VINGT-SEPTIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A
Is 5, 1-7 Ps 79 (80) Ph 4, 6-9 Mt 21, 33-43
Produire des fruits dignes du Seigneur
Dans la lignée des deux dimanches précédents, Jésus s’indigne devant le refus de croire de ses contemporains, en particulier les grands prêtres et les anciens. La promesse qu’ils ont annoncée s’accomplit devant leurs yeux, mais ils ne l’ont pas reconnue ; le Verbe de Dieu qu’ils espéraient était au milieu d’eux, mais ils ne l’ont par reçu , ils ont fermé leur cœur à la Lumière (cf Jn 1, 10-11). En s’inspirant du chant de la vigne d’Isaïe, Jésus utilise la parabole des vignerons homicides pour alerter ses interlocuteurs. La réaction de Jésus paraît sévère : «Le royaume de Dieu vous sera enlevé. » Jésus serait-il un prophète de malheur ? Priverait-il de salut ceux pour qui il est venu dans le monde ?
Pour comprendre le mouvement de Jésus, prenons l’exemple d’une mère qui avait un garçon qui aimait sortir faire la fête et rentrer tard le soir en conduisant en état d’ivresse. La maman a beau lui parler du danger qu’il court, mais le garçon refusa d’écouter. Puis un jour la maman dit à son fils : “Mon garçon, si tu continues à te comporter ainsi, à conduire en état d’ivresse, tu finiras par avoir un accident sur la route un jour.” Cette parole de la mère n’est pas une menace ; ce n’est pas non plus un souhait. C’est un cri d’amour. Elle souffre pour son garçon qui est inconscient de ses négligences. Elle n’en peut plus. Donc elle lance une ultime alerte, un SOS ; peut-être que son garçon prendra enfin conscience, peut-être qu’il reviendra à la raison. Ces cris de détresse sont communs chez plusieurs prophètes dans la bible dont Jérémie qui, souffrant de voir Israël qu’il aima tant s’égarer dans l’idolâtrie, le mensonge et l’injustice, prophétisa le déclin du peuple choisi (Jr 16, 3). Jésus utilise cette pédagogie de mise en garde afin d’insister sur la nécessité d’accueillir la bonne nouvelle de paix et d’amour.
Il y a un élément important à souligner, que ce soit dans la première lecture ou dans l’Évangile, c’est que le Seigneur nous a préparés. Il nous a mis dans des conditions favorables pour porter des fruits dignes de Lui. Malgré cela, notre refus nous rend stériles. Par amour et avec amour, il insiste en criant : “J’ai semé en vous le germe de ma miséricorde. Qu’attendez-vous pour le faire fructifier ? Si vous ne portez pas des fruits de paix dans le monde, la guerre vous anéantira. Si vous ne portez pas des fruits d’amour, la haine vous détruira… ”
Nous sommes invités à nous enraciner dans le Christ afin de nous nourrir de sa Parole et de ses dispositions intérieures. En suivant l’exhortation de saint Paul dans la deuxième lecture, ouvrons nos cœurs et recherchons ce qui est vrai et juste, ce qui est vertueux et qui plaît est au Seigneur. Ainsi, remplis de sa grâce, nous pourrons porter des fruits dignes de son amour et de sa Vie.
« Vigneron, veux-tu que ta vigne ait abondance de raisin,
et qu’elle ait sans humeur maligne de bon vin ?
Marie a cette grâce insigne dans sa main.
Saint Louis-Marie de Montfort, cantique (Ct) 151, 6.
- Tito, smm
Feu de la Sagesse