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Catégorie : Mediter

Méditation sur la Solennité du Saint Sacrement- 7 juin 2026-Ekenley

SOLENNITÉ DU SAINT SACREMENT/ A

Dt 8, 2-3.14b-16a                      Ps 147 (147 B)                        1 Co 10, 16-17                    Jn 6, 51-58

 

Un seul corps dans le Christ !

Ce dimanche, nous célébrons la solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ (dans certains pays ou certaines régions, cette fête a été célébrée jeudi dernier). Cette fête est d’une importance capitale pour tous les chrétiens, puisque nous sommes sauvés par le don du Corps et du Sang du Christ. Par désobéissance, nous avons mangé du fruit de l’arbre défendu ; cela nous a éloignés de Dieu et nous a menés à la mort. Par son obéissance à son Père, le Christ nous donne sa Chair comme vraie nourriture et son Sang comme vraie boisson, afin que nous devenions un seul corps en Lui et avec Lui et que nous puissions vivre de la Vie de Dieu.

 

Dans son grand amour, Dieu n’a jamais cessé de prendre soin de nous. Même après le péché, il était là ; il a marché avec nos pères dans le désert et les a nourris de la manne. Mais la nourriture du Corps et du Sang du Christ n’est pas comme les autres. Elle est particulière. Elle ne nourrit pas seulement nos corps, mais elle nourrit tout ce que nous sommes, puisque elle communique en nous  la Vie de Dieu. C’est justement ce que Jésus affirme dans l’Évangile : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. »

 

Ceux et celles qui se communient au Corps et au Sang du Christ deviennent une seule chair avec Lui. Quoiqu’il se donne à tous et que chacun le reçoit tout entier, le Christ demeure le Sacrement de notre unité ; c’est ce que nous chantons dans la séquence : « On le reçoit sans le briser, le rompre ni le diviser ; il est reçu tout entier. » Saint Paul, dans la deuxième lecture, attire notre attention sur cette communion entre nous et au Christ en nous disant : « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » Tel est le désir du Christ : en donnant son Corps et son Sang, il veut que nous devenions unis, attachés à Lui. Et qu’en nous attachant à lui, nous trouvions la vie.

 

En ce jour, nous sommes invités à prendre conscience de l’importance de ce grand mystère de notre foi. Devant ce mystère, nous sommes en adoration, nous contemplons notre Dieu qui se livre pour nous et qui est constamment présent dans notre vie. À chaque fois que nous disons « amen » en communiant au Corps et au Sang du Christ (que ce soit en espèce ou en adoration), nous disons « oui » à la Vie de Dieu et nous nous rappelons que nous formons un seul corps, uni au Christ pour l’éternité.

 

« Je vous désire, ô pain de vie, dès aujourd’hui, sans attendre à demain

J’en veux manger, j’en meurs d’envie, j’ai grand faim, donnez-moi du pain. »

Saint Louis-Marie de Montfort, Cantique 112, 4.

 

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le dimanche de la Sainte Trinité -31 mai 2026-Ekenley

DIMANCHE DE LA SAINTE TRINITÉ / Année A

Ex 34, 4b-6.8-9                       Cantique Dn 3,                        2 Co 13, 11-13                      Jn 3, 16-18

 

Sauvés par amour, dans l’unité !

Le dimanche qui suit la Pentecôte, l’Église célèbre le mystère de la Sainte Trinité, un seul Dieu en trois Personnes. Cette solennité n’a pas pour objectif d’expliquer avec des raisonnements logico-humains le concept « Trinité », car beaucoup se trompent en voulant limiter Dieu en lui attribuant des caractéristiques humaines. Quand nous faisons une réflexion, il y a toujours un peu de « ce que nous sommes », or ce que nous sommes ne peut pas tout dire sur « ce que Dieu est ». Il existe toujours une part de mystère quand nous sommes en face de Dieu, Lui seul peut se révéler réellement à nous. Il se révèle depuis la création du monde ; il a parlé à nos ancêtres dans la foi (Moïse sur le Sinaï), il l’a fait en son Fils Jésus-Christ, son Verbe éternel, envoyé dans le monde pour nous sauver ; il continue de se révéler à nous, à travers l’Esprit-Saint.

 

Dans l’œuvre de la création, nous pouvons constater un ordre et une harmonie qui rendent toute chose bonne et belle (cf. Gn 1). Cette harmonie est l’expression d’un Dieu unique qui est communion en Lui-même, un Dieu qui est un « Nous » et qui crée toute chose par amour : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » (Gn 1, 26). Cet amour de Dieu demeure même quand nous lui tournons le dos ou que nous nous révoltons contre Lui (c’est le cas du peuple Israël dans le désert). Dieu ne peut pas renoncer à son amour pour nous, car il est Lui-même Amour, il est «LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. » C’est pourquoi, alors que l’humanité allait vers sa perte, « il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » Pour accomplir l’œuvre de la rédemption, Jésus n’était jamais isolé de son Père ; le Père et lui sont Un. Aujourd’hui, l’Esprit-Saint est à l’œuvre dans l’Église pour sauvegarder l’amour et l’unité au sein des membres du corps du Christ. Comme pour nous dire : « C’est par amour que le salut vous a été donné, c’est dans l’amour que vous devez le recevoir. »

 

La solennité de la Sainte Trinité nous donne l’occasion de renouveler notre foi dans le Dieu unique qui est Père, Fils, et Esprit-Saint. Si notre intelligence a du mal à l’expliquer, notre foi nous permet tout simplement de contempler ce mystère à travers la Parole de Dieu et l’œuvre du salut. Nous devons nous rappeler que notre vocation est de participer à cette communion d’amour du Dieu trinitaire pour l’éternité.

 

« En Dieu sont trois personnes : Père, Fils, Saint-Esprit.

Trois infiniment bonnes, je le crois, Dieu l’a dit.

Trois ne font qu’un seul Dieu, car trois n’ont qu’une essence :

Le Père est Dieu, le Fils est Dieu,

Enfin le Saint-Esprit est Dieu,

Tous égaux en substance. »

Saint Louis-Marie de Montfort, cantique (Ct) 109, 2.

 

 

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (TITO), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le dimanche de la Pentecôte. 24 mai 2026-Ekenley

PENTECÔTE

Ac 2, 1-11                          Ps 103 (104)                        1 Co 12, 3b-7.12-13                     Jn 20, 19-23

 

Viens, Esprit-Saint, en nos cœurs !

            Ce dimanche, l’Église célèbre la solennité de la Pentecôte. 50 jours après Pâques, les apôtres étaient en prière, l’Esprit-Saint est descendu sur eux sous forme de langues de feu. Grâce à l’effusion de l’Esprit-Saint, les verrous de la peur ont été brisés et les apôtres se mirent à proclamer les merveilles de Dieu aux nations dans un langage que chacun pouvait comprendre.  Aujourd’hui, arrivons-nous à comprendre la voix de l’Esprit qui continue d’annoncer les œuvres de Dieu à travers l’Église ou à devenir nous-mêmes cette voix ?

 

Malgré les nombreuses manifestations du Christ après sa résurrection devant les apôtres, ces derniers étaient encore timides, entre la crainte des juifs et l’attente du Paraclet promis par Jésus. Ainsi, entre l’Ascension et la Pentecôte, ils ont vécu un temps de retraite spirituelle qui les a préparés à recevoir l’Esprit-Saint : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière… » (Ac 1, 14). Avec la venue de l’Esprit-Saint, il n’avait plus peur d’annoncer publiquement la bonne nouvelle. Évidemment, les gens étaient étonnés devant la conviction avec laquelle les apôtres agissaient. Ils se demandaient d’où leur venaient cette sagesse, cette intelligence, ce conseil, cette science, cette force, cette piété, cette crainte du Seigneur ? Ils ont vite compris qu’ils ont reçu tout cela de Dieu par la puissance de l’Esprit : « Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit ».

 

Écoutons saint Paul dans la deuxième lecture : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit… À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. » L’Esprit reçu par les apôtres est l’Esprit qui procède du Père et du Fils, il unit l’humanité à Dieu et entre elle. C’est l’Esprit d’amour et d’unité qui fait de nous un seul corps en Jésus-Christ, qui nous conduit dans la vérité toute entière. Le Christ souffle son Esprit-Saint sur les apôtres et les envoie accomplir ce que lui-même il devait accomplir, le salut du genre humain. Quand nous agissons sous la mouvance de l’Esprit-Saint, ce n’est plus nous-mêmes qui agissons, mais le Christ qui agit en nous (cf. Ga 2, 20). C’est pourquoi nous n’avons pas à avoir peur, ni à nous demander comment nous allons faire ; l’Esprit-Saint peut accomplir en nous et à travers nous ce qui parait impossible à l’œil humain.

 

Par le baptême, chaque chrétien reçoit l’Esprit du Christ pour vivre en témoins dans le monde. Suis-je encore trop timide ? Renoncé-je parfois à la voix de l’Esprit ? Ai-je du mal à être docile à l’Esprit ? L’Esprit-Saint est encore à l’œuvre aujourd’hui, c’est encore le temps de lui ouvrir notre cœur en reprenant la séquence : « Viens, Esprit-saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière. »

 

« Quand la Sagesse éternelle se communique à une âme, elle lui donne tous les dons du Saint-Esprit et toutes les vertus dans un degré éminent, savoir : les vertus théologales…, les vertus cardinales…, les vertus morales… »

Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 99.

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 7ème dimanche de Pâques-17 mai 2026-Ekenley

SEPTIÈME DIMANCHE DE PÂQUES A

Ac 1, 12-14                              Ps 26 (27)                          1 P 4, 13-16                           Jn 17, 1b-11a

 

Tous, d’un même cœur !

            Le septième dimanche de Pâques se situe entre la solennité de l’Ascension du Seigneur et la Pentecôte. Le Christ ressuscité retourne auprès de son Père tout en promettant de marcher avec ses amis sur le chemin de la Vie, grâce à l’Esprit de vérité. L’évangile de ce dimanche est une prière, un échange d’amour de Jésus à son Père avant de laisser ses amis (la veille de sa Passion). Pourquoi Jésus prie-t-il ? Pour quoi ? Pour qui ?

 

Sûrement, nous avons déjà entendu cette réflexion disant que si Jésus est Dieu, pourquoi a-t-il besoin de prier ? Évidemment, cette réflexion est issue d’une manière très réduite de concevoir la prière ; elle serait l’action de ‘‘s’approcher d’une divinité par des actes de culte pour demander ou attirer une faveur’’. Or, en Jésus-Christ, nous découvrons que la véritable prière est avant tout un désir, une quête d’amour et de communion avec Dieu.  Jésus, Fils de Dieu depuis toute éternité, ne s’est jamais séparé de son Père en venant dans le monde, il est resté en parfaite communion avec Lui : « Je suis dans le Père, et le Père est en moi » (Jn 14, 11). La prière devient ainsi l’acte qui concrétise ce lien indéfectible existant entre le Père et le Fils. Jésus n’a pas prié qu’une fois ou dix fois ou cent fois durant son passage sur la terre ; toute sa vie terrestre a été une prière, c’est-à-dire une vie d’amour et de communion avec le Père, comme deux cœurs qui s’aiment, qui se regardent, qui se contemplent, qui se parlent à l’infini.

 

            Pour quoi ? Jésus prie pour que le Père « glorifie » son Fils. Jésus n’est pas venu dans le monde pour y chercher la gloire, il n’en avait pas besoin puisqu’avec le Père, il partage la même gloire « bien avant que le monde existe ». S’il demande au Père de le glorifier, c’est pour que la gloire de Dieu soit connue dans le monde et que le monde soit sauvé par la foi en lui : « Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire ». Cette œuvre dont parle Jésus, c’est l’œuvre de la rédemption et du salut qui fait entrer l’humanité dans la vie éternelle ; Or, la vie éternelle, c’est que nous connaissions le Père, lui le seul vrai Dieu, et celui qu’il a envoyé, Jésus Christ.

 

            Pour qui ? Voici ce que dit Jésus : « Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. » Le « monde » ici n’est pas une catégorie rejetée ou oubliée par le Christ, mais la catégorie de ceux et celles qui n’accueillent pas le Verbe de Dieu : « Il était dans le monde… mais le monde ne l’a pas reconnu » (Jn 1, 10). Jésus prie pour nous.

 

Comme les apôtres, entrons dans cette démarche de communion avec Dieu par la prière et de communion entre nous par la charité fraternelle. Que nous formions un seul cœur en Jésus-Christ !

 

« Mille fois mon cœur vous désire, amour divin, venez à moi :

Être sans vous, c’est un martyre, venez donc me donner la loi. »

Saint Louis-Marie de Montfort, cantique 5, 40.

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 6ème dimanche de Pâques- 10 mai 2026- Ekenley

SIXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES A

Ac 8, 5-8.14-17                        Ps 65 (66)                            1 P 3, 15-18                          Jn 14, 15-21

 

Le Père enverra un autre Défenseur

Le sixième dimanche de Pâques précède la solennité de  l’Ascension du Seigneur (jeudi prochain). Lors de son dernier repas, sachant qu’il s’en va vers le Père, Jésus prépare le cœur de ses amis à son départ. Mais pour Lui, ce n’est pas la fin de l’aventure, ce n’est même pas une séparation puisqu’il leur demande de demeurer en Lui, de demeurer dans son amour.  Cette union d’amour au Christ doit être vécue dans la mise en application de l’enseignement évangélique : «Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. » Mais Jésus sait bien que garder ses commandements n’est pas une tâche facile, c’est pourquoi il prie le Père qui enverra un « autre Défenseur » qui sera pour toujours avec ses amis. Pourquoi un Défenseur ? Pour nous défendre contre qui ou contre quoi ?

 

Si Jésus parle d’un autre Défenseur, c’est parce qu’il est Lui-même le premier qui a pris (prend) notre défense. D’ailleurs, par le don de sa vie, il nous a délivrés de la condamnation du péché ; il nous a protégés contre l’Accusateur et il a rejeté celui qui nous accusait jour et nuit devant Dieu (cf. Ap 12, 10). L’autre Défenseur dont parle Jésus, l’Esprit-Saint, continue de nous défendre contre les assauts de l’Ennemi qui s’en prend à ceux et celles qui cherchent à faire la volonté de Dieu. Dans sa première épître, saint Pierre nous met en garde : « Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi » (1P 5, 8-9). Par la puissance de l’Esprit-Saint, Dieu nous garde à l’ombre de ses ailes, dans son amour.

 

L’une des signification du mot ‘‘défendre’’, c’est soutenir une idée ou une cause. Comme le Christ, nous pouvons rencontrer sur notre route des adversaires à cause de notre foi, de la vérité ou du témoignage de l’amour. Ainsi, saint Pierre, dans la deuxième lecture, nous demande de témoigner avec douceur devant les hommes l’espérance qui nous habite en tant que « amis du Christ ». L’Esprit de vérité nous aide à défendre notre conviction dans l’amour sans avoir peur du monde, le Défenseur nous raffermit dans la foi et nous garde dans la fidélité malgré les épreuves et les oppositions.

 

Contre nous-mêmes et nos penchants mauvais, le Défenseur nous défend de nous détourner de la voie du Seigneur pour garder les commandements du Seigneur.  Les tentations ne viennent pas seulement de l’extérieur, parfois cela vient de notre orgueil, de la volonté intérieure  de dominer ou de rabaisser les autres plutôt que les aimer. En effet, le Défenseur fait résonner la Parole du Seigneur dans nos cœurs et nous garde dans la communion d’amour avec Dieu.

 

Ne l’oublions pas ! Nous ne sommes pas orphelins ! Le Christ s’en va nous préparer une place auprès du Père, mais il ne nous laisse pas seuls. Témoignons de l’amour du Christ en gardant ses commandements aux yeux du monde. Que l’Esprit-Saint vienne à notre secours en prenant notre défense.

 

« Marie est puissante : rien n’est capable de lui ravir ce qu’on lui a mis entre les mains ; mettons-nous entre ses mains ; elle nous défendra et nous rendra victorieux de tous nos ennemis. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 222)

 

 

 

Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 5ème dimanche de Pâques- 3 mai 2026-Ekenley

CINQUIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Le chemin de la Vérité et de la Vie

Comme pour préparer le cœur de ses apôtres aux tumultes à venir à cause de son nom, Jésus leur a lancé un appel à la sérénité et la foi en Lui : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » En ce cinquième dimanche de Pâques, Le Christ nous lance ce même appel face à nos nombreuses préoccupations sur le sens de notre vie (Pourquoi je vis ? Ma vie vaut-elle la peine d’être vécue ?), sur la quête du bonheur (Quel chemin prendre pour réussir ma vie ? Que faire pour être heureux ?), sur notre avenir ou notre destination finale (Qu’adviendra-t-il de ma vie après tout ?). Le Christ nous révèle ou nous rappelle aujourd’hui qu’il est le Chemin, la Vérité, la Vie.

 

Ils sont nombreux aujourd’hui à se présenter comme ayant la clé du succès ou de la réussite. Sur les réseaux sociaux, nous pouvons trouver un ‘‘influenceur’’ ou un ‘‘coach’’ qui est capable de nous montrer par où passer pour devenir célèbres, réussir dans l’entrepreneuriat, devenir riches, profiter pleinement de notre vie ou simplement être heureux. Si ces conseils ou ces astuces peuvent déboucher sur de vraies consolations dans notre vie sur terre, ils ne sont que des petits bouts de chemin qui sont limités. D’ailleurs, ce qui correspond à l’un ne correspond pas forcément à l’autre. Ainsi, Jésus nous apprend que le véritable Chemin n’est pas une recette à exécuter, ni une orientation de vie sociale ou politique, ni un parcours professionnel… mais c’est « être avec » ou « marcher avec » Celui qui nous fait entrer dans la Joie, l’Amour, la Paix et la Vie véritable de Dieu, notre Père. Si nous demeurons avec le Christ-Chemin, nous sommes sûrs d’arriver à la Gloire du Père car il nous l’a dit : « … afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. »

 

Marcher avec le Christ est non seulement le Chemin véritable, mais c’est aussi le Chemin de la Vérité. Ici, ce n’est pas simplement une correspondance (adéquation) entre la chose et l’intelligence, mais une Personne. Chercher la Vérité devient chercher à rencontrer et à le connaître. C’est pourquoi Jésus nous dit : « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père ». Ici, connaître ne signifie pas une simple connaissance intellectuelle, mais le résultat d’une rencontre qui nous fait renaître (connaître= naître avec). Saint Paul, qui était un grand savant de la religion juive, allait faire l’expérience de la rencontre avec la Vérité sur le chemin de Damas. Il a découvert que tout ce qu’il savait jusque-là n’était que des discours sur Dieu. Avec cette rencontre, il l’a connu, il est devenu une créature nouvelle dans le Christ et ne pouvait vivre que pour annoncer cette Vérité au monde. Ainsi, nous découvrons que « être dans la Vérité » n’est pas le résultat d’une étude scientifique, mais elle est le fruit d’une rencontre avec Dieu ; donc, en plus de chercher à la comprendre, nous devons y croire, car la Vérité n’est pas seulement discours, mais elle est Œuvre de Salut et de Vie.

 

Ne soyons pas bouleversés ! Ne nous préoccupons pas trop du chemin à prendre pour réussir. Demeurons avec Jésus et marchons avec Lui, il saura transformer nos chemins sur la terre en chemins d’éternité, car il est le Chemin de la Vérité et de la Vie.

 

« Ne vous y trompez pas : depuis qu’il a fallu que la Sagesse incarnée est entrée dans le ciel par la Croix, il est nécessaire d’y entrer après lui par le même chemin. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Eternelle (ASE), 180)

Ac 6, 1-7                              Ps 32 (33)                              1 P 2, 4-9                                   Jn 14, 1-12

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 4ème dimanche de Pâques.26 avril 2026- Ekenley

QUATRIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Ac 2, 14a.36-41                        Ps 22 (23)                        1 P 2, 20b-25                           Jn 10, 1-10

 

Un seul troupeau, à la suite d’un seul Pasteur !

Le quatrième dimanche de Pâque est aussi appelé « Dimanche du Bon Pasteur », c’est aussi la journée mondiale de prière pour les vocations. Les textes soumis à notre méditation renvoient à l’image du Christ Berger de l’humanité qui la conduit sur les sentiers de la vie. Si le Christ se présente comme le « Bon Pasteur », c’est par opposition à ceux qui entrent dans l’enclos des brebis pour piller et tromper plutôt que de prendre soin et sauver. Et nous, nous sommes invités à marcher derrière Celui qui entre par la porte, Celui qui est la porte, Celui qui vient pour nous donner la vie, le Christ ressuscité.

 

Nous avons déjà entendu cette réflexion autour de nous de la part d’un non-croyant : « Je suis le seul maître et gardien de ma vie, donc je n’ai pas besoin d’un quelconque Dieu pour me dire quoi en faire, encore moins d’un pasteur (prêtre). » Cela ressemble un peu aux révoltes courantes de certains adolescents qui, à un certain âge, pense n’avoir plus besoin de l’avis des parents. Mais à bien regarder, sommes-nous vraiment le seul maître de notre vie ? Selon le dessein de Dieu, nous avons été créés libres, mais cette liberté, étant limitée, ne donne pas accès à tout. Déjà, il n’est pas si facile de dominer notre propre corps ou notre propre esprit. Que dire parfois face à nos sentiments ou nos passions ? Que diront certaines personnes qui font face à certaines addictions ou qui ont du mal à prendre le dessus sur un traumatisme du passé ? Cela pourrait nous amener à dire que, quoique libres, nous subissons tous, sous une forme ou une autre, l’influence de notre histoire, de notre culture, des courants idéologiques, de notre entourage ou simplement des « influenceurs » à l’heure où les réseaux sociaux pèsent fort. A la fin, le but n’est pas de chercher à tout contrôler ou à tout dominer, mais c’est de se laisser guider par Celui qui est capable de tout dominer, le Christ Bon Pasteur.

 

Certes, nous pouvons marcher seuls, mais jusqu’où pouvons-nous aller ? Loin du Seigneur, nous pouvons avoir beaucoup de biens, mais ne nous manquerait-il pas quelque chose ? Dieu seul peut combler le vide de notre cœur : « Le Seigneur est mon Berger, rien ne saurait me manquer. » Dieu seul est la source de la vie véritable où le Christ ressuscité nous conduit, car il est lui-même le chemin et la porte qui y donne accès. Le Christ Bon Pasteur ne cherche pas à nous dominer, mais à prendre soin de nous, nous guider, nous rassurer, nous faire revivre et nous faire habiter la maison du Seigneur pour la durée de nos jours (cf. Ps 22). Par amour, il a donné sa vie pour que chacune de ses brebis ait la vie. Et chaque jour, il nous appelle à nous rassembler et à nous unir dans l’amour pour former un seul troupeau autour d’un seul Pasteur.

 

« Je suis votre protection et votre défense, petite Compagnie, vous dit le Père éternel, je vous ai gravé [e] dans mon cœur et écrit[e] en mes mains, pour vous chérir et vous défendre, parce que vous avez mis votre confiance en moi et non dans les hommes, en ma providence et non en l’argent. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Aux Associés de la Compagnie de Marie (ACM), 3)

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 3ème dimanche de Pâques-19 avril 2026-Ekenley

TROISIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

 

Ac 2, 14.22b-33                         Ps 15 (16)                          1 P 1, 17-21                           Lc 24, 13-35

 

Saurons-nous le reconnaître ?

L’épisode des disciples d’Emmaüs que nous lisons dans l’évangile de ce troisième dimanche de Pâques est un texte qui atteste la résurrection du Christ d’une manière importante. Le Christ ressuscité, en se manifestant à ces deux disciples qui ne sont pas nommés par saint Luc, révèle qu’il vient à la rencontre de ceux et celles qui font face à des déceptions dans leur vie, qui ont perdu leur motivation, qui sont désespérés. Cette rencontre nous ouvre les yeux et nous donne des raisons de croire et d’espérer.

 

Emportés par le désespoir et aveuglés par leur grande tristesse, les disciples d’Emmaüs n’ont pas pu reconnaître le Christ du premier regard, cependant ils étaient attentifs à cet ‘‘Inconnu’’. Comment le reconnaîtront-ils ? D’abord, le Christ ressuscité « leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait » ; ensuite, à la fraction du pain, leurs yeux s’ouvrirent, ils le reconnurent. Soulignons en passant que pour reconnaître, il faut d’abord connaître. Donc, ces deux amis ont reconnu le Ressuscité grâce à la Parole de Dieu et le geste du pain ; d’où les deux grandes parties de la messe : la liturgie de la parole et la liturgie eucharistique. Chaque jour, principalement à la messe, l’Église favorise et encourage cette rencontre avec le Christ pour reconnaître qu’il est réellement vivant et présent dans notre vie.

 

L’expérience de la rencontre avec le Ressuscité va bouleverser positivement la vie de ces deux amis. L’ayant reconnu, ils sont déterminés à le faire connaître aux autres. Le texte nous dit qu’ils sont repartis le soir même, ignorant la nuit et la peur. Ils sont passés « d’un cœur lent à croire » à « un cœur brûlant » de la bonne nouvelle de la résurrection. Après avoir fait l’expérience d’une rencontre authentique avec le Christ, nos regards ne peuvent plus être les mêmes, notre compréhension des réalités de ce monde devient différente. Comme les apôtres, portés par le feu de l’évangile, nous ne nous sentons plus seuls, puisqu’il marche avec nous ; nous ne risquons plus de nous égarer, puisqu’il est lui-même le chemin ; nous n’avons plus peur de la nuit, puisqu’il est notre lumière ; nous ne craignons plus la mort, puisqu’il est la résurrection et la vie.

 

Comme les disciples d’Emmaüs, nous rencontrons sur nos routes humaines des situations qui nous accablent et qui nous attristent. Aujourd’hui, le Christ se fait proche de nous en disant : « Pourquoi êtes-vous attristés ? Pourquoi perdez-vous espoir ? N’avez-vous pas écouté ma Parole ? Vous n’êtes pas seuls, je suis avec vous tous les jours, je marche avec vous. »  Le Christ ressuscité est là, présent. Saurons-nous le reconnaître dans notre vie ?

 

 

« La Sagesse ne donne pas seulement à l’homme ses lumières pour connaître la vérité, mais encore une capacité merveilleuse pour la faire connaître aux autres. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 95)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 2ème dimanche de Pâques-12 avril 2026-Ekenley

DEUXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Ac 2, 42-47                         Ps 117 (118)                                1 P 1, 3-9                             Jn 20, 19-31

 

La paix soit avec vous !

Le deuxième dimanche de Pâques, dimanche de la divine miséricorde, nous situe dans la prolongation de la manifestation de la résurrection du Christ. Le Christ ressuscité continue à se montrer à ses amis, les apôtres, comme pour les rassurer après le scandale de sa Passion. C’est fini le temps de la peur, c’est passé le temps des questionnements et des doutes, le Christ annonce son règne d’amour en reprenant à chaque fois cette salutation : « la paix soit avec vous ».

 

Après, l’évènement de la croix, les disciples avaient peur des juifs. S’ils s’en sont pris à la Tête, peut-être en voudraient-ils aux autres membres du corps, pensaient-ils. Le Christ ressuscité va intervenir pour chasser leur peur et dissiper leur doute : « Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux ». C’est comme pour dire que le Christ n’est pas un étranger, il ne vient pas du dehors, il est cet ami intérieur qui est toujours avec nous. En apparaissant, il  prie pour que la paix soit répandue dans le cœur des apôtres et il répand sur eux l’Esprit-Saint en les envoyant en mission. Le Christ le sait bien, l’évangile est une œuvre d’amour et de paix, seul un cœur apaisé peut l’annoncer et le vivre, à l’exemple des premières communautés chrétiennes qui s’unissaient et avaient tout en commun.

 

Thomas, étant absent le jour de la résurrection, avait encore le cœur troublé, il avait du mal à croire que le Christ est vraiment ressuscité. Il voulait ‘‘voir’’ et ‘‘toucher’’. Le Christ ressuscité va se laisser approcher par Thomas, non pas pour le convaincre, mais pour le rassurer : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jn 14, 1). Et Thomas, après avoir mis sa main dans les plaies du Christ, l’a reconnu et a fait un acte de foi remarquable : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Jean a vu le tombeau vide et il a cru (cf Jn 20, 20) ; Thomas a vu le Christ ressuscité, il l’a touché et il a cru. Et nous aujourd’hui, qu’est-ce qui nous permet de croire? Jésus nous répond ainsi : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

 

A vous qui doutez de la résurrection du Christ, qui avez du mal à accueillir le mystère du salut réalisé en Jésus-Christ, qui avez peur d’exprimer votre foi ou d’annoncer l’évangile : Que la paix du Seigneur soit avec vous. En ce deuxième dimanche de Pâques, Jésus nous invite à faire le passage de l’incrédulité à la foi, de la peur à la paix. N’ayons pas peur, faisons confiance à sa divine miséricorde !

 

« La croix est bonne, parce qu’elle est une source abondante de toute sorte de douceurs et de consolations, et qu’elle produit la joie, la paix et la grâce dans l’âme. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 176)

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le dimanche de Pâques-5 avril 2026-Ekenley

DIMANCHE DE PÂQUES : DE LA MORT À LA VIE

Ac 10, 34a.37-43 Ps 117 (118)
Col 3, 1-4 Jn 20, 1-9

« Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! », tel est le refrain du psaume de la liturgie du dimanche de Pâques ! Oui, nous ne pouvons pas ne pas exulter de joie dans le Seigneur, notre Dieu, qui a ressuscité Jésus d’entre les morts après s’être livré sur la croix. Celui qui a été crucifié, puis enseveli le vendredi saint est ressuscité ! Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui est vivant ? Regardez, le tombeau est vide, il n’est plus ici, il est passé de la mort à la vie.

Condamnée à mourir à cause du péché, l’humanité allait vers sa perte. Comme des branches détachées du tronc de l’arbre, nous étions en train de dessécher, plus de sève, plus de vie. L’obéissance du Christ a terrassé la désobéissance première, sa mort a vaincu la mort. Désormais, la multitude est libérée du pouvoir de ‘‘l’Accusateur’’. Grâce à la mort de Celui qui n’a pas connu le péché, la multitude est sauvée ; par sa résurrection, l’humanité rentre dans la vie de Dieu. Caïphe l’avait dit, mais sans trop comprendre : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas » (Jn 11, 50). Il a
fallu attendre le jour de Pâques pour que cette prophétie soit élucidée.

La résurrection du Christ n’est pas un simple évènement du passé, elle a révolutionné le cours de notre histoire. Avec le tombeau ouvert s’ouvre aussi l’avenir de l’humanité. L’accès au Paradis (jardin d’Eden) qui a été fermé après le péché originel (cf. Gn 3, 24) est désormais rouvert et les délices de l’éternité sont accessibles à ceux et celles qui acceptent de faire le passage avec le Christ. La fête de Pâques devient le rappel du passage du Christ de la mort à la vie, mais aussi cette fête est un appel vers ce passage : des ténèbres à la lumière, du mensonge à la vérité, de la violence à la paix, de l’indifférence à l’amour. En un mot, dans le Christ ressuscité, nous sommes appelés à devenir des créatures nouvelles, c’est là notre vocation baptismale.

Il est bon de rappeler que nous sommes en face d’un mystère, le mystère pascal. Pour nous en approcher, nous avons besoin de la foi. Aux apôtres, il a été donné de voir les manifestations de la résurrection du Christ, puis ils ont cru en ce qu’ils ont vu : « Il vit, et il crut. » Mais à nous qui vivons ce mystère aujourd’hui, c’est par notre foi que nous verrons les signes du Christ ressuscité dans notre vie. N’oublions pas les paroles de Jésus à Marthe : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ». Si nous demeurons dans son amour, nous sommes déjà avec lui. Si nous croyons en Jésus-Christ ressuscité, nous avons déjà fait le passage avec lui de la mort à la vie.

Il a fermé les enfers, tirés nos pères des fers,
Ouvert la gloire éternelle, fait la paix universelle.
Enfin, Jésus est vainqueur pour le salut du pécheur.
Chantons tous Alléluia ! Et puis Ave Maria !
(Saint Louis Marie de Montfort, cantique 84, 3)

P. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm – Feu de la Sagesse