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Auteur/autrice : JosephG

Méditation pour le 3ème dimanche de carême- 8 mars 2026-Ekenley

3e DIMANCHE DE CARÊME A

Ex 17, 3-7                           Ps 94 (95)                                 Rm 5, 1-2.5-8                            Jn 4, 5-42

 

Seigneur, donne-nous de ton eau !

            Le troisième dimanche de carême de l’année A nous permet de méditer sur la rencontre de Jésus avec la ‘‘femme samaritaine’’ de l’évangile de saint Jean. D’une part, cette rencontre est surprenante puisqu’à cette époque un juif n’était pas censé fréquenter un samaritain ; d’autre part, elle est merveilleuse puisque c’est la rencontre de deux cœurs  assoiffés à la recherche d’être désaltérés.

 

Dans l’évangile, Jésus est le premier à exprimer sa soif à la samaritaine : « Donnez-moi à boire. » Surprise par la demande de Jésus, cette dernière manifeste un peu de réticence : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » C’est un peu le même questionnement que nous faisons par rapport à Jésus en regardant son abaissement pour venir à  notre rencontre. Comment un Dieu si parfait peut-il nous aimer malgré nos imperfections? Nous qui sommes si petits devant sa grandeur, aurait-il besoin de nous ? Nous qui sommes si pauvres devant sa richesse, attendrait-il quelque chose de nous ? Et pourtant, aujourd’hui encore, Jésus frappe à la porte de notre cœur en criant : « J’ai soif. » Comme pour Zachée, il a soif de  demeurer chez nous ; il a soif d’être aimé ; il a soif que nous ayons soif de lui ; il a soif de paix dans ce monde bouleversé ; comme il l’a crié sur la croix, il a soif de nous sauver.

 

« Si tu savais le don de Dieu », répliqua Jésus à la Samaritaine. Cette réaction de Jésus va ouvrir les yeux de cette femme, lui faisant prendre conscience de sa grande soif : «Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif… » Elle s’est rendu compte qu’elle avait besoin d’irriguer non seulement son corps, mais surtout son âme altérée et desséchée. Seule l’eau vive promise par Jésus est capable de combler notre soif profonde de vérité et d’éternité. De son cœur transpercé sur la croix, Jésus fera jaillir cette source d’eau vive éternelle pour le salut de tous (cf. Jn 19, 34).

 

Que nous soyons conscients ou pas, nous avons tous cette soif du Seigneur, notre monde a soif de son amour et de sa paix. Asséchés par la haine et l’orgueil, nos cœurs ont besoin de puiser à la source d’amour du cœur de Jésus. Tournons vers le Seigneur et disons-lui avec le psaume 41 : «Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu. » Seigneur, donne-nous de ton eau aujourd’hui , et qu’elle nous fasse vivre dans l’éternité.

 

                        As-tu grand soif ? Viens-t’en donc boire dans la fontaine du Sauveur

                        Une liqueur toute de gloire, toute de flamme et de ferveur

                        Ouvre ton cœur, âme très pure, ou plutôt entre dans le mien

                        abandonne la créature et possède en mon Cœur tout bien.

(Saint Louis-Marie de Montfort, Cantique 42, 24.32)

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 2ème dimanche du carême-1 mars 2026- Ekenley

DEUXIÈME DIMANCHE DE CARÊME A

Gn 12, 1-4a                           Ps 32 (33)                             2 Tm 1, 8b-10                             Mt 17, 1-9

 

Appelés à resplendir comme le Christ !

Le deuxième dimanche de carême nous conduit sur la montagne avec Jésus où, à travers sa Transfiguration, il va révéler la splendeur de son Père et où le Père va se manifester dans la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! ». L’entretien de Jésus avec Moïse et Élie dans l’épisode de la Transfiguration est une révélation très significative pour nous aujourd’hui. Avec tout ce que la Bible nous a enseigné sur Jésus, il n’y aurait rien de surprenant dans cette scène, lui qui est « splendeur du sein de Dieu », « Lumière née de la Lumière » ; cependant la participation de Moïse et d’Élie nous fait découvrir que Dieu appelle tous ses serviteurs à sa clarté.

 

La vocation d’Abraham, décrite dans la première lecture, présente un Dieu qui entre dans l’histoire de l’humanité en vue de nous faire participer à sa propre vie. Par le « Quitte ton pays » que le Seigneur a édicté, Abraham est lancé dans un vaste mouvement de libération et de salut, et nous (ses descendants dans la foi) avec lui. Étant bien installé dans son pays, nous pouvons imaginer que ce n’était pas évident pour Abraham de tout quitter. Et pourtant, c’est exactement ce que Dieu continue à nous demander aujourd’hui : « Quittez vos zones de confort, quittez vos anciennes manières, quittez les activités des ténèbres et marchez sur le chemin que je vous indique ». Consciente de ce mouvement constant, l’église se définit comme un peuple en quête et en marche. Contrairement à Abraham qui marchait vers l’inconnu, nous sommes guidés par le visage rayonnant d’un Dieu qui nous aime et nous marchons vers la Lumière éternelle.

 

Sur la montagne, Jésus fut transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, « son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière ». La Transfiguration de Jésus annonce déjà la gloire à laquelle il veut nous faire participer tous : « Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. » Cette grâce qui était jusque-là cachée est devenue visible en Jésus-Christ, il l’a manifestée aux yeux du monde en faisant resplendir la vie du Père. C’est cette œuvre merveilleuse que nous célébrons chaque jour dans l’eucharistie et nous le chantons dans la première préface des dimanches du temps ordinaire : « Nous étions esclaves de la mort et du péché, et nous sommes appelés à partager la gloire du Christ ; nous pouvons annoncer au monde les merveilles que Dieu (tu) as accomplies, lui (toi) qui nous appelle des ténèbres à son (ton) admirable lumière. »

 

Il est vrai que ce que nous sommes appelés à être n’a pas encore été manifesté pleinement (cf 1 Jn 3, 2), mais nous pouvons déjà entrer dans le mouvement du salut en cherchant à nous revêtir du Christ (cf Rm 13, 14). Laissons-nous transfigurer par le Christ et que son amour resplendisse sur nos visages.

 

« Ce très aimable Sauveur (Jésus-Christ) a un visage si doux et si débonnaire qu’il charmait les yeux et les cœurs de ceux qui le voyaient. »

(Saint Louis Marie de Montfort, Amour de la Sagesse éternelle (ASE), 121)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 1er dimanche de Carême. 22 février 2026-Ekenley

Gn 2, 7-9 ; 3, 1-7a                     Ps 50 (51)                          Rm 5, 12-19                              Mt 4, 1-11

 

Prenons le chemin du désert avec le Christ !

 

            Chaque année, sous l’impulsion de l’Esprit-Saint, l’Église nous donne de revivre le mystère de notre rédemption, mystère de la mort et de la résurrection du Fils de Dieu pour le salut de tous. Le temps de carême vient nous aider à nous préparer aux fêtes pascales, ce passage à la vie nouvelle en Jésus-Christ, comme les quarante ans d’Israël au désert en marche vers la terre promise ou les quarante jours du Christ au désert en marche vers l’accomplissement de notre délivrance. La liturgie du premier dimanche de carême nous rappelle que le désert est certes un lieu de manques, d’épreuves et de tentations, mais c’est le véritable chemin qui mène au salut.

 

Dans la première lecture, séduit par le serpent, l’homme et la femme succombent à la tentation et touchent au fruit défendu. C’est en voulant tout avoir qu’ils vont tout perdre, ils se rendront alors compte de leur nudité. Ce récit du livre de la genèse n’est pas une histoire dans le passé, c’est l’histoire de chaque être humain qui est constamment séduit et attiré par les réalités de ce monde risquant de l’éloigner du chemin de Dieu.

 

Le Fils bien-aimé du Père, en s’incarnant dans le monde, a embrassé nos manques afin de verser l’abondance de sa grâce en nos cœurs. Par son obéissance au Père, il a effacé les marques de la désobéissance originelle ; par son triomphe sur le tentateur, il a vaincu le péché : « En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste. » Dans le désert, Celui qui a tout, Celui par qui tout est venu à l’existence a expérimenté le manque ; un manque qu’il n’a pas subi, mais assumé. Il savait qu’il est venu dans le monde pour ‘‘tout donner’’, il a accepté ainsi de tout manquer ici-bas sinon que sa communion avec son Père. C’est comme pour nous dire aujourd’hui que si nous voulons tout recevoir, nous devons accepter parfois de ‘‘tout manquer dans ce monde’’ sinon que Dieu seul. D’ailleurs, comme nous le rappelle le psaume 22, Dieu est notre Berger, avec lui nous ne manquons de rien.

 

Jésus a été tenté au désert après quarante jours de jeûne et de prière. Peut-être que nous nous demandons pourquoi la prière n’a pas éloigné de lui le tentateur ? Peut-être que nous avons une fois pensé que ce sont ceux qui ne prient pas qui sont exposés à la tentation.  La prière ne comble  pas malheureusement tous les manques dans ce monde, elle attire simplement le don de Dieu dans notre vie ; elle ne nous garantit pas une vie sans épreuves, mais elle nous aide à les surmonter ; elle ne nous met pas totalement à l’abri des tentations, mais elle nous permet de les vaincre par la puissance de Dieu. N’attendons pas ! C’est le moment. Prenons le chemin du désert avec Jésus, car « si nous supportons l’épreuve avec lui, avec lui nous règnerons » (2Tm 2, 12). Par delà le désert, une joie sans fin nous attend.

 

            « Je sens en moi cette chair révoltée qui me livre tous les jours des combats

            Où ma pauvre âme est presque surmontée, sur le point de céder à ses appâts.

            Ah ! Que ferait ce pauvre ver de terre qui n’est, de soi, que crime et néant,

            S’il n’avait pas, en cette horrible guerre, ô mon Jésus, votre bras tout-puissant ! »

(St Louis-Marie de Montfort, cantique 114, 12-13)

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 6ème dimanche du temps ordinaire- 15 février-Ekenley

Si 15, 15-20                        Ps 118 (119)                               1 Co 2, 6-10                          Mt 5, 17-37

 

Au-delà de la sagesse du monde !

 

            En ce 6e dimanche ordinaire, Jésus continue à enseigner la foule sur la montagne. Par une série de « Vous avez appris qu’il a été dit… eh bien ! moi, je vous dis… », Jésus vient nous éclairer                                                                                                                                                                                 sur le sens véritable de la Loi. Dans son discours, nous trouvons une nouveauté qui ne consiste pas à ‘‘abolir’’, mais à ‘‘accomplir’’ ; une nouveauté qui ne supprime pas les préceptes anciens, mais qui pousse à aller au-delà de ce qui est prescrit jusqu’à aimer sans mesure.

 

Dans un premier regard sur l’évangile, nous aurions l’intention de dire que Jésus est très exigeant par rapport à ce qu’il demande. Pourtant, à bien regarder, l’effort supplémentaire que Jésus réclame dans l’observance des commandements n’est pas quantitatif, mais qualitatif. Contrairement à ce que pensent certaines personnes, la Loi de notre Dieu n’est pas une loi pénale, c’est-à-dire qu’elle ne cherche pas à élaborer une liste de choses à faire ou à ne pas faire sous risque de sanction ; elle est un chemin de vie qui conduit à notre propre réalisation en tant qu’enfants de Dieu. Le psalmiste a raison de préciser : « La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples » (Ps 18, 8).

 

« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre… Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. » En effet, non seulement Jésus nous demande d’éviter le péché, mais aussi ce qui pourrait nous conduire au péché. Ainsi, un meurtre ne commence pas au moment de l’attaque physique, ça commence avec le premier regard de jalousie ou d’envie posé sur l’autre, ça passe par les sentiments de haine qui en découlent et qui amènent à l’acte. Nous pouvons reprendre ce schéma pour tous les manquements à la volonté de Dieu. Cette nouveauté apportée par le Christ nous pousse à aller plus loin que le jugement du monde : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » Cette justice généreuse et désintéressée à laquelle nous appelle Jésus est l’expression de même de l’amour. A chaque fois que nous manquons à l’amour dans notre relation avec le prochain, nous entrons un cycle mortifère progressif ; il n’y a donc que la véritable charité qui puisse nous en libérer à travers le pardon. Ainsi, la Loi du Seigneur doit être accueillie et vécue avec amour et liberté, dans l’amour et la liberté.

 

Évidemment, il est difficile pour le ‘‘monde’’ de comprendre la logique des commandements de Dieu. Le discours de Jésus avait choqué ces contemporains, son enseignement continue aujourd’hui encore de heurter la sensibilité de ceux et celles qui sont attachés à leurs propres principes. Cependant, à nous qui avons la foi, notre Seigneur nous révèle sa propre sagesse qui va au-delà de la sagesse du monde. Si la Loi du Seigneur nous exige certaines choses ou nous limite, ce n’est que pour mieux nous faire dans la liberté des enfants de Dieu et nous faire grandir dans l’amour.

 

 

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 4ème dimanche du TO-1er février 2026-Ekenley

So 2, 3 ; 3, 12-13                  Ps 145 (146)                         1 Co 1, 26-31                         Mt 5, 1-12a

 

Sur le chemin du bonheur éternel !

Combien de fois faisons-nous ou entendons-nous autour de nous des réflexions comme : si j’arrive à avoir telle somme d’argent, si j’obtiens ce poste au travail, si je réussis cette épreuve, quand je me marierai, quand j’aurai des enfants, quand je serai à la retraite, quand j’aurai fini avec ma chimiothérapie… je serai heureux ? Et puis le temps passe, nous faisons des expériences de joies immenses, de grandes consolations, d’apaisements indescriptibles, mais toujours avec la sensation qu’il manque quelque chose à ces fragments de « bonheur » trop approximatifs et trop éphémères. Puisque ce monde tel que nous la connaissons passe, ainsi que tout ce qu’il renferme, la plénitude du bonheur ne s’y trouverait donc pas, elle se trouve en Dieu, Source éternelle de tout bien. En ce quatrième dimanche du temps ordinaire, à travers les béatitudes, Jésus nous appelle à « son bonheur », il nous invite à vivre aujourd’hui en préparant notre avenir, à investir le temporel en vue de l’éternité.

 

Dans la formulation de chaque béatitude : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. », nous trouvons deux parties. La partie qui vient après le ‘‘Heureux’’, c’est l’attitude à adopter aujourd’hui dans notre vie pour accueillir le bonheur. La partie qui vient après le ‘‘car’’ est la promesse du bonheur véritable faite par le Seigneur dans l’éternité. Nous pouvons dire en d’autres termes que le royaume des cieux, lieu où se vit la plénitude du bonheur, est donné à ceux et celles qui sont affamés et assoiffés de justice, aux doux, aux cœurs purs, aux miséricordieux, à ceux qui travaillent pour la paix et surtout à ceux et celles qui ont un cœur pauvre devant le Seigneur. La pauvreté de cœur, c’est reconnaître qu’aucun bien temporel ne peut combler le cœur de l’humain. Ainsi, le pauvre de cœur garde son cœur libre de toute attache matérielle et passagère pour que Dieu puisse le remplir de ces dons spirituels. C’est à cette simplicité de cœur que saint Paul nous invite : « Que ceux qui pleurent soient comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui ont de la joie, comme s’ils n’en avaient pas, ceux qui profitent de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas vraiment. Car il passe, ce monde tel que nous le voyons » (1 Co 7, 30-31).

 

Cet appel de Jésus peut paraître étrange aujourd’hui dans une situation où tout le monde veut devenir le plus puissant, le plus riche, le plus fort etc. Cependant, cela ne devrait pas nous effrayer, car « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ». N’ayons peur de rien ! Le bonheur ne se trouve ni dans les richesses, ni dans la puissance, ni dans les armes ; il est un don de Dieu offert à ceux et celles qui le désirent avec un cœur simple. Répondant à l’appel du Christ, marchons sur le chemin du bonheur éternel.

 

« La Sagesse Éternelle appelle les hommes pour leur apprendre les moyens d’être heureux ; elle les cherche, elle leur sourit ; elle les comble de mille bienfaits… »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 5)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

 

méditation pour le cinquième dimanche du temps ordinaire de l’année – 8 février 2026- Ekenley

Is 58, 7-10                            Ps 111 (112)                              1 Co 2, 1-5                        Mt 5, 13-16

 

Que notre lumière brille !

            En ce cinquième dimanche du temps ordinaire de l’année A, l’Église continue à méditer sur le ‘‘Sermon sur la montagne’’ de Jésus. Après les béatitudes, Jésus vient nous rappeler notre rôle dans le monde d’aujourd’hui : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde». Ces propos peuvent avoir l’air étonnant, surtout venant de Jésus, lui qui sait bien tout ce qui se cache au fond de l’humain. Nous avons envie de dire que Jésus voit en nous ce que nous-même ne voyons pas. Par sa Parole, il nous aide à nous découvrir pour que nous puissions briller aux yeux du monde.

 

Il n’est pas difficile de constater que le monde sombre petit à petit dans le noir, les cœurs s’obscurcissent et les yeux ne voient plus où aller ; alors que nous sommes censés vivre dans un monde de ‘‘stars’’. Une bonne partie de la population mondiale est atteinte du complexe d’Erostrate (vouloir devenir célèbre à tout prix), beaucoup sont prêts à faire des folies pour ‘‘briller’’ par leurs richesses, leurs physiques, les marques de vêtements ou de voiture etc. Sur les réseaux sociaux, nous sommes témoins d’un dangereux culte de la célébrité ; au lieu d’éclairer ou d’être éclairés, nous éblouissons ou nous sommes éblouis (dans le sens de séduire par un éclat trompeur). Comment briller alors ? Où puiser notre lumière ?

 

Jésus-Christ, le Verbe de Dieu, est venu pour éclairer nos pas et nous conduire sur le chemin de la vraie vie : « Moi, je suis la lumière du monde » (Jn 8, 12). Tout le monde n’a pas accueilli cette lumière, certains ont préféré demeurer dans les ténèbres de leurs illusions. Mais ceux qui ont accueilli cette lumière deviennent eux-même ‘‘lumière du monde’’.  Ayant reçu notre lumière du Christ, nous sommes appelés à briller dans le monde, non pas à la manière du monde mais à la manière du Christ. La première lecture du livre d’Isaïe nous guide en ce sens : «   Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable… alors ta lumière jaillira comme l’aurore…et ton obscurité sera lumière de midi. »

 

Enfin, nous comprenons que cette lumière dont parle Jésus est une lumière qui part de l’intérieur et qui éclaire d’abord les cœurs. Les yeux du monde ne la voient pas toujours, pourtant cette lumière brille par sa douceur et sa tendresse ; elle brille par un regard d’amour, un geste de miséricorde et de paix, un sourire sincère… Au milieu des ténèbres, Jésus nous demande de briller par notre foi, notre espérance et surtout par notre charité. Qu’en réunissant chaque petite flamme d’amour de nos cœurs, nous formions un faisceau qui éclaire le monde.

 

 

     Viens à mon Cœur, âme fidèle, veux-tu m’abandonner aussi ?

     Viens boire à la source éternelle que rejette un cœur endurci.

     Âme, au-tu besoin de lumière ? Mon Cœur est un soleil divin

     Où tout âme la plus grossière verra claire comme un chérubin.

(Saint Louis-Marie de Montfort, cantique 42, 17-18)

 

 

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation sur les lectures du 3ème dimanche du temps ordinaire-25 janvier 2026-Ekenley

Is 8, 23b – 9, 3                           Ps 26 (27)                         1 Co 1, 10-13.17                      Mt 4, 12-23

 

Une lampe sur ma route !

Le troisième dimanche du temps ordinaire est désigné par le pape François en 2019 « dimanche de la Parole ». Ce dimanche vient nous rappeler le rôle capital de la Parole de Dieu dans la vie du chrétien en particulier et du peuple de Dieu en général. Étant un Père qui affectionne ses enfants, Dieu nous communique son amour et sa grâce par  sa Parole ; dès le début de la révélation, il nous demande, pour faire route avec lui, d’accueillir cette Parole : « Écoute, Israël !». C’est par sa Parole que Dieu a créé le monde et c’est par sa Parole qu’il l’a sauvé. Nous inspirant des textes liturgiques de ce dimanche, nous pouvons relever deux caractéristiques (parmi tant d’autres) de la Parole de Dieu : c’est une Parole qui transforme, c’est une Parole qui éclaire.

 

Comme la pluie pénètre le sol et l’abreuve, la Parole de Dieu agit dans le cœur de celui ou celle qui l’écoute et qui la met en pratique : «…ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission » (Is 55, 11). Dans l’évangile, Jésus appelle à la conversion ; cette conversion n’est possible que dans l’accueil de la Parole. Celui ou celle qui rencontre Jésus, le Verbe incarné de Dieu, et qui marche dans sa voie ne peut plus être la même personne qu’avant ; docile à la douce voix du Christ, il entre dans une démarche de conversion permanente et son cœur se renouvelle au quotidien par les délices de cette Parole. Dieu ne nous parle pas au passé (même si la Bible rapporte des évènements du passé), sa Parole est vivante et efficace, elle frappe à la porte de notre cœur aujourd’hui pour le transformer.

 

Dans le livre d’Isaïe, nous pouvons lire : « Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée », cette lumière est le Verbe de Dieu qui s’est fait chair dans notre monde et qui a habité parmi nous. Ne connaissant pas le chemin, aveuglés par nos penchants mauvais, nous avons besoin d’être guidés. Jésus nous dit qu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14, 6), donc sa Parole nous éclaire et nous conduit sur ce chemin de vie et de vérité. Quand tout paraît obscur, quand des obstacles se dressent en face de nous, quand nous ne voyons plus où mettre les pieds, la bonne Parole suffit pour faire jaillir la lumière et frayer un chemin de délivrance.

 

Aujourd’hui, si nous entendons la voix du Seigneur, ne fermons notre cœur. Comme Pierre, André, Jacques et Jean,  laissons cette Parole bouleverser notre vie au point de vouloir tout laisser pour marcher sur de nouveaux sentiers, guidés par la lumière de l’évangile.

 

 

« Comme la divine Sagesse est parole dans l’éternité et dans le temps, elle a toujours parlé, et sur sa parole tout a été fait et tout a été réparé. Elle a parlé par les prophètes, par les apôtres, et elle parlera jusqu’à la fin des siècles par la bouche de ceux à qui elle se donnera. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse éternelle (ASE), 95)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 18 janvier 2026-2ème dimanche du temps ordinaire- Ekenley

Is 49, 3.5-6                              Ps 39 (40)                                  1 Co 1, 1-3                          Jn 1, 29-34

 

J’ai vu, et je rends témoignage !

Après son baptême et son expérience au désert, un Jésus peu connu commence son ministère public. Sa mission est bien définie par son Père, mais reste jusque-là cachée des hommes et des femmes de son temps. Jean-Baptiste est le premier qui, par son témoignage, va révéler Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». À présent, nous pouvons nous demander pourquoi Jésus, le Révélateur du mystère du Père, devait être révélé par quelqu’un d’autre ? Nous sommes tous d’accord que les signes accomplis par Jésus était suffisants pour révéler qui il est ; cependant, telle est la volonté de Dieu, il a voulu que nous participions à notre propre salut, il désire encore aujourd’hui que l’humain participe au bonheur de l’humanité.

 

En Jésus-Christ, Dieu a fait parvenir son salut aux extrémités de la terre. Pétri de l’amour de son Père, le Christ a pris sur lui la faute de la multitude ; par son obéissance suprême, il a libéré toute la race humaine de la désobéissance originelle. Il a dit : « Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté », sachant que la volonté du Père est qu’aucun de ces enfants ne soit perdu, mais qu’ils soient tous sauvés (cf. Jn 6, 39.40). Ce salut est-il accueilli à sa juste valeur ? Si la personnalité de Jésus est très connue à travers l’histoire, le mystère du salut accompli par le Christ reste à découvrir pour plus d’un : « Il était dans le monde… mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1, 10-11). Donc, il y a une nécessité pressante d’annoncer l’œuvre du salut de notre Dieu, un besoin de témoignage.  Mais qui va témoigner ? Comment ?

 

Le témoignage de Jean-Baptiste est fondé sur une expérience particulière avec Jésus.  D’abord, à deux reprises dans l’évangile, il avoue n’avoir pas connu Jésus au préalable. Quelque chose allait le bouleverser au point de ne plus pouvoir se taire, il a vu l’Esprit-Saint descendre sur le Christ : « J’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. ». Comme quoi, nous ne pouvons pas annoncer ce que nous ne connaissons pas, nous ne pouvons pas témoigner ce que nous n’avons pas expérimenté.

 

Et nous qui avons vu la gloire de Dieu dans notre vie ? Et nous qui avons accueilli son salut par notre baptême ? Et nous qui rencontrons le Christ quotidiennement dans le mystère de son corps et de son sang ? N’ayons pas peur de devenir des témoins de son amour dans le monde. Que nous devenions à notre tour, avec la grâce de notre Seigneur, lumière pour les nations. Que, comme Jean-Baptiste, toutes nos paroles et toutes nos actions favorisent que le Christ soit manifesté à tous.

 

 

« C’en est fait, je cours par le monde,

J’ai pris une humeur vagabonde

pour sauver mon pauvre prochain. »

 

 « Je suis prêt, ô Jésus mon Maître

De prêcher partout, de paraître,

Soutenu de votre vertu,

Faites de moi votre missionnaire. »

   (Père de Montfort, cantique 22, 1.31)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

 

 

Méditation pour le dimanche du baptême du Seigneur – 11 janvier 2026-Ekenley

Is 42, 1-4.6-7                            Ps 28 (29)                             Ac 10, 34-38                         Mt 3, 13-17

 

Fils dans le Fils !

Ce dimanche, nous célébrons le baptême de notre Seigneur Jésus-Christ. Avec cette fête, le temps de Noël touche à son terme et nous entrons dans le temps ordinaire de l’année A. Beaucoup d’entre nous peuvent se demander pourquoi Jésus a accepté de recevoir le baptême de Jean (un baptême de repentance), lui qui n’a pas connu de péchés et qui est Dieu ? Jean-Baptiste avait la même préoccupation que nous puisqu’il a voulu en empêcher Jésus :« C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ». Mais Jésus a insisté en disant : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice ». Par ce geste, Jésus a voulu s’identifier aux pécheurs en vue de sauver tous les pécheurs ; pour nous élever jusqu’à lui, il a voulu s’abaisser jusqu’à nous. Merveilleuse humilité de Dieu !

 

Si aujourd’hui, appeler Dieu ‘‘Père’’ devient quelque chose de ‘courant’ ou de ‘normal’, cela n’a pas toujours été le cas. Dans l’Ancien Testament, la paternité divine était voilée, personne n’a osé appeler Dieu son Père, sinon que l’ensemble du peuple d’Israël qui était considéré comme le fils de Dieu : « Mon fils premier-né, c’est Israël » (Ex 4, 23). Avant Jésus-Christ, tous ceux et toutes celles qui ont marché dans les voies du Seigneur sont appelés ‘‘serviteur du Seigneur’’ ; c’est pourquoi le livre d’Isaïe développe les chants du serviteur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur ». Mais en Jésus-Christ, Dieu va révéler lui-même sa paternité divine : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Le Fils devient serviteur ; étant Fils depuis toute éternité, il s’est anéanti en prenant la condition du serviteur (cf. Ph 2, 7), permettant ainsi aux serviteurs de devenir des fils.

 

Jésus ne retient rien pour lui. En tant que ‘‘Fils bien-aimé’’, il partage avec nous tout l’amour qu’il reçoit de son ‘‘Père’’ : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15). Ainsi, grâce à Jésus, nous pouvons appeler Dieu ‘‘Père’’, ‘‘notre Père’’. Jésus va au-delà d’une simple fraternité humaine, car on peut être frères sans s’aimer véritablement (l’image de Caïn et Abel) ; en utilisant le mot ‘‘amis’’, il désigne ceux et celles qu’il aime et qui l’aiment et qu’il fait entrer dans la communion d’amour avec son ‘‘Père’’, ‘‘notre Père’’.

