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Auteur/autrice : JosephG

La prière d’un coeur pauvre : Méditation sur les textes de la messe du 26 octobre

Si 35, 15b-17.20-22a                 Ps 33 (34)                2 Tm 4, 6-8.16-18                 2 Tm 4, 6-8.16-18

 

La prière d’un cœur pauvre

Si Dimanche dernier Jésus insistait sur la nécessité de prier sans se lasser, ce dimanche il met l’accent sur la manière de prier. Étant un dialogue d’amour avec Dieu, la prière implique tout notre être et exige une certaine disposition de cœur  pour qu’elle soit efficace. Comment prions-nous ? Qu’est-ce que Dieu attend de nous dans la prière ? Les textes de ce dimanche semblent unanimes à nous dire que la prière qui plaît à Dieu est celle qui provient d’un cœur pauvre, ouvert pour accueillir la grâce.

 

Bien inspirée, Sainte Thérèse de Lisieux définit la prière comme suit : « C’est un élan du cœur (vers notre Dieu qui s’est laissé transpercer le cœur), c’est un simple regard jeté vers le ciel (vers notre Dieu qui a les yeux fixés sur nous) , c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie » (Ms C, 25rv). En effet, il y a un échange merveilleux entre notre Dieu qui nous aime en se faisant proche de nous et nous qui avons besoin de son amour. Seuls ceux qui ressentent ce besoin d’amour, cette soif de la grâce peuvent entrer dans une relation profonde avec le cœur de Dieu.

 

Dans la parabole de l’évangile, le pharisien se présente devant le Seigneur avec un cœur fier, refermé sur lui-même. Sa prière ressemble davantage à un panégyrique, une éloge faite en son propre honneur tout en blâmant les autres, qu’à une démarche sincère de rencontrer Dieu. Il a misé davantage sur ses actions, quoique bonnes, que sur la grâce de Dieu. L’orgueil de son cœur devient un obstacle pour rencontrer le cœur de Dieu.  Étrangement, nous ressemblons souvent à ce pharisien à chaque fois que nous pensons mériter telle faveur parce que nous avons réalisé telle chose : service rendu à l’Église, geste de charité envers un frère ou une sœur, effort dans la vie morale etc. Oserais-je vraiment  penser que je suis juste du fait que je suis marié et l’autre dans une relation libre ou divorcé ? suis-je juste parce que je participe à la messe  tous les dimanches et l’autre non ? Ou parce que je ne commets pas (beaucoup) de péchés ?… ? Détrompons-nous ! Dieu nous communique son amour et sa grâce par un acte libre, le don de Dieu est donc gratuit.

 

Par ailleurs, dans sa prière, le publicain reconnaît sa pauvreté devant le Seigneur ; il vide son cœur en exprimant son besoin d’amour et de pardon : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! ». Une prière brève, mais qui s’enracine dans la pauvreté du cœur de ce publicain, c’est pourquoi elle « a traversé les nuées » pour toucher le cœur de Dieu. Et c’est lui qui est reparti justifié non pas par ses actes, mais par l’amour et la grâce du Seigneur.

 

Comme ce publicain, laissons-nous approcher par la miséricorde de Dieu, abaissons-nous devant lui en toute confiance. Laissons monter le cri de nos cœurs de pauvres devant le Seigneur car, comme nous le dit le psalmiste, « un pauvre crie, le Seigneur entend ».

 

Seigneur, je vous demande l’humilité de cœur,

                        Afin que je vous rende un plus parfait honneur;

                        Afin que prenant place parmi tous les derniers,

                        Je devienne par grâce un jour tout des premiers.  

(Père de Montfort, cantique 8, 41)

 

 

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Notre secours vient du Seigneur ! Commentaire sur les lectures de la messe du 19 octobre 2025

Ex 17, 8-13                          Ps 120 (121)                         2Tm 3, 14_4, 2                             Lc 18, 1-8

 

Notre secours vient du Seigneur !

S’il y a un avis sur lequel les hommes et les femmes de ce temps peuvent s’accorder, c’est que l’existence humaine est complexe et compliquée. Conscient de cela, le père Robert CHAPOTTE, un prêtre montfortain qui nous a laissés récemment, répétait souvent : « La vie est dure à l’humain !» (source inconnue). Tous, nous faisons face à des difficultés plus ou moins grandes ; tous, nous menons des combats plus ou moins rudes, que ce soit connu des autres ou en secret. Nous nous rendons compte aussi que parfois face à ces épreuves, nous sommes si faibles. Heureusement, le médecin est là pour nous aider à combattre certaines maladies physiques ; heureusement, le psychologue est là pour nous aider à affronter le stress chronique, la perte du goût de vivre, la dépression ou certains autres soucis psycho-mentaux ; heureusement les parents, les amis, les proches sont là pour nous aider dans la solitude, nous réconforter dans le deuil etc. Mais qu’est-ce qui se passe quand les gens de notre entourage sont impuissants, eux aussi ? Quand personne ne vient ou ne peut venir à notre aide ? Face à un évènement qui touche le tréfonds de notre être ? Une maladie incurable ? Une situation désespérante ? … Le psalmiste nous invite à lever nos yeux : « Je lève les yeux vers les montagnes : d’où le secours me viendra-t-il ? Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre ». Jésus nous invite à nous tourner vers notre « Dieu qui fera (fait) justice à ses élus qui crient vers lui ».

 

L’expérience d’Israël dans le désert nous montre que Dieu n’abandonne pas son peuple dans les combats. Son bras puissant nous soutient et sa main forte combat avec nous et pour nous. L’auteur du livre de l’Exode précise bien : « Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort ». Cela nous fait découvrir que la véritable force d’Israël ne se trouvait pas dans leurs épées, mais dans le Seigneur. Mais ici, il y a un problème ! La puissance de Dieu révèle notre faiblesse. Or, personne ne veut se faire passer pour un faible ; habités d’une certaine ‘volonté de puissance’, nous désirons tous manifester de quoi nous sommes capables. Nous arrivons jusqu’à écraser les autres pour faire sortir cette force. Écraser les autres nous rend-il vraiment plus fort ? Accepter ses limites humaines et sa faiblesse nous rabaisse-t-il vraiment ? Non ! En tout cas, saint Paul y a trouvé sa fierté : « C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa Demeure… car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 9-10). La grâce de Dieu nous relève, sa parole nous équipe ‘pour faire toute sorte de bien’ et sa puissance agit en nos mains et par nos mains humaines.

 

Jésus, dans l’évangile, sachant que nous serons confrontés à des situations qui nous dépassent, souligne la « nécessité de toujours prier sans se décourager ». Si un juge injuste est capable de faire justice pour se débarrasser de l’ennui que cause le plaignant, que dire du Dieu de la justice ? Dieu fait justice non pas par contrainte, mais parce que la justice fait partie son Être Divin. Nos cris ne le dérangent pas. Au contraire, son cœur d’amour se laisse toucher par nos prières pour faire couler le fleuve de la grâce sur ceux qui espèrent en sa miséricorde.

 

Ne nous laissons pas abattre par nos multiples préoccupations. Nous ne sommes pas seuls. La main de Dieu est avec nous. Si nous ne voyons plus d’issues, si la victoire semble nous échapper, ne craignons pas ! Levons les yeux et crions : « Dieu, viens à notre aide, Seigneur, à notre secours ». Notre secours vient de notre Seigneur !

 

Dieu connaît notre misère, Il sait quels sont nos besoins,

Et comme il est notre Père, Il a de nous mille soins ;

Il joint un pouvoir immense à sa bonne volonté,

Mettons donc notre espérance en sa suprême bonté.

Cantique 28, 6 (St Louis-Marie de Montfort)

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

Sauvés par la Gratitude – Méditation sur les textes de la messe du 12 octobre 2025- Ekenley

Sauvés par la Gratitude

Dans sa lettre aux Éphésiens, saint Paul écrit : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Ep 2, 8).  En tant que faveur accordée librement, la grâce s’appuie davantage sur la générosité de celui qui l’accorde que sur le mérite de celui à qui elle est accordée. Dieu, dans sa miséricorde infinie, répand sa grâce sur nous tous. Dans ce cas, nous sommes forcés de poser des questions : pourquoi nous ne vivons pas tous selon la grâce ? Pourquoi le salut ne s’obtient-il pas automatiquement en vertu de la grâce ? A travers l’épisode de la purification de Naaman et la guérison des dix lépreux de l’évangile, nous tenterons de comprendre que la grâce, pour porter des fruits de salut, doit être reçue dans la foi et la gratitude.

 

Naaman, en acceptant d’aller se plonger sept fois dans le Jourdain, s’est dépouillé de tout ce qu’il avait comme fierté ; il a enfin compris que ni son titre (général de l’armée), ni son rang (riche), ni son origine (Aram, un royaume puissant à l’époque) ne pouvaient le sauver, sinon qu’une intervention miséricordieuse de Dieu. S’étant découvert si petit, si pauvre, si vulnérable, il devient capable de reconnaître la valeur de la grâce dont il a bénéficié, grâce qu’il a reçue dans la foi. C’est pourquoi il ne pouvait s’empêcher de rendre grâce à Celui qui lui a fait grâce : « Il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ».  L’expérience de dépouillement que Naaman a faite est fondamentale dans l’accueil de la grâce. Si nous sommes déjà remplis de nous-mêmes, il n’y aura plus d’espace pour que Dieu agisse en nous. Et l’un des obstacles à l’accueil de la grâce est la prétention du mérite : je suis juif et l’autre est païen, je connais la bible, j’ai reçu les sacrements, j’ai une bonne conduite…  Peu importe l’effort que nous faisons, il ne sera jamais à la hauteur de l’amour de Dieu pour nous : « La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). En effet, au lieu de nous élever dans l’orgueil cherchant à ‘atteindre’ des faveurs par nos mérites, nous ferions mieux de nous vider pour accueillir la grâce du Seigneur avec un cœur reconnaissant.

 

Dans l’évangile, les dix lépreux ont fait la même prière, la même faveur leur a été accordée, pourtant un seul a accueilli véritablement la grâce. Et comme un symbole, c’est l’étranger qui est revenu auprès de Jésus en rendant grâce ; peut-être, reconnaissait-il qu’il n’avait aucun mérite, il s’est alors ouvert à la grâce. Les dix ont été guéris de la lèpre, mais seul celui qui a fait preuve de gratitude avait bénéficié de la grâce du salut : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé ». Mais pourquoi Dieu attend-il quelque chose en retour pour ce qu’il donne gratuitement ? La 4e préface commune du missel romain nous aide à répondre : « Tu n’as pas besoin de notre louange, et pourtant c’est toi qui nous inspires de te rendre grâce : nos chants n’ajoutent rien à ce que tu es, mais ils nous rapprochent de toi… ». Donc, la gratitude à notre Seigneur est plus que dire merci ou donner un témoignage de reconnaissance, elle est une adhésion de foi à l’amour de Celui qui fait grâce.

 

Enfin, pour revenir à l’affirmation de départ, nous croyons fermement que nous sommes sauvés par la grâce, mais aussi et surtout, par l’accueil dans la foi de la grâce, donc la Gratitude.

 

Pour les excès de votre amour, je n’ai point de retour, mais je veux chanter nuit et jour :

            Deo gratias, Deo gratias, Deo gratias.

            Grand Dieu, vous m’avez fait de rien, c’est de vous que je tiens tout bien.

            Vous seul êtes tout mon soutien.

            Deo gratias, Deo gratias, Deo gratias.                         (St Montfort, cantique 27, 2-3)

 

  1. Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm

La visitation à la paroisse Saint Henri Dorie de Talmont

Dans le cadre de l’année jubilaire, notre paroisse Saint Barthélemy de Mortagne a été jumelée à la paroisse Saint Henri Dorie de Talmont Saint Hilaire. L’occasion pour une trentaine de paroissiens de se rendre ce dimanche 7 septembre à Bourgenay à l’occasion du pèlerinage annuel, vieux de 152 ans, dédié à la nativité de la Vierge Marie.

Dès 9 heures, nous avons été accueillis au port de la Guittière dans la maison du missionnaire Saint Henri Dorie que nous avons pu visiter ainsi qu’une exposition expliquant la courte vie d’Henri Dorie de son enfance à sa mort en martyr en Corée à l’âge de 27 ans.

Puis une soixantaine de personnes ont pris les sentiers dans les marais pour rejoindre Bourgenay : 7 kilomètres pour échanger, se rencontrer, admirer la nature environnante.

À 11 h la messe était célébrée en plein air dans le parc de la congrégation des Sœurs des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie (dites « Sœurs de Mormaison ») et animée par le groupe Team O’Théo : une assemblée chantante et priante. Après le pique-nique, une visite guidée nous a permis de découvrir l’histoire du site et la crypte où reposent le comte et la comtesse de Beaumont.

La journée s’est achevée par une célébration de prière mariale et d’adoration. Merci à la paroisse Saint Henri Dorie que nous accueillerons en retour le 15 novembre sur notre paroisse.

LE JUBILÉ, QUEL EST SON ANCRAGE BIBLIQUE ?

 

Dans le cadre de l’année jubilaire, il y a eu à l’église d’Évrunes samedi le 24 mai 2025 la conférence intitulée « Le Jubilé, quel est son ancrage biblique ? »

Marie-Hélène DECHALOTTE nous a présenté les origines bibliques du Shabbat, de l’année sabbatique et du Jubilé.

Le Shabbat correspond au 7ème jour de la Création. Dieu se reposa et fit de ce 7ème jour un jour qui lui est réservé. Toute la semaine, on participe à la Création de Dieu, mais le 7ème jour on s’arrête. Le Shabbat est une fête familiale et liturgique.

L’année sabbatique arrive tous les 7 ans. Ce sera une année de repos pour la terre pour renouveler sa fertilité. On fait confiance à la Providence pour vivre. Pendant l’année sabbatique, ce que  produit la terre appartient à tout  le monde. C’est comme si on n’était pas propriétaire.

Le Jubilé des Juifs arrive tous les 50 ans (7 ans x 7, plus un an). Le Jubilé décrit dans la Bible est une utopie magnifique. Tous les cinquante ans, les terres doivent être rendues à leur premier propriétaire : Dieu est le seul propriétaire. On est des gens de passage, on doit respecter la terre qui doit se reposer comme nous. Parce que la terre appartient à Dieu, le produit de la terre appartient à tous. Dieu nous a mis dans un jardin pour garder notre âme vivante. Le Jubilé est un temps où on remet les compteurs à zéro. Si j’ai une fâcherie, c’est le moment de me réconcilier. S’il y a une injustice dans ma famille, c’est le moment de la réparer. Le Jubilé, c’est la fête, la joie. Il faut jubiler. C’est la période de la libération des esclaves.

Est-ce que je suis esclave de quelque chose ? Le Jubilé, c’est un temps de grâce qui nous permet de réfléchir à nos esclavages. Est-ce que je n’ai pas quelque chose à changer ?

Par Joseph GABORIEAU