance capitale pour tous les chrétiens, puisque nous sommes sauvés par le don du Corps et du Sang du Christ. Par désobéissance, nous avons mangé du fruit de l’arbre défendu ; cela nous a éloignés de Dieu et nous a menés à la mort. Par son obéissance à son Père, le Christ nous donne sa Chair comme vraie nourriture et son Sang comme vraie boisson, afin que nous devenions un seul corps en Lui et avec Lui et que nous puissions vivre de la Vie de Dieu.

 

Dans son grand amour, Dieu n’a jamais cessé de prendre soin de nous. Même après le péché, il était là ; il a marché avec nos pères dans le désert et les a nourris de la manne. Mais la nourriture du Corps et du Sang du Christ n’est pas comme les autres. Elle est particulière. Elle ne nourrit pas seulement nos corps, mais elle nourrit tout ce que nous sommes, puisque elle communique en nous  la Vie de Dieu. C’est justement ce que Jésus affirme dans l’Évangile : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. »

 

Ceux et celles qui se communient au Corps et au Sang du Christ deviennent une seule chair avec Lui. Quoiqu’il se donne à tous et que chacun le reçoit tout entier, le Christ demeure le Sacrement de notre unité ; c’est ce que nous chantons dans la séquence : « On le reçoit sans le briser, le rompre ni le diviser ; il est reçu tout entier. » Saint Paul, dans la deuxième lecture, attire notre attention sur cette communion entre nous et au Christ en nous disant : « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » Tel est le désir du Christ : en donnant son Corps et son Sang, il veut que nous devenions unis, attachés à Lui. Et qu’en nous attachant à lui, nous trouvions la vie.

 

En ce jour, nous sommes invités à prendre conscience de l’importance de ce grand mystère de notre foi. Devant ce mystère, nous sommes en adoration, nous contemplons notre Dieu qui se livre pour nous et qui est constamment présent dans notre vie. À chaque fois que nous disons « amen » en communiant au Corps et au Sang du Christ (que ce soit en espèce ou en adoration), nous disons « oui » à la Vie de Dieu et nous nous rappelons que nous formons un seul corps, uni au Christ pour l’éternité.

 

« Je vous désire, ô pain de vie, dès aujourd’hui, sans attendre à demain

J’en veux manger, j’en meurs d’envie, j’ai grand faim, donnez-moi du pain. »

Saint Louis-Marie de Montfort, Cantique 112, 4.

 

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse