Si 15, 15-20 Ps 118 (119) 1 Co 2, 6-10 Mt 5, 17-37
Au-delà de la sagesse du monde !
En ce 6e dimanche ordinaire, Jésus continue à enseigner la foule sur la montagne. Par une série de « Vous avez appris qu’il a été dit… eh bien ! moi, je vous dis… », Jésus vient nous éclairer sur le sens véritable de la Loi. Dans son discours, nous trouvons une nouveauté qui ne consiste pas à ‘‘abolir’’, mais à ‘‘accomplir’’ ; une nouveauté qui ne supprime pas les préceptes anciens, mais qui pousse à aller au-delà de ce qui est prescrit jusqu’à aimer sans mesure.
Dans un premier regard sur l’évangile, nous aurions l’intention de dire que Jésus est très exigeant par rapport à ce qu’il demande. Pourtant, à bien regarder, l’effort supplémentaire que Jésus réclame dans l’observance des commandements n’est pas quantitatif, mais qualitatif. Contrairement à ce que pensent certaines personnes, la Loi de notre Dieu n’est pas une loi pénale, c’est-à-dire qu’elle ne cherche pas à élaborer une liste de choses à faire ou à ne pas faire sous risque de sanction ; elle est un chemin de vie qui conduit à notre propre réalisation en tant qu’enfants de Dieu. Le psalmiste a raison de préciser : « La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples » (Ps 18, 8).
« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre… Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. » En effet, non seulement Jésus nous demande d’éviter le péché, mais aussi ce qui pourrait nous conduire au péché. Ainsi, un meurtre ne commence pas au moment de l’attaque physique, ça commence avec le premier regard de jalousie ou d’envie posé sur l’autre, ça passe par les sentiments de haine qui en découlent et qui amènent à l’acte. Nous pouvons reprendre ce schéma pour tous les manquements à la volonté de Dieu. Cette nouveauté apportée par le Christ nous pousse à aller plus loin que le jugement du monde : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » Cette justice généreuse et désintéressée à laquelle nous appelle Jésus est l’expression de même de l’amour. A chaque fois que nous manquons à l’amour dans notre relation avec le prochain, nous entrons un cycle mortifère progressif ; il n’y a donc que la véritable charité qui puisse nous en libérer à travers le pardon. Ainsi, la Loi du Seigneur doit être accueillie et vécue avec amour et liberté, dans l’amour et la liberté.
Évidemment, il est difficile pour le ‘‘monde’’ de comprendre la logique des commandements de Dieu. Le discours de Jésus avait choqué ces contemporains, son enseignement continue aujourd’hui encore de heurter la sensibilité de ceux et celles qui sont attachés à leurs propres principes. Cependant, à nous qui avons la foi, notre Seigneur nous révèle sa propre sagesse qui va au-delà de la sagesse du monde. Si la Loi du Seigneur nous exige certaines choses ou nous limite, ce n’est que pour mieux nous faire dans la liberté des enfants de Dieu et nous faire grandir dans l’amour.
- Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm
Feu de la Sagesse