Is 7, 10-16 Ps 23 (24) Rm 1, 1-7 Mt 1, 18-24
Viens Emmanuel !
Nous voilà à quelques jours de Noël ! Ce quatrième et dernier dimanche de l’Avent nous met en face de Celui qui vient pour nous sauver. Les quelques précisions historiques que nous rencontrons dans les textes nous prouvent que le « Fils de Marie », fiancée de Joseph, est bien celui que les prophètes ont annoncé pour le salut du peuple de Dieu. La prophétie d’Isaïe s’accomplit pleinement en Marie : «Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous) ». Le Messie tant attendu est déjà venu, il vient chaque jour pour être avec nous et marcher avec nous sur nos routes humaines, il reviendra dans la gloire. Savons-nous le reconnaître dans notre vie? Saurons-nous l’accueillir à son retour glorieux ?
Pendant longtemps, les juifs attendaientt la venue du sauveur. Ils ne savaient ni quand ni comment cela allait arriver, c’est pourquoi ils étaient à l’affût d’un ‘‘signe’’. Un signe pour assouvir leur curiosité ? Un signe pour apaiser leur incrédulité ? Un signe pour ouvrir leurs yeux ? De toute façon, le signe qui sera donné va encore bouleverser leur attente : « voici la vierge est enceinte ». Eux qui priaient pendant longtemps: « Cieux, distillez d’en haut votre rosée, que, des nuages, pleuve la justice, que la terre s’ouvre, produise le salut, et qu’alors germe aussi la justice » (Is 45, 8), eux qui s’attendaient à un sauveur puissant venu de nulle part pour tout renverser. Voilà qu’on annonce une jeune vierge inconnue qui doit enfanter. Alors qu’ils attendaient un Dieu au-dessus de tout, on annonce un Dieu-avec-nous. Incompréhensible !
Si loin de nous que notre Dieu puisse être par rapport à sa Majesté et sa Grandeur, il a voulu se faire si proche dans le mystère de l’Incarnation. Lui, le maître de l’histoire, a voulu entrer dans notre histoire en s’insérant dans une généalogie humaine. Lui, le Verbe de Dieu par qui le monde a été créé et porté depuis toujours (cf. Jn 1), se laisse porter par une jeune femme. Lui qui a la condition de Dieu, il s’est anéanti (cf. Ph 2) ; de son rang de Dieu, il a choisi de prendre chair de notre chair pour habiter parmi nous. Et, en se faisant homme, le Fils de Dieu épouse pleinement la condition humaine à l’exception du péché. Il embrasse notre fragilité puisqu’il vient dans le monde en tant qu’un petit enfant ; il sera bercé et nourri par une mère (Marie) et un père (Joseph). Il vient pour éprouver nos joies, nos peines ; il vient pour pleurer d’amour devant nos misères (la mort de Lazare) ; il vient pour souffrir avec nous ; il vient, notre Jésus (Dieu sauve), pour nous libérer des entraves du péché; il vient pour donner sa vie pour nous afin que nous puissions retrouver la vie de Dieu ; il vient pour être avec nous dans le temps présent afin que nous puissions être avec lui dans l’éternité.
Sans doute, comme les juifs, nous sommes en attente du salut. Peut-être que, nous aussi, nous sommes en quête d’un signe. Mais en guise de signe, il ne nous est donné que ce petit enfant qui vient, doux et humble de cœur. Notre salut viendra du Fils de Dieu né d’une femme pour être avec nous. Ne cherchons pas ailleurs ! Ouvrons notre cœur et laissons Dieu habiter en nous, parmi nous. Viens Emmanuel !
« Quand cette Sagesse incarnée et glorieuse a apparu à ses amis, elle leur a apparu non d’une manière tonnante et foudroyante, mais d’une manière douce et bénigne… La Sagesse n’est apparue autrement que sous la forme d’un doux et bel enfant. »
(Père de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 128)
Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm