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Auteur/autrice : JosephG

Méditation pour le 7ème dimanche de Pâques-17 mai 2026-Ekenley

SEPTIÈME DIMANCHE DE PÂQUES A

Ac 1, 12-14                              Ps 26 (27)                          1 P 4, 13-16                           Jn 17, 1b-11a

 

Tous, d’un même cœur !

            Le septième dimanche de Pâques se situe entre la solennité de l’Ascension du Seigneur et la Pentecôte. Le Christ ressuscité retourne auprès de son Père tout en promettant de marcher avec ses amis sur le chemin de la Vie, grâce à l’Esprit de vérité. L’évangile de ce dimanche est une prière, un échange d’amour de Jésus à son Père avant de laisser ses amis (la veille de sa Passion). Pourquoi Jésus prie-t-il ? Pour quoi ? Pour qui ?

 

Sûrement, nous avons déjà entendu cette réflexion disant que si Jésus est Dieu, pourquoi a-t-il besoin de prier ? Évidemment, cette réflexion est issue d’une manière très réduite de concevoir la prière ; elle serait l’action de ‘‘s’approcher d’une divinité par des actes de culte pour demander ou attirer une faveur’’. Or, en Jésus-Christ, nous découvrons que la véritable prière est avant tout un désir, une quête d’amour et de communion avec Dieu.  Jésus, Fils de Dieu depuis toute éternité, ne s’est jamais séparé de son Père en venant dans le monde, il est resté en parfaite communion avec Lui : « Je suis dans le Père, et le Père est en moi » (Jn 14, 11). La prière devient ainsi l’acte qui concrétise ce lien indéfectible existant entre le Père et le Fils. Jésus n’a pas prié qu’une fois ou dix fois ou cent fois durant son passage sur la terre ; toute sa vie terrestre a été une prière, c’est-à-dire une vie d’amour et de communion avec le Père, comme deux cœurs qui s’aiment, qui se regardent, qui se contemplent, qui se parlent à l’infini.

 

            Pour quoi ? Jésus prie pour que le Père « glorifie » son Fils. Jésus n’est pas venu dans le monde pour y chercher la gloire, il n’en avait pas besoin puisqu’avec le Père, il partage la même gloire « bien avant que le monde existe ». S’il demande au Père de le glorifier, c’est pour que la gloire de Dieu soit connue dans le monde et que le monde soit sauvé par la foi en lui : « Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire ». Cette œuvre dont parle Jésus, c’est l’œuvre de la rédemption et du salut qui fait entrer l’humanité dans la vie éternelle ; Or, la vie éternelle, c’est que nous connaissions le Père, lui le seul vrai Dieu, et celui qu’il a envoyé, Jésus Christ.

 

            Pour qui ? Voici ce que dit Jésus : « Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. » Le « monde » ici n’est pas une catégorie rejetée ou oubliée par le Christ, mais la catégorie de ceux et celles qui n’accueillent pas le Verbe de Dieu : « Il était dans le monde… mais le monde ne l’a pas reconnu » (Jn 1, 10). Jésus prie pour nous.

 

Comme les apôtres, entrons dans cette démarche de communion avec Dieu par la prière et de communion entre nous par la charité fraternelle. Que nous formions un seul cœur en Jésus-Christ !

 

« Mille fois mon cœur vous désire, amour divin, venez à moi :

Être sans vous, c’est un martyre, venez donc me donner la loi. »

Saint Louis-Marie de Montfort, cantique 5, 40.

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 6ème dimanche de Pâques- 10 mai 2026- Ekenley

SIXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES A

Ac 8, 5-8.14-17                        Ps 65 (66)                            1 P 3, 15-18                          Jn 14, 15-21

 

Le Père enverra un autre Défenseur

Le sixième dimanche de Pâques précède la solennité de  l’Ascension du Seigneur (jeudi prochain). Lors de son dernier repas, sachant qu’il s’en va vers le Père, Jésus prépare le cœur de ses amis à son départ. Mais pour Lui, ce n’est pas la fin de l’aventure, ce n’est même pas une séparation puisqu’il leur demande de demeurer en Lui, de demeurer dans son amour.  Cette union d’amour au Christ doit être vécue dans la mise en application de l’enseignement évangélique : «Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. » Mais Jésus sait bien que garder ses commandements n’est pas une tâche facile, c’est pourquoi il prie le Père qui enverra un « autre Défenseur » qui sera pour toujours avec ses amis. Pourquoi un Défenseur ? Pour nous défendre contre qui ou contre quoi ?

 

Si Jésus parle d’un autre Défenseur, c’est parce qu’il est Lui-même le premier qui a pris (prend) notre défense. D’ailleurs, par le don de sa vie, il nous a délivrés de la condamnation du péché ; il nous a protégés contre l’Accusateur et il a rejeté celui qui nous accusait jour et nuit devant Dieu (cf. Ap 12, 10). L’autre Défenseur dont parle Jésus, l’Esprit-Saint, continue de nous défendre contre les assauts de l’Ennemi qui s’en prend à ceux et celles qui cherchent à faire la volonté de Dieu. Dans sa première épître, saint Pierre nous met en garde : « Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi » (1P 5, 8-9). Par la puissance de l’Esprit-Saint, Dieu nous garde à l’ombre de ses ailes, dans son amour.

 

L’une des signification du mot ‘‘défendre’’, c’est soutenir une idée ou une cause. Comme le Christ, nous pouvons rencontrer sur notre route des adversaires à cause de notre foi, de la vérité ou du témoignage de l’amour. Ainsi, saint Pierre, dans la deuxième lecture, nous demande de témoigner avec douceur devant les hommes l’espérance qui nous habite en tant que « amis du Christ ». L’Esprit de vérité nous aide à défendre notre conviction dans l’amour sans avoir peur du monde, le Défenseur nous raffermit dans la foi et nous garde dans la fidélité malgré les épreuves et les oppositions.

 

Contre nous-mêmes et nos penchants mauvais, le Défenseur nous défend de nous détourner de la voie du Seigneur pour garder les commandements du Seigneur.  Les tentations ne viennent pas seulement de l’extérieur, parfois cela vient de notre orgueil, de la volonté intérieure  de dominer ou de rabaisser les autres plutôt que les aimer. En effet, le Défenseur fait résonner la Parole du Seigneur dans nos cœurs et nous garde dans la communion d’amour avec Dieu.

 

Ne l’oublions pas ! Nous ne sommes pas orphelins ! Le Christ s’en va nous préparer une place auprès du Père, mais il ne nous laisse pas seuls. Témoignons de l’amour du Christ en gardant ses commandements aux yeux du monde. Que l’Esprit-Saint vienne à notre secours en prenant notre défense.

 

« Marie est puissante : rien n’est capable de lui ravir ce qu’on lui a mis entre les mains ; mettons-nous entre ses mains ; elle nous défendra et nous rendra victorieux de tous nos ennemis. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 222)

 

 

 

Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 5ème dimanche de Pâques- 3 mai 2026-Ekenley

CINQUIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Le chemin de la Vérité et de la Vie

Comme pour préparer le cœur de ses apôtres aux tumultes à venir à cause de son nom, Jésus leur a lancé un appel à la sérénité et la foi en Lui : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » En ce cinquième dimanche de Pâques, Le Christ nous lance ce même appel face à nos nombreuses préoccupations sur le sens de notre vie (Pourquoi je vis ? Ma vie vaut-elle la peine d’être vécue ?), sur la quête du bonheur (Quel chemin prendre pour réussir ma vie ? Que faire pour être heureux ?), sur notre avenir ou notre destination finale (Qu’adviendra-t-il de ma vie après tout ?). Le Christ nous révèle ou nous rappelle aujourd’hui qu’il est le Chemin, la Vérité, la Vie.

 

Ils sont nombreux aujourd’hui à se présenter comme ayant la clé du succès ou de la réussite. Sur les réseaux sociaux, nous pouvons trouver un ‘‘influenceur’’ ou un ‘‘coach’’ qui est capable de nous montrer par où passer pour devenir célèbres, réussir dans l’entrepreneuriat, devenir riches, profiter pleinement de notre vie ou simplement être heureux. Si ces conseils ou ces astuces peuvent déboucher sur de vraies consolations dans notre vie sur terre, ils ne sont que des petits bouts de chemin qui sont limités. D’ailleurs, ce qui correspond à l’un ne correspond pas forcément à l’autre. Ainsi, Jésus nous apprend que le véritable Chemin n’est pas une recette à exécuter, ni une orientation de vie sociale ou politique, ni un parcours professionnel… mais c’est « être avec » ou « marcher avec » Celui qui nous fait entrer dans la Joie, l’Amour, la Paix et la Vie véritable de Dieu, notre Père. Si nous demeurons avec le Christ-Chemin, nous sommes sûrs d’arriver à la Gloire du Père car il nous l’a dit : « … afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. »

 

Marcher avec le Christ est non seulement le Chemin véritable, mais c’est aussi le Chemin de la Vérité. Ici, ce n’est pas simplement une correspondance (adéquation) entre la chose et l’intelligence, mais une Personne. Chercher la Vérité devient chercher à rencontrer et à le connaître. C’est pourquoi Jésus nous dit : « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père ». Ici, connaître ne signifie pas une simple connaissance intellectuelle, mais le résultat d’une rencontre qui nous fait renaître (connaître= naître avec). Saint Paul, qui était un grand savant de la religion juive, allait faire l’expérience de la rencontre avec la Vérité sur le chemin de Damas. Il a découvert que tout ce qu’il savait jusque-là n’était que des discours sur Dieu. Avec cette rencontre, il l’a connu, il est devenu une créature nouvelle dans le Christ et ne pouvait vivre que pour annoncer cette Vérité au monde. Ainsi, nous découvrons que « être dans la Vérité » n’est pas le résultat d’une étude scientifique, mais elle est le fruit d’une rencontre avec Dieu ; donc, en plus de chercher à la comprendre, nous devons y croire, car la Vérité n’est pas seulement discours, mais elle est Œuvre de Salut et de Vie.

 

Ne soyons pas bouleversés ! Ne nous préoccupons pas trop du chemin à prendre pour réussir. Demeurons avec Jésus et marchons avec Lui, il saura transformer nos chemins sur la terre en chemins d’éternité, car il est le Chemin de la Vérité et de la Vie.

 

« Ne vous y trompez pas : depuis qu’il a fallu que la Sagesse incarnée est entrée dans le ciel par la Croix, il est nécessaire d’y entrer après lui par le même chemin. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Eternelle (ASE), 180)

Ac 6, 1-7                              Ps 32 (33)                              1 P 2, 4-9                                   Jn 14, 1-12

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 4ème dimanche de Pâques.26 avril 2026- Ekenley

QUATRIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Ac 2, 14a.36-41                        Ps 22 (23)                        1 P 2, 20b-25                           Jn 10, 1-10

 

Un seul troupeau, à la suite d’un seul Pasteur !

Le quatrième dimanche de Pâque est aussi appelé « Dimanche du Bon Pasteur », c’est aussi la journée mondiale de prière pour les vocations. Les textes soumis à notre méditation renvoient à l’image du Christ Berger de l’humanité qui la conduit sur les sentiers de la vie. Si le Christ se présente comme le « Bon Pasteur », c’est par opposition à ceux qui entrent dans l’enclos des brebis pour piller et tromper plutôt que de prendre soin et sauver. Et nous, nous sommes invités à marcher derrière Celui qui entre par la porte, Celui qui est la porte, Celui qui vient pour nous donner la vie, le Christ ressuscité.

 

Nous avons déjà entendu cette réflexion autour de nous de la part d’un non-croyant : « Je suis le seul maître et gardien de ma vie, donc je n’ai pas besoin d’un quelconque Dieu pour me dire quoi en faire, encore moins d’un pasteur (prêtre). » Cela ressemble un peu aux révoltes courantes de certains adolescents qui, à un certain âge, pense n’avoir plus besoin de l’avis des parents. Mais à bien regarder, sommes-nous vraiment le seul maître de notre vie ? Selon le dessein de Dieu, nous avons été créés libres, mais cette liberté, étant limitée, ne donne pas accès à tout. Déjà, il n’est pas si facile de dominer notre propre corps ou notre propre esprit. Que dire parfois face à nos sentiments ou nos passions ? Que diront certaines personnes qui font face à certaines addictions ou qui ont du mal à prendre le dessus sur un traumatisme du passé ? Cela pourrait nous amener à dire que, quoique libres, nous subissons tous, sous une forme ou une autre, l’influence de notre histoire, de notre culture, des courants idéologiques, de notre entourage ou simplement des « influenceurs » à l’heure où les réseaux sociaux pèsent fort. A la fin, le but n’est pas de chercher à tout contrôler ou à tout dominer, mais c’est de se laisser guider par Celui qui est capable de tout dominer, le Christ Bon Pasteur.

 

Certes, nous pouvons marcher seuls, mais jusqu’où pouvons-nous aller ? Loin du Seigneur, nous pouvons avoir beaucoup de biens, mais ne nous manquerait-il pas quelque chose ? Dieu seul peut combler le vide de notre cœur : « Le Seigneur est mon Berger, rien ne saurait me manquer. » Dieu seul est la source de la vie véritable où le Christ ressuscité nous conduit, car il est lui-même le chemin et la porte qui y donne accès. Le Christ Bon Pasteur ne cherche pas à nous dominer, mais à prendre soin de nous, nous guider, nous rassurer, nous faire revivre et nous faire habiter la maison du Seigneur pour la durée de nos jours (cf. Ps 22). Par amour, il a donné sa vie pour que chacune de ses brebis ait la vie. Et chaque jour, il nous appelle à nous rassembler et à nous unir dans l’amour pour former un seul troupeau autour d’un seul Pasteur.

 

« Je suis votre protection et votre défense, petite Compagnie, vous dit le Père éternel, je vous ai gravé [e] dans mon cœur et écrit[e] en mes mains, pour vous chérir et vous défendre, parce que vous avez mis votre confiance en moi et non dans les hommes, en ma providence et non en l’argent. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Aux Associés de la Compagnie de Marie (ACM), 3)

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 3ème dimanche de Pâques-19 avril 2026-Ekenley

TROISIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

 

Ac 2, 14.22b-33                         Ps 15 (16)                          1 P 1, 17-21                           Lc 24, 13-35

 

Saurons-nous le reconnaître ?

L’épisode des disciples d’Emmaüs que nous lisons dans l’évangile de ce troisième dimanche de Pâques est un texte qui atteste la résurrection du Christ d’une manière importante. Le Christ ressuscité, en se manifestant à ces deux disciples qui ne sont pas nommés par saint Luc, révèle qu’il vient à la rencontre de ceux et celles qui font face à des déceptions dans leur vie, qui ont perdu leur motivation, qui sont désespérés. Cette rencontre nous ouvre les yeux et nous donne des raisons de croire et d’espérer.

 

Emportés par le désespoir et aveuglés par leur grande tristesse, les disciples d’Emmaüs n’ont pas pu reconnaître le Christ du premier regard, cependant ils étaient attentifs à cet ‘‘Inconnu’’. Comment le reconnaîtront-ils ? D’abord, le Christ ressuscité « leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait » ; ensuite, à la fraction du pain, leurs yeux s’ouvrirent, ils le reconnurent. Soulignons en passant que pour reconnaître, il faut d’abord connaître. Donc, ces deux amis ont reconnu le Ressuscité grâce à la Parole de Dieu et le geste du pain ; d’où les deux grandes parties de la messe : la liturgie de la parole et la liturgie eucharistique. Chaque jour, principalement à la messe, l’Église favorise et encourage cette rencontre avec le Christ pour reconnaître qu’il est réellement vivant et présent dans notre vie.

 

L’expérience de la rencontre avec le Ressuscité va bouleverser positivement la vie de ces deux amis. L’ayant reconnu, ils sont déterminés à le faire connaître aux autres. Le texte nous dit qu’ils sont repartis le soir même, ignorant la nuit et la peur. Ils sont passés « d’un cœur lent à croire » à « un cœur brûlant » de la bonne nouvelle de la résurrection. Après avoir fait l’expérience d’une rencontre authentique avec le Christ, nos regards ne peuvent plus être les mêmes, notre compréhension des réalités de ce monde devient différente. Comme les apôtres, portés par le feu de l’évangile, nous ne nous sentons plus seuls, puisqu’il marche avec nous ; nous ne risquons plus de nous égarer, puisqu’il est lui-même le chemin ; nous n’avons plus peur de la nuit, puisqu’il est notre lumière ; nous ne craignons plus la mort, puisqu’il est la résurrection et la vie.

 

Comme les disciples d’Emmaüs, nous rencontrons sur nos routes humaines des situations qui nous accablent et qui nous attristent. Aujourd’hui, le Christ se fait proche de nous en disant : « Pourquoi êtes-vous attristés ? Pourquoi perdez-vous espoir ? N’avez-vous pas écouté ma Parole ? Vous n’êtes pas seuls, je suis avec vous tous les jours, je marche avec vous. »  Le Christ ressuscité est là, présent. Saurons-nous le reconnaître dans notre vie ?

 

 

« La Sagesse ne donne pas seulement à l’homme ses lumières pour connaître la vérité, mais encore une capacité merveilleuse pour la faire connaître aux autres. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 95)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 2ème dimanche de Pâques-12 avril 2026-Ekenley

DEUXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Ac 2, 42-47                         Ps 117 (118)                                1 P 1, 3-9                             Jn 20, 19-31

 

La paix soit avec vous !

Le deuxième dimanche de Pâques, dimanche de la divine miséricorde, nous situe dans la prolongation de la manifestation de la résurrection du Christ. Le Christ ressuscité continue à se montrer à ses amis, les apôtres, comme pour les rassurer après le scandale de sa Passion. C’est fini le temps de la peur, c’est passé le temps des questionnements et des doutes, le Christ annonce son règne d’amour en reprenant à chaque fois cette salutation : « la paix soit avec vous ».

 

Après, l’évènement de la croix, les disciples avaient peur des juifs. S’ils s’en sont pris à la Tête, peut-être en voudraient-ils aux autres membres du corps, pensaient-ils. Le Christ ressuscité va intervenir pour chasser leur peur et dissiper leur doute : « Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux ». C’est comme pour dire que le Christ n’est pas un étranger, il ne vient pas du dehors, il est cet ami intérieur qui est toujours avec nous. En apparaissant, il  prie pour que la paix soit répandue dans le cœur des apôtres et il répand sur eux l’Esprit-Saint en les envoyant en mission. Le Christ le sait bien, l’évangile est une œuvre d’amour et de paix, seul un cœur apaisé peut l’annoncer et le vivre, à l’exemple des premières communautés chrétiennes qui s’unissaient et avaient tout en commun.

 

Thomas, étant absent le jour de la résurrection, avait encore le cœur troublé, il avait du mal à croire que le Christ est vraiment ressuscité. Il voulait ‘‘voir’’ et ‘‘toucher’’. Le Christ ressuscité va se laisser approcher par Thomas, non pas pour le convaincre, mais pour le rassurer : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jn 14, 1). Et Thomas, après avoir mis sa main dans les plaies du Christ, l’a reconnu et a fait un acte de foi remarquable : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Jean a vu le tombeau vide et il a cru (cf Jn 20, 20) ; Thomas a vu le Christ ressuscité, il l’a touché et il a cru. Et nous aujourd’hui, qu’est-ce qui nous permet de croire? Jésus nous répond ainsi : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

 

A vous qui doutez de la résurrection du Christ, qui avez du mal à accueillir le mystère du salut réalisé en Jésus-Christ, qui avez peur d’exprimer votre foi ou d’annoncer l’évangile : Que la paix du Seigneur soit avec vous. En ce deuxième dimanche de Pâques, Jésus nous invite à faire le passage de l’incrédulité à la foi, de la peur à la paix. N’ayons pas peur, faisons confiance à sa divine miséricorde !

 

« La croix est bonne, parce qu’elle est une source abondante de toute sorte de douceurs et de consolations, et qu’elle produit la joie, la paix et la grâce dans l’âme. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse Éternelle (ASE), 176)

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le dimanche de Pâques-5 avril 2026-Ekenley

DIMANCHE DE PÂQUES : DE LA MORT À LA VIE

Ac 10, 34a.37-43 Ps 117 (118)
Col 3, 1-4 Jn 20, 1-9

« Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! », tel est le refrain du psaume de la liturgie du dimanche de Pâques ! Oui, nous ne pouvons pas ne pas exulter de joie dans le Seigneur, notre Dieu, qui a ressuscité Jésus d’entre les morts après s’être livré sur la croix. Celui qui a été crucifié, puis enseveli le vendredi saint est ressuscité ! Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui est vivant ? Regardez, le tombeau est vide, il n’est plus ici, il est passé de la mort à la vie.

Condamnée à mourir à cause du péché, l’humanité allait vers sa perte. Comme des branches détachées du tronc de l’arbre, nous étions en train de dessécher, plus de sève, plus de vie. L’obéissance du Christ a terrassé la désobéissance première, sa mort a vaincu la mort. Désormais, la multitude est libérée du pouvoir de ‘‘l’Accusateur’’. Grâce à la mort de Celui qui n’a pas connu le péché, la multitude est sauvée ; par sa résurrection, l’humanité rentre dans la vie de Dieu. Caïphe l’avait dit, mais sans trop comprendre : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas » (Jn 11, 50). Il a
fallu attendre le jour de Pâques pour que cette prophétie soit élucidée.

La résurrection du Christ n’est pas un simple évènement du passé, elle a révolutionné le cours de notre histoire. Avec le tombeau ouvert s’ouvre aussi l’avenir de l’humanité. L’accès au Paradis (jardin d’Eden) qui a été fermé après le péché originel (cf. Gn 3, 24) est désormais rouvert et les délices de l’éternité sont accessibles à ceux et celles qui acceptent de faire le passage avec le Christ. La fête de Pâques devient le rappel du passage du Christ de la mort à la vie, mais aussi cette fête est un appel vers ce passage : des ténèbres à la lumière, du mensonge à la vérité, de la violence à la paix, de l’indifférence à l’amour. En un mot, dans le Christ ressuscité, nous sommes appelés à devenir des créatures nouvelles, c’est là notre vocation baptismale.

Il est bon de rappeler que nous sommes en face d’un mystère, le mystère pascal. Pour nous en approcher, nous avons besoin de la foi. Aux apôtres, il a été donné de voir les manifestations de la résurrection du Christ, puis ils ont cru en ce qu’ils ont vu : « Il vit, et il crut. » Mais à nous qui vivons ce mystère aujourd’hui, c’est par notre foi que nous verrons les signes du Christ ressuscité dans notre vie. N’oublions pas les paroles de Jésus à Marthe : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ». Si nous demeurons dans son amour, nous sommes déjà avec lui. Si nous croyons en Jésus-Christ ressuscité, nous avons déjà fait le passage avec lui de la mort à la vie.

Il a fermé les enfers, tirés nos pères des fers,
Ouvert la gloire éternelle, fait la paix universelle.
Enfin, Jésus est vainqueur pour le salut du pécheur.
Chantons tous Alléluia ! Et puis Ave Maria !
(Saint Louis Marie de Montfort, cantique 84, 3)

P. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm – Feu de la Sagesse

Dimanche des Rameaux- 29 mars 2026-Ekenley

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION

Mt 21, 1-11            Is 50, 4-7                   Ps 21 (22)                 Ph 2, 6-11              Mt 26, 14 – 27, 66

 

Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Le dimanche des Rameaux et de la Passion ouvre ce que nous appelons la Semaine Sainte ou la Grande Semaine. Dans la liturgie de ce dimanche, nous trouvons un contraste assez saisissant. Dans un premier temps, la foule accueille triomphalement Jésus à Jérusalem en criant : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! ». Dans un second temps, cette même foule va crier quelque temps après : « Qu’il soit crucifié ! ». Tout en sachant ce qui l’attend, Jésus avance vers sa passion avec détermination, voulant accomplir l’œuvre de la Rédemption pour laquelle il a été envoyé par le Père. La foule lui a tourné le dos, ses ennemis se moquent de lui, beaucoup de ses amis l’ont abandonné, sa force s’épuise progressivement sous le poids de la croix, chaque pas devient plus lourd, pourtant Jésus continue et il ira jusqu’au bout.

 

Sur la croix, au bout de ses souffrances, Jésus lance un cri à son Père : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui signifie : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Ce cri a fait réagir ceux qui étaient présents auprès de sa croix pensant qu’il faisait appel au prophète Élie. Ce cri peut nous faire réagir encore aujourd’hui même en comprenant le sens des mots. Le Père aurait-il abandonné son Fils bien-aimé ? Par ce cri, Jésus reprend le psaume 21 (22) pour s’adresser à son Père. Ce psaume décrit parfaitement la situation dans laquelle se trouvait Jésus : « raillé par les gens, rejeté par le peuple », « Ils me percent les mains et les pieds ; je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. » Le supplice est atroce, mais il l’embrasse avec amour pour l’humanité ; car il le sait bien, il faut que l’Unique soit défiguré pour que la multitude soit transfigurée, il faut que l’Unique soit humilié pour que la multitude soit glorifiée, il faut que l’Unique meure pour que la multitude soit sauvée.  Dans l’obéissance, il a pris le chemin par où lui seul devait passer, car lui seul pouvait sauver le genre humain par le sacrifice de son sang.

 

Avant de mourir, Jésus remet tout entre les mains de son Père : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » (Lc 23, 46).  Cela nous fait découvrir que le Christ n’a pas été abandonné, mais il s’est plutôt abandonné au dessein d’amour de son Père. Aujourd’hui, devant les épreuves et les souffrances du monde, Dieu nous aurait-il abandonné ? Pourtant, c’est pour nous que le Christ a souffert, ce sont nos fardeaux qu’il portait, c’est pour notre bonheur qu’il a enduré la peine. En effet, avant de nous plaindre en supposant que Dieu nous a abandonnés, nous ferions mieux de nous questionner : « N’avons-nous pas abandonné l’amour du Seigneur ? Sommes-nous prêts à nous abandonner à sa volonté ? ». Devant le sacrifice d’amour du Christ, chacun (e) est invité (e) à faire cette prière avec saint Charles de Foucauld : «  Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira…». Car nous ne pouvons être sauvés qu’en Dieu.

 

Providence, je me jette en votre sein amoureux.

Si le monde me rejette, j’en suis d’autant plus heureux ;

Plus je vois qu’on m’abandonne et plus j’espère de bien,

Et quand je n’aurai personne, vous serez tout mon soutien.

(Saint Louis-Marie de Montfort, cantique 28, 36)

 

 

 

Père Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

5e Dimanche de Carême A-22 mars 2026-Ekenley

5e DIMANCHE DE CARÊME A

Ez 37, 12-14                         Ps 129 (130)                     Rm 8, 8-11                                    Jn 11, 1-45

Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu !

Le cinquième dimanche de carême de l’année A nous donne de méditer sur le superbe récit de la résurrection de Lazare, l’ami de Jésus. Ce signe a suscité l’émerveillement de ceux qui ‘‘ont vu’’ et a conduit beaucoup à la foi. Qu’est-ce que cette page d’évangile peut bien vouloir nous dire aujourd’hui ? Trois mots résument notre méditation de ce dimanche : amour, sacrifice et foi.

 

Devant la maladie de leur frère Lazare, Marie et Marthe envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » Ce message, un peu original dans sa formulation, s’appuie davantage sur l’amour que Jésus porte pour Lazare que sur les autres traits de son identité. Et cet amour va se manifester non pas seulement en parole, mais aussi et surtout dans le vécu, puisque Jésus va se laisser toucher par la mort de son ami au point de verser des larmes : « Voyez comme il l’aimait ! », s’exclamèrent les témoins. Aujourd’hui encore, Jésus vient à la rencontre de ‘‘ceux et celles qu’il aime’’ ; il pleure devant la misère du monde ; il pleure devant les milliers de cadavres des guerres, de la faim, et d’autres formes de violence ; il pleure avec ces nombreux veufs, veuves, orphelins… il continue à pleurer d’amour.

 

Jésus, ayant appris la mort de Lazare, décide de retourner en Judée, là où les Juifs cherchaient à le tuer quelque temps avant. Qu’est-ce qu’on ne fait pas par amour ? Jésus savait bien ce qui l’attendait, mais cela ne l’a pas empêché d’aller sauver ‘‘celui qu’il aime’’. D’ailleurs, c’est pour accomplir la prophétie d’Ézékiel qu’il est venu dans le monde : ouvrir les tombeaux, redonner la vie aux morts, ramener le peuple aimé à la gloire de Dieu. Il a réussi à entraîner ses disciples dans cette folie d’amour : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui !». Par amour, Jésus se donne en sacrifice pour que nous puissions vivre.

 

Les deux sœurs vont, chacune son tour, faire preuve d’une grande confiance en Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Elles croyaient en Jésus, elles espéraient être sauvées ‘‘au dernier jour’’, mais elles ne comprenaient pas encore que le salut était déjà là : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra », dit Jésus. Marthe avait encore du mal à réaliser que quelque chose est encore possible ; après quatre jours, tout est fini, se disait-elle. C’est alors que Jésus va lui dire : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ».

 

Rien n’est perdu pour Dieu ! Rien n’est fini pour Dieu ! Il est capable de redonner vie à nos situations de ‘‘mort’’. Si la vie en Jésus-Christ est donnée par amour, elle doit être accueillie par la foi. Entrons dans cette démarche de foi ; croyons et nous verrons la gloire de Dieu.

 

 

                        « Seigneur, en tout, je veux vous croire. Mais augmentez toujours ma foi,

                           Afin que je voie en la gloire plus clairement ce que je crois. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, cantique 6, 58)

 

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 4ème dimanche du Carême-15 mars 2026-Ekenley

4e DIMANCHE DE CARÊME A

1 S 16, 1b.6-7.10-13a                  Ps 22 (23)                          Ep 5, 8-14                                Jn 9, 1-41

 

Ouvre nos yeux, Seigneur !

            Le quatrième dimanche de carême de l’année A nous met en face de la rencontre de Jésus avec l’aveugle de naissance dans l’évangile de saint Jean, une rencontre qui dit beaucoup sur la mission de Jésus : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir… » Ce signe accompli par Jésus, ouvrir les yeux de l’aveugle, a suscité toute une controverse au milieu des contemporains de Jésus et permet à chacun de se poser quelques questions dans le vécu de la foi aujourd’hui : Ma vie est-elle suffisamment éclairée ? Ne suis-je pas, moi aussi, aveugle ? Suis-je prêt(e) à accueillir le Christ-Lumière dans ma vie ?

 

Le texte de l’évangile commence ainsi : « En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. » Si, dans d’autres récits de guérison, ce sont les personnes en difficultés qui viennent auprès de Jésus pour lui demander faveur, ici c’est d’abord Jésus qui ‘‘vient’’ sur le chemin de l’aveugle, qui le ‘‘voit’’ en premier et qui ‘‘intervient’’ pour ouvrir ses yeux sans aucune demande. Avant toute supplication, notre Seigneur voit nos trébuchements et nos égarements, il sait de quoi nous avons besoin. De ce fait Jésus, Lumière du monde, vient dans le monde pour éclairer nos routes obscures et ouvrir nos yeux vers le salut, comme un berger conduit son troupeau vers les eaux tranquilles.

 

Chaque être humain, chaque chrétien, pourrait s’identifier à l’aveugle de l’évangile. Comme lui, dès la naissance, nous sommes marqués par le péché (originel) qui voile nos yeux, nous empêchant de voir clair. Malheur à qui croirait  ne pas avoir  besoin de voir plus clair ! Samuel a fait l’expérience de cette cécité dans le choix du roi d’Israël. Il s’est fié dans un premier temps à ses yeux physiques, à l’apparence en voyant Éliab grand et fort : « Sûrement, c’est lui le messie. » Le Seigneur lui donne une réponse magnifique : « Les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Combien de fois nous sommes-nous trompés en nous fiant à nos sens ? Combien de fois pensons-nous tout comprendre, tout contrôler à cause de notre intelligence, de nos connaissances, de nos expériences ?  Combien de fois passons-nous à côté de l’essentiel en ne restant que sur le superficiel ? Il n’y a pas plus aveugle que celui qui prétend tout voir, car il ferme ainsi l’accès à l’ouverture de ses yeux.

 

Nous sommes invités à reconnaître les zones ténébreuses de nos vies et à nous ouvrir pour accueillir le Christ-Lumière. Ne cherchons pas dehors, comme nous le rappelle Antoine de Saint-Exupéry, « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Parfois pour mieux voir, il faut simplement fermer les yeux et ouvrir le cœur. Ouvre les yeux de notre foi, Seigneur, et que vous voyions ta lumière.

 

 

« Ô mes yeux, fermez-vous à tout l’être visible,

Laissez-le pour les fous, voyez l’Être invisible…

Jésus est mon amour, et la nuit et le jour. »

Saint Louis-Marie de Montfort, Cantique 54, 8.

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse