3e DIMANCHE DE CARÊME A
Ex 17, 3-7 Ps 94 (95) Rm 5, 1-2.5-8 Jn 4, 5-42
Seigneur, donne-nous de ton eau !
Le troisième dimanche de carême de l’année A nous permet de méditer sur la rencontre de Jésus avec la ‘‘femme samaritaine’’ de l’évangile de saint Jean. D’une part, cette rencontre est surprenante puisqu’à cette époque un juif n’était pas censé fréquenter un samaritain ; d’autre part, elle est merveilleuse puisque c’est la rencontre de deux cœurs assoiffés à la recherche d’être désaltérés.
Dans l’évangile, Jésus est le premier à exprimer sa soif à la samaritaine : « Donnez-moi à boire. » Surprise par la demande de Jésus, cette dernière manifeste un peu de réticence : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » C’est un peu le même questionnement que nous faisons par rapport à Jésus en regardant son abaissement pour venir à notre rencontre. Comment un Dieu si parfait peut-il nous aimer malgré nos imperfections? Nous qui sommes si petits devant sa grandeur, aurait-il besoin de nous ? Nous qui sommes si pauvres devant sa richesse, attendrait-il quelque chose de nous ? Et pourtant, aujourd’hui encore, Jésus frappe à la porte de notre cœur en criant : « J’ai soif. » Comme pour Zachée, il a soif de demeurer chez nous ; il a soif d’être aimé ; il a soif que nous ayons soif de lui ; il a soif de paix dans ce monde bouleversé ; comme il l’a crié sur la croix, il a soif de nous sauver.
« Si tu savais le don de Dieu », répliqua Jésus à la Samaritaine. Cette réaction de Jésus va ouvrir les yeux de cette femme, lui faisant prendre conscience de sa grande soif : «Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif… » Elle s’est rendu compte qu’elle avait besoin d’irriguer non seulement son corps, mais surtout son âme altérée et desséchée. Seule l’eau vive promise par Jésus est capable de combler notre soif profonde de vérité et d’éternité. De son cœur transpercé sur la croix, Jésus fera jaillir cette source d’eau vive éternelle pour le salut de tous (cf. Jn 19, 34).
Que nous soyons conscients ou pas, nous avons tous cette soif du Seigneur, notre monde a soif de son amour et de sa paix. Asséchés par la haine et l’orgueil, nos cœurs ont besoin de puiser à la source d’amour du cœur de Jésus. Tournons vers le Seigneur et disons-lui avec le psaume 41 : «Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu. » Seigneur, donne-nous de ton eau aujourd’hui , et qu’elle nous fasse vivre dans l’éternité.
As-tu grand soif ? Viens-t’en donc boire dans la fontaine du Sauveur
Une liqueur toute de gloire, toute de flamme et de ferveur
Ouvre ton cœur, âme très pure, ou plutôt entre dans le mien
abandonne la créature et possède en mon Cœur tout bien.
(Saint Louis-Marie de Montfort, Cantique 42, 24.32)
- Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm
Feu de la Sagesse