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Auteur/autrice : JosephG

Partage d’évangile pour le 29ème dimanche ordinaire A- 18 octobre -Ekenley

VINGT-NEUVIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Is 45, 1.4-6                          Ps 95 (96)                               1 Th 1, 1-5b                           Mt 22, 15-21

 

Tout pour la gloire de Dieu et le salut des hommes !

L’évangile de ce vingt-neuvième dimanche ordinaire de l’année A, dimanche de la mission, commence d’une façon étrange. Les pharisiens se réunissent en conseil pour pouvoir piéger Jésus, voulant l’opposer à l’empereur pour une question d’impôts. Mais pour tendre plus habilement leur piège, leurs disciples ont commencé par louer Jésus : « Tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ». « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » aurait dit Jean de la Fontaine. « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Jésus va profiter de cette occasion pour leur donner une leçon de vie, il leur apprend à faire la part des choses entre ce qui revient à Dieu et ce qui relève des humains, entre le temporel et l’éternel.

 

 

La réponse de Jésus semble vouloir nous inviter à une séparation entre ce qui est humain et ce qui est divin : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Cependant, si nous regardons de plus près, Jésus cherche à nous sortir d’une confusion, nous demandant de distinguer la place de Dieu et celle de l’homme. Nous devons préciser ici que distinction n’est pas synonyme de séparation, car Dieu ne s’éloigne pas de nos réalités humaines, il se fait proche de nous jusqu’à nous faire participer à sa réalité divine. Chez Terence, nous avons lu : « Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger » ; ainsi pouvons-nous paraphraser pour dire que rien de ce qui est humain n’est étranger à Dieu. Si Dieu nous appelle à une communion avec lui, il ne nous demande pas de nier notre humanité. Au contraire, il respecte ce que nous sommes, notre liberté et notre agir. Il veut sauver l’homme et tout l’homme.

 

Cette page d’évangile vient répondre également aux nombreuses questions des chrétiens dans le monde qui se demandent :  peut-on participer activement à la vie politique ? Quelle distance prendre par rapport à certains engagements dans la société ? Jésus ne veut pas nous séparer de nos frères humains, ni de notre milieu de vie.  Bien au contraire, il nous encourage à assumer pleinement notre humanité, à contribuer à l’amélioration de la vie humaine sur terre. Comme il a appelé Cyrus, ce roi étranger, pour accomplir son dessein, Dieu attend la collaboration de tous pour changer la face de la terre.

 

En ce dimanche de la mission, que chacune de nos actions serve pour le bien de l’humanité et nous rapproche de Dieu. Que tout ce que nous entreprenons dans cette vie honore la plus grande gloire de Dieu et participe au salut de nos frères humains.

 

 

 

« Seigneur, levez-vous ! Pourquoi semblez-vous dormir? Levez-vous dans votre toute-puissance, votre miséricorde et votre justice, pour vous former une compagnie choisie de garde-corps, pour garder votre maison, pour défendre votre gloire et sauver vos âmes, afin qu’il n’ait qu’un bercail et qu’un pasteur et que tous vous rendent gloire dans votre temple. »

Saint Louis-Marie de Montfort, Prière Embrasée (PE), 30.

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Feu de la Sagesse

Partage d’évangile pour le 28ème dimanche ordinaire-A- 11-10-2026

VINGT-HUITIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Is 25, 6-10a                         Ps 22 (23)                           Ph 4, 12-14.19-20                         Mt 22, 1-14

 

Tous appelés au festin du Royaume !

Ce vingt-huitième dimanche ordinaire de l’année A coïncide avec l’ouverture de la semaine missionnaire mondiale (du 11 au 18 octobre 2026) autour du thème : « Un dans le Christ, unis dans la Mission. » Cela correspond bien aux textes qui sont soumis à notre méditation en ce jour, puisqu’ils nous rappellent que tous, sans distinction, nous sommes appelés  à participer aux délices de l’éternité offertes par notre Dieu en Jésus-Christ. Ainsi, nous sommes tantôt appelés, car nous avons une réponse à donner à cet appel qui  concerne chacun particulièrement ; nous sommes tantôt envoyés pour faire retentir l’appel du Seigneur aux humains de toutes races, nations, langues, peuples (cf Ap 7, 9).

 

Qui est destiné au salut ? Ce que les juifs croyaient être réservé à un petit groupe, Jésus le promet à la multitude. Pourtant, le prophète Isaïe l’avait annoncé : « Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin… il fera disparaître le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples et le linceul qui couvre toutes les nations. Il fera disparaître la mort pour toujours. » Cette parole d’espérance s’accomplit en Jésus-Christ, Lui qui est venu dans le monde pour que chacun soit sauvé et que le monde ait la vie (cf Jn 3, 16). C’est ce que le pape Léon XIV nous a rappelé lors de sa récente visite en France.

 

La parabole du festin des noces qu’on trouve dans l’évangile ouvre nos yeux sur l’invitation faite à tous, « les bons comme les mauvais ». Le Seigneur ne nous appelle pas parce que nous sommes « bons » mais pour que nous le devenions grâce à son amour. D’ailleurs, qui pourrait se lever les yeux et frapper la poitrine en disant : « Je suis bon » ? Au sens plénier du mot, Dieu seul est bon (cf Lc 18, 19). Ainsi, par un élan de générosité, il veut nous faire participer à ce qu’il est en partageant avec nous ce qu’il a de plus précieux, la vie éternelle.

 

Si nous sommes tous appelés et invités au festin des noces du Royaume, qu’est-ce qu’il nous faut pour y avoir accès ? Notre Seigneur ne nous demande qu’une chose : « porter le vêtement de noce ». Le vêtement de noce est la robe blanche, qui a été lavée dans le sang de l’Agneau (cf Ap 7, 14) reçue le jour de notre baptême.  Le porter, c’est avoir en nous les mêmes dispositions qui sont dans le Christ Jésus (Ph 2, 5) ; c’est dire avec saint Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). N’attendons pas, tous, revêtons-nous du Christ (cf Rm 13, 14) et marchons vers la montagne du Seigneur, là où il nous attend pour le festin éternel.

 

Venez, chers amis, venez tous, nous dit ce très bon Maître,

Venez voir combien il est doux de m’aimer et connaître.

Je vous donne ma chair pour mets, mangez, car je vous aime,

Buvez de mon sang à longs traits, enivrez-vous-en même.

Saint Louis-Marie de Montfort, cantique 129, 7.

 

  1. Tito

Feu de la Sagesse

Partage d’évangile pour le 27 ème dimanche temps ordinaire – A -4 octobre 2026

VINGT-SEPTIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Is 5, 1-7                                    Ps 79 (80)                                     Ph 4, 6-9                                    Mt 21, 33-43

 

Produire des fruits dignes du Seigneur

            Dans la lignée des deux dimanches précédents, Jésus s’indigne devant le refus de croire de ses contemporains, en particulier les grands prêtres et les anciens. La promesse qu’ils ont annoncée s’accomplit devant leurs yeux, mais ils ne l’ont pas reconnue ; le Verbe de Dieu qu’ils espéraient était au milieu d’eux, mais ils ne l’ont par reçu , ils ont fermé leur cœur à la Lumière (cf Jn 1, 10-11). En s’inspirant du chant de la vigne d’Isaïe, Jésus utilise la parabole des vignerons homicides pour alerter ses interlocuteurs. La réaction de Jésus paraît sévère : «Le royaume de Dieu vous sera enlevé. » Jésus serait-il un prophète de malheur ? Priverait-il de salut ceux pour qui il est venu dans le monde ?

 

Pour comprendre le mouvement de Jésus, prenons l’exemple d’une mère qui avait un garçon qui aimait sortir faire la fête et rentrer tard le soir en conduisant en état d’ivresse. La maman a beau lui parler du danger qu’il court, mais le garçon refusa d’écouter. Puis un jour la maman dit à son fils : “Mon garçon, si tu continues à te comporter ainsi, à conduire en état d’ivresse, tu finiras par avoir un accident sur la route un jour.” Cette parole de la mère n’est pas une menace ; ce n’est pas non plus un souhait. C’est un cri d’amour.  Elle souffre pour son garçon qui est inconscient de ses négligences. Elle n’en peut plus. Donc elle lance une ultime alerte, un SOS ; peut-être que son garçon prendra enfin conscience, peut-être qu’il reviendra à la raison. Ces cris de détresse sont communs chez plusieurs prophètes dans la bible dont Jérémie qui, souffrant de voir Israël qu’il aima tant s’égarer dans l’idolâtrie, le mensonge et l’injustice, prophétisa le déclin du peuple choisi (Jr 16, 3). Jésus utilise cette pédagogie de mise en garde afin d’insister sur la nécessité d’accueillir la bonne nouvelle de paix et d’amour.

 

Il y a un élément important à souligner, que ce soit dans la première lecture ou dans l’Évangile, c’est que le Seigneur nous a préparés. Il nous a mis dans des conditions favorables pour porter des fruits dignes de Lui. Malgré cela, notre refus nous rend stériles. Par amour et avec amour, il insiste en criant : “J’ai semé en vous le germe de ma miséricorde. Qu’attendez-vous pour le faire fructifier ? Si vous ne portez pas des fruits de paix dans le monde, la guerre vous anéantira. Si vous ne portez pas des fruits d’amour, la haine vous détruira… ”

 

Nous sommes invités à nous enraciner dans le Christ afin de nous nourrir de sa Parole et de ses dispositions intérieures. En suivant l’exhortation de saint Paul dans la deuxième lecture, ouvrons nos cœurs et recherchons ce qui est vrai et juste, ce qui est vertueux et qui plaît est au Seigneur. Ainsi, remplis de sa grâce, nous pourrons  porter des fruits dignes de son amour et de sa Vie.

 

 

« Vigneron, veux-tu que ta vigne ait abondance de raisin,

et qu’elle ait sans humeur maligne de bon vin ?

Marie a cette grâce insigne dans sa main.

Saint Louis-Marie de Montfort, cantique (Ct) 151, 6.

 

 

 

  1. Tito, smm
    Feu de la Sagesse

Partage d’évangile -VINGT-SIXIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A-27 septembre 2026

VINGT-SIXIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Ez 18, 25-28                                  Ps 24(25)                                  Ph 2, 1-5                               Mt 21, 28-32

 

Vers un oui qui agit !

Le père Ugo Paccagnella, SMM, de regrettée mémoire, animant une retraite pour un groupe de religieux, disait que le jour de notre profession, nous avons dit oui au Seigneur en acceptant de tout lui donner. Cependant, nous revenons parfois comme de petits rongeurs pour grignoter peu à peu, jusqu’à reprendre presque totalement ce que nous lui avions offert. Nous avons souvent tendance à penser que parler et agir sont deux choses différentes, séparant ainsi les paroles des actions. À ce sujet, la parabole des deux fils vient questionner notre quotidien et nous ouvrir les yeux sur l’agir de Dieu. Celui-ci, ne s’arrête pas à notre premier mot, mais regarde surtout le chemin que nous choisissons de parcourir.

De bonnes paroles et de beaux discours ne suffisent pas ; il faut agir. Plusieurs passages de l’Évangile nous rappellent que ce ne sont pas ceux qui disent « Seigneur, Seigneur » qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté du Père. Celui qui se limite à écouter la parole et ne la met pas en pratique est comme quelqu’un qui construit sa maison sur le sable (Mt 7, 21.26). Jésus adresse souvent ce reproche aux pharisiens : ils disent et ne font pas (Mt 23, 3). Question de leur faire comprendre qu’une parole n’a de valeur que si elle devient concrète.

En effet, pour bien saisir la pointe de la parabole des deux fils, il convient de la replacer dans son contexte immédiat (Mt 21). Jésus venait de faire son entrée triomphale à Jérusalem sous les acclamations d’une foule en liesse qui criait: Hosanna au plus haut des cieux ! Bien que la foule ait reconnu en lui le Messie, les autorités religieuses, les plus ferventes qui attendaient sa venue, ont été les premières à refuser de le reconnaître.

Les grands prêtres et les anciens, enfermés dans leur suffisance, n’ont pas reconnu le visage de celui qu’ils attendaient. En remettant en question son autorité, ils ont, du même coup, remis en question son identité. Cela illustre parfaitement cette parole de Jésus: les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers. C’est pourquoi, les collecteurs d’impôts et les prostituées nous précéderont dans le Royaume de Dieu, si nous n’y prenons pas garde.

La Parole de Dieu pour ce dimanche est à la fois une bonne nouvelle et une mise en garde. La bonne nouvelle est: même si nous avons fait de mauvais choix ou tardé à répondre à l’appel de Dieu, il est toujours possible de changer de direction. En même temps, c’est une mise en garde contre toute forme d’inconstance. Il ne suffit pas de se dire croyant, de participer à la messe ou de prier; il faut laisser l’Évangile transformer concrètement nos décisions et nos relations.

Saint Paul nous présente Jésus comme celui qui a pleinement dit OUI au Père. Un OUI qui n’est pas seulement une parole, mais qui devient service, humilité et don de soi. C’est dans cette perspective que nous sommes invités à adopter les mêmes dispositions que le Christ. En clair, la liturgie de ce dimanche veut nous amener à comprendre que nos refus du passé, tout comme les engagements que nous avons pris en grande pompe, sous les feux des projecteurs, ne déterminent pas notre sort final. Ce qui compte, c’est vraiment cette prise de conscience qui nous fait nous détourner de notre méchanceté pour pratiquer le droit et la justice.

Il n’est jamais trop tard pour revenir vers Dieu. Même lorsque nous nous sommes éloignés de lui, notre histoire n’est pas définitivement écrite : Dieu nous laisse toujours la possibilité de nous raviser et de reprendre le chemin. Cependant, la foi ne peut rester une simple déclaration. C’est lorsque nos paroles s’incarnent dans nos actions que le Royaume de Dieu s’épanouit et devient visible autour de nous.

 

  1. Jackson Fabius, SMM

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 25 ème dimanche ordinaire A – 20 septembre 2026

VINGT-CINQUIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Is 55, 6-9                         Ps 144(145)                        Ph 1, 20c-24.27a                       Mt 20, 1-16

 

Une justice aux saveurs de miséricorde

La liturgie de ce Dimanche nous propose de méditer la parabole des ouvriers de la onzième heure. À travers cette parabole, Jésus nous invite à découvrir le royaume de Dieu comme un mystère qui dépasse largement nos logiques de calcul, de mérite et de comparaison. Dieu ne pense pas et n’agit pas selon nos critères : sa grâce n’est pas tributaire de nos mérites mais de la surabondance de son amour. C’est là que la parole du prophète Isaïe trouve toute sa profondeur : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, oracle du Seigneur. »

 

La fine pointe de cette parabole se retrouve dans cette affirmation, à la fois simple et paradoxale, de Jésus : « Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers. » Cette parole, construite selon une structure en chiasme, met en relief l’opposition entre la logique du Royaume de Dieu et nos logiques humaines. Ce n’est donc pas un hasard si cette affirmation apparaît au début de la parabole, en Mt 19,30, et revient à la fin, en Mt 20,16. Cette inclusion forme comme un cadre qui nous donne une véritable clé de lecture de toute la parabole.

Cette parole prend encore plus de sens lorsqu’on la replace dans le contexte de la question de Pierre: « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre récompense ? » (Mt 19,27). Pierre parle au nom des disciples. Ils ont tout quitté, ils ont suivi Jésus depuis le début. Dans leur logique, ils sont donc naturellement les  premiers. Et si l’on est premiers, ne devrait-on pas avoir droit à davantage ? Ne devrait-on pas être reconnus, récompensés, privilégiés ? C’est précisément cette logique que Jésus vient déplacer. Cette logique des premiers arrivants influence encore la manière dont nous prenons des décisions dans nos communautés. Les plus anciens, ceux qui ont longtemps servi ou ceux qui exercent une certaine autorité sont parfois spontanément considérés comme des ayant droit. Comme si l’ancienneté, les responsabilités assumées ou les services rendus donnaient davantage de droits sur la communauté et sur les autres. Nous sommes tous des ouvriers qui avons reçu, avant toute chose, une grâce que nous n’avons pas méritée.

Cette parabole nous adresse trois mises en garde. La première est contre toute logique de calcul et de comparaison. Dieu est le Tout-autre : sa manière de penser et d’agir dépasse nos calculs. Il est bon et sa bonté peut parfois nous déconcerter, comme elle a déconcerté le frère aîné dans la parabole de l’enfant prodigue (cf. Lc 15). La deuxième est contre une conception de la justice qui ne laisse aucune place à la générosité. Nous devons nous rappeler toujours que la logique du Royaume de Dieu, ne s’arrête pas à ce qui vous revient de droit, elle franchit les limites de nos pensées pour atteindre cette dimension infinie de l’amour qui se donne sans compter. Enfin, la parabole nous met en garde contre la jalousie. La frustration des premiers ouvriers commence lorsqu’ils détournent leur regard de ce qu’ils ont reçu pour regarder ce que les autres ont reçu. Tant qu’ils regardaient leur propre denier, ils avaient de quoi rendre grâce; c’est en comparant leur part à celle des autres qu’ils deviennent mécontents. Voilà une tentation spirituelle très subtile : nous pouvons accepter que Dieu soit bon avec nous, mais avoir du mal à accepter qu’il soit tout aussi bon avec quelqu’un qui, à nos yeux, le mérite moins.

Le Royaume de Dieu commence lorsque nous cessons de mesurer, de revendiquer et de comparer, pour simplement accueillir la bonté de Dieu et nous en réjouir, pour nous-mêmes comme pour les autres.

 

  1. Jackson Fabius, smm

Feu de la Sagesse

Méditation pour le 24ème dimanche du temps ordinaire – 13-09-2026

VINGT-QUATRIÈME DIMANCHE A

Si 27, 30 – 28, 7                    Ps 102(103)                         Rm 14, 7-9                        Mt 18, 21-35

Après avoir parlé de la correction fraternelle, Jésus nous conduit aujourd’hui sur le chemin du pardon. Sa parole nous invite ainsi à réfléchir sur un autre aspect essentiel de la vie communautaire : le pardon, qui est au cœur de la communion et de la cohésion au sein de la communauté ecclésiale. Dimanche dernier, Jésus nous parlait de la correction fraternelle, qui cherche à restaurer une relation blessée. Aujourd’hui, il nous conduit plus loin : il nous invite à ne pas laisser nos blessures, nos déceptions et nos ressentiments devenir des obstacles durables à la communion. Car une communauté ne peut véritablement vivre dans l’unité si elle ne sait pas aussi se pardonner.

Dans le langage biblique, le verbe pardonner (aphiēmi), évoque l’idée d’une libération: le fait de remettre une dette, de relâcher quelqu’un. C’est donc refuser de garder l’autre prisonnier de sa faute et, en même temps, refuser de rester nous-mêmes prisonniers de notre ressentiment. Mais la question qui se pose alors concerne la limite. Il est profondément humain de se demander jusqu’où nous pouvons aller dans la tolérance et dans le pardon. Lorsque les offenses se répètent, nous pouvons avoir le sentiment qu’à force de pardonner, nous risquons de tout laisser passer. On peut même craindre que l’autre interprète notre pardon comme une faiblesse et se dise qu’il peut continuer à nous blesser ou à nous offenser sans jamais avoir à en assumer les conséquences. À partir de quand faut-il dire : ça suffit? C’est dans cette logique très humaine que s’inscrit la question de Pierre : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? »

Le mot frère qui fait directement le lien avec la passage du dimanche dernier, revêt ici d’une importance capitale. Nous avons souvent tendance à oublier que nous formons une famille où Jésus est l’aîné d’une multitude de frères (cf. Rm 8,29). Lorsque le pardon disparaît de nos relations, le frère risque de devenir, à nos yeux, un adversaire personnel, voire un ennemi qu’il faudrait combattre ou abattre. Il est important de se rappeler que le véritable ennemi n’est jamais le frère lui-même, mais le mal qui peut s’installer dans le cœur de l’un comme de l’autre et qui finit par détériorer la relation fraternelle. Et voilà des frères qui deviennent des loups, les uns pour les autres. En effet, lorsque chacun se laisse enfermer dans la colère, le ressentiment et le désir de vengeance, la relation fraternelle se transforme en rapport de force. Les paroles blessantes se multiplient, les railleries apparaissent, les blessures sont entretenues, la vengeance nourrit la vengeance, et la colère finit par prendre toute la place. C’est dans cette perspective que le livre de Ben Sira nous invite à renoncer à la colère et à la rancune en nous rappelant que nous-mêmes avons besoin du pardon de Dieu.

Jésus, nous invite à dépasser toute logique de calcul. Il nous révèle que le pardon ne peut pas être enfermé dans un nombre: il ne s’agit pas de compter les fois où nous pardonnons, mais de nous laisser transformer par le pardon que nous-mêmes avons reçu de Dieu. D’où la pointe de la parabole du serviteur impitoyable: celui qui a été largement pardonné par Dieu ne peut refuser à son frère un pardon infiniment moindre. Jésus nous propose précisément de sortir de cette logique du « loup contre le loup » pour retrouver celle du frère envers son frère. Le pardon est une condition essentielle pour préserver et reconstruire la communion fraternelle.

  1. Jackson Fabius, smm

Feu de la Sagesse

méditation pour le 23e dimanche ordinaire A- 6 septembre 2026

VINGT-TROISIÈME DIMANCHE ORDINAIRE A

Ez 33, 7-9                       Ps 94(95)                       Rm 13, 8-10                Mt 18, 15-20

 

La liturgie de ce dimanche nous introduit au cœur du quatrième grand discours de Jésus dans l’Évangile de Matthieu. Il s’agit d’un discours sur la vie de l’Église: un véritable enseignement sur la manière dont nous, membres de la communauté chrétienne, sommes appelés à vivre nos relations les uns avec les autres. En vertu de la dette de l’amour mutuel qui nous lie les uns aux autres, nous avons la responsabilité de nous aider à marcher dans la vérité et à demeurer dans la communion.

Ce n’est pas un hasard si, juste avant ce passage, Matthieu rapporte la parabole de la brebis perdue. Jésus y affirme clairement que le Père ne veut pas qu’un seul de ses petits se perde. La correction fraternelle dont il est question aujourd’hui doit donc être comprise dans cette perspective: veiller à ce qu’aucun de nos frères ne se perde. Comme ce berger, laissant les quatre-vingt-dix-neuf autres pour s’en aller à la recherche de celle qui est perdue, il y va de ma responsabilité de chercher à rejoindre mon frère et le ramener à la communion. Et, surtout sans le condamner!

L’image du guetteur dans la première lecture est particulièrement parlante. Imaginez une ville placée sous haute surveillance parce qu’un danger la menace: l’ennemi est repéré et une attaque semble imminente. Perché sur les remparts, le guetteur a une mission bien précise : voir le danger et avertir le peuple. S’il ne le fait pas, il devra rendre compte du sang de ceux qui auront péri parce qu’ils n’ont pas été avertis. Où sont-ils les prophètes (guetteurs) de notre temps? Faut-il bien se demander combien il en reste dans nos communautés quant on vient à constater l’indifférence des uns et des autres. Quand ce n’est pas le silence indifférent, c’est parfois la condamnation agressive. Ces deux attitudes peuvent être profondément destructrices pour nos communautés: certains meurent à petit feu dans leur solitude, tandis que d’autres s’éloignent peu à peu, jusqu’à ne plus revenir.

L’amour fraternel s’oppose à toute forme d’indifférence. La fraternité exige que l’on ait le courage de s’approcher de son frère, l’écouter et l’accompagner. Nous avons donc cette dette les uns à l’égard des autres: la dette de l’amour mutuel. En effet, la correction fraternelle dont parle Jésus est une pédagogie qui relève de cette exigence de l’amour qui cherche à gagner son frère. Cette exigence de l’amour ne dépend pas de la qualité de celui que nous avons devant nous. Comme l’écrit saint Louis-Marie de Montfort : “qu’il soit saint ou coupable. Qu’il soit petit ou roi. Qu’il soit pour ou contre moi, il n’en est pas moins aimable quand je le vois par la foi. Il faut bien que j’aime. J’aime mon prochain…. “ (Ct 148).

Lorsque, comme Montfort, je vois l’autre comme un frère aimé de Dieu, je ne peux plus rester indifférent à son égard. Mais alors, quand apprendrons-nous à nous reprendre sans nous condamner mutuellement? À nous dire la vérité sans chercher à humilier l’autre? À être en désaccord sans cesser de nous aimer ni de nous reconnaître aimés?

C’est en apprenant cela que nous parviendrons à affronter nos conflits dans la vérité et la charité, et à transformer nos blessures en chemins de pardon, de réconciliation et de communion. Alors, nos communautés deviendront véritablement des lieux où le Christ se rend visible, selon sa promesse : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.

 

  1. Jackson FABIUS, smm

Feu de la SAGESSE