TRENTIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A
Ex 22, 20-26 Ps 17 (18) 1 Th 1, 5c-10 Mt 22, 34-40
L’amour ne se paye que par l’amour !
La raison du plus fort est toujours la meilleure, nous dit La Fontaine. Et ce n’est pas la société d’aujourd’hui qui va contredire cette citation. À bien regarder tout ce qui se passe autour de nous, nous voyons bien que c’est la loi du plus fort qui règne ; où les plus forts écrasent les plus faibles, où le plus grand efface le plus petit, où ceux qui se trouvent en haut de l’échelle socio-économique dominent et exploitent ceux d’en bas. C’est la jungle ! Quand le loup regarde l’agneau, il voit une proie. Il ne pense pas au bien-être du pauvre animal, ni même à sa vie. Il pense tout simplement à se nourrir et à se satisfaire. Tout cela est normal ! Cependant, parmi nous les humains, il ne doit pas en être ainsi. La Parole de Dieu de ce trentième dimanche ordinaire nous invite à passer de la loi de la jungle à la loi d’amour du Seigneur.
Dans la première lecture, notre Seigneur mets en garde contre la tentation d’exploiter la vulnérabilité des autres : l’immigré, l’orphelin, la veuve, le pauvre. « Car moi, je suis compatissant », dit le Seigneur. Notre Dieu ne reste pas loin des personnes vulnérables, il s’associe à leurs épreuves et à leur souffrances. En Jésus-Christ, il a vécu pleinement diverses formes de fragilité. Il était à tour de rôle : le petit enfant persécuté par Hérode, l’incompris au milieu des juifs, l’accusé pour avoir prêché la vérité, le condamné pour avoir annoncé le règne de paix et de justice, le crucifié pour sauver le monde. Notre Dieu ne se contente pas de compatir avec les plus petits, il en a fait son visage dans le monde : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).
Pour Jésus dans l’évangile, le plus grand et le premier des commandements, c’est d’aimer Dieu. Plus étrange, Jésus élève l’amour du prochain au même niveau que l’amour de Dieu ; ces deux commandements sont semblables et inséparables. C’est ce que saint Jean essaye de nous faire comprendre : « En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas… Celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère » (1 Jn 4, 20-21). Cet amour ne tient compte ni du nom, ni du visage, mais valorise la dignité de la personne.
Dieu est amour. Ce qu’il est, il nous demande de l’être aussi pour nos frères et sœurs. Désormais, il n’y a qu’une Loi qui compte vraiment, et elle se résume ainsi : aimer Dieu et aimer son prochain. Ne cherchons pas à faire mille sacrifices pour toucher le cœur de notre Seigneur, un seul est nécessaire, celui de l’amour véritable. Nous avons reçu l’amour gratuit de Dieu, aimons en retour ; car l’amour ne se paye que par l’amour.
Pour mon prochain je veux garder
Mes biens et mon corps et mon âme :
Mes biens afin de l’en aider,
Mon cœur pour brûler de sa flamme,
Mes yeux pour m’en laisser charmer,
Tout ce que je suis pour l’aimer.
Saint Louis-Marie de Montfort, cantique (Ct) 14, 54.
- Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm
Feu de la Sagesse