 

Le baptême de Jésus nous rappelle que Dieu est ‘‘Père’’ et qu’en Jésus-Christ, son Fils, nous devenons à notre tour des fils et des filles bien-aimés : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes » (1 Jn 3, 1). Depuis notre propre baptême, nous sommes entrés dans cette grande famille des enfants de Dieu, enfants de la Lumière, de la Vérité et de l’Amour. En sommes-nous conscients ?

 

« Dieu le Père a communiqué à Marie sa fécondité autant qu’une pure créature en était capable, pour lui donner le pouvoir de produire son Fils et tous les membres de son corps         mystique. »      (Père de Montfort, Traité de la vraie dévotion (VD), 17)

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

 

 

Méditation sur les textes de l’Épiphanie-4 janvier 2026-Ekenley

Is 60, 1-6                              Ps 71 (72)                                 Ep 3, 2-3a.5-6                         Mt 2, 1-12

 

Vers un nouveau chemin !

Ce dimanche, nous célébrons la solennité de l’épiphanie du Seigneur, manifestation du Dieu-Lumière à toutes les nations. La révélation de l’Enfant-Dieu au monde ouvre une nouvelle ère dans l’existence humaine. Au peuple qui trébuchait dans la longue nuit, le prophète envoie ce message : « Debout, resplendis ! ». Mais comment resplendir ? Où puiser cette lumière ? Par le mystère de l’incarnation,  la lumière du Christ s’est levée sur le monde. Et ceux et celles qui accueillent cette lumière sont appelés à briller à leur tour.

 

La révélation de Dieu en Jésus-Christ s’offre à toutes les nations. Ce qui était jadis caché s’est présenté à tous : «  Par révélation, il m’a fait connaître le mystère ». C’est ce qui est arrivé aux mages, des ‘‘extrémités de la terre’’, ils ont vu l’étoile « du roi qui vient de naître ». L’’invisible devient visible et le salut arrive pour tous. Ainsi, « toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus ». C’est la portée universelle du salut en Jésus-Christ, Dieu vient pour réunir son peuple. De toutes les langues, de toutes les couleurs, de toutes les cultures, il en a fait un seul peuple, le peuple des rachetés, sauvé par le Christ.

 

Guidés par l’étoile, les mages sont arrivés jusque dans l’étable pour adorer le Dieu Sauveur (Jésus). Les présents qu’ils offrent reflètent le don de leur propre personne au Seigneur en reconnaissant la dignité, la royauté et la divinité de l’Enfant-Jésus. En se prosternant devant lui, ils l’accueillent comme leur lumière, leur guide  et leur rédempteur. Bien qu’Hérode ait voulu se placer entre eux et le Christ par sa malice, ils n’ont pas détourné leur regard de l’étoile. Aujourd’hui, le Christ continue de se manifester à nous, sa lumière continue de resplendir dans les ténèbres de notre monde. Cependant, nos yeux n’arrivent pas toujours à percevoir cette clarté ou du moins nos cœurs n’acceptent pas de la suivre. L’étoile continue de scintiller dans le ciel de notre nuit, saurons-nous nous laisser guider par elle aujourd’hui ? Combien ‘‘d’Hérode’’ cherchent encore à éteindre cette clarté ou à servir d’obstacles à cette lumière, saurons-nous garder notre marche vers la lumière ?

 

Comme les mages, Dieu nous fait signe aujourd’hui. Sa gloire se manifeste dans l’Enfant de Bethléem. Allons à la rencontre de la Lumière. Laissons derrière nous les œuvres des ténèbres. Regardons les mages, après avoir rencontré le Christ-Lumière, ils ne sont pas revenus par les chemins du passé : « avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin ». Comme eux, en cette nouvelle année, laissons-nous guider par l’étoile du Christ, et marchons vers de nouveaux chemins de Paix, de Justice, d’Amour, de Vie et d’Éternité.

 

O Grands rois, voyez-vous un bel astre des cieux ? Qu’il est nouveau, qu’il est mystérieux !

            Il avertit qu’un Sauveur vient de naître, Allons, allons adorer ce grand Maître.  

            En vérité, voici celui que nous cherchons : C’est notre Dieu ; descendons, arrêtons,

            Prosternons-nous aux pieds de son enfance, Dans le respect, l’amour et le silence.

(Père de Montfort, cantique 60, 1.5)

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